‹ Essais de philosophie et d'histoire de la biologieChapitre 14 sur 32 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

Messieurs,

J'ai, dans ces leçons consacrées au système nerveux, à vous présenter le tableau de nos connaissances sur cette partie de la physiologie. La division de ces leçons est toute naturelle, comprenant l'étude des nerfs, celle de la moelle et celle de l'encéphale, pour aller du plus simple au plus complexe.

Une question préalable cependant se pose :

qu'est-ce, pour le physiologiste, que le système nerveux? Pour arriver à une solution de cette question, le mieux est peut-être de rechercher quelle a été l'évolution des connaissances relatives à cette partie de la physiologie.

1. Leçon faite le 7 mars 1896 à la Faculté de médecine, à FouYerturo des conférences de physiologie.

C'est là une histoire très simple, si Ton veut bien, s'en tenant aux lignes principales, considérer qu'il y a des raisons de la diviser en deux grandes périodes ; la première s'étend du ii« siècle de notre ère jusqu'au début du xix® siècle, et la seconde comprend tout ce xix® siècle.

La première pourrait être appelée période de Galien.

Je vous rappelle sommairement l'œuvre de Galien. Le célèbre médecin de Pergame vit que les nerfs ne viennent pas du cœur, comme on le croyait alors, mais de l'axe encéphale-médullaire . Au mo yen de quelques expériences simples, réalisées particulièrement sur des singes, il reconnut que le cerveau peut être sectionné sans qu'il s'ensuive ni douleurs ni convulsions. Mais, si on coupe la moelle, on provoque la paralysie de toutes les parties situées audessous de l'endroit sectionné, et, quand l'opération porte sur la région supérieure de la moelle, alors l'animal cesse de respirer ; ce sont les mouvements du diaphragme qui s'arrêtent. Ainsi Galien a presque trouvé le nœud vital de Flourens. Une hémisection transversale n'amène que la paralysie des muscles du côté sectionné. Une section longitudinale ne détermine point de paralysie motrice. Une

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autre découverte de Galien est celle de la distinction des nerfs sensibles et des nerfs moteurs.

Ce grand médecin a donc su sur les fonctions du système nerveux, suivant la remarque de Charles Richet S à peu près tout ce que Ton en saura pendant le moyen âge et j usqu'aux xvii*" et xviii "siècles, .bref durant seize cents ans.

La seconde période commence avec le xix® siècle.

Entre Galien et notre époque on peut dire que, à Texception de quelques vues doctrinales, qui se trouvèrent justes, il ne se produisit aucune acquisition dans la physiologie du système nerveux.

Au xvii° siècle, Harvey découvre la circulation du sang. Au xvni% Haller expose la théorie de Tirritabilité. Les Elementa physiologiœj grand ouvrage en neuf volumes, exercèrent une influence considérable sur les progrès de la physiologie ; or, l'étude du système nerveux, comme Ta remarqué avec raison Charles Richet', occupe seulement 138 pages, soit la trentième partie à peu près de

1 . Ch. Richet, Physiologie des muscles et des nei^fs. Paris, 1882, p. 501.

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