L. Vaillant est revenu sur cette question en
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végétales. Gaston Bonnier (1895 et 1899) étudie avec un soin patient les modifications de forme, de structure et de fonction des végétaux expérimentalement soumis au climat alpin ; son but est d'arriver à séparer les caractères d'adaptation immédiate des caractères dits héréditaires ou de très lente adaptation. La considération des conditions éthologiques rend compte de ce phénomène, si curieux et d'ordre général, de la rapidité, chez certains animaux, des processus embryogéniques, que Giard a étudié sous le nom de pœcilogonie. Dans le même groupe de faits rentre aussi la castration parasitaire^ découverte par Giard, et qui provoque, celui-ci nous l'a appris, des transformations si profondes. Ce sont ces importantes études de notre collègue, et les observations du même genre, faites par Marchai (1897), par Caullery etMesnil (1898 et 1899) et par d'autres chercheurs, étrangers à la Société, mais lui apportant les résultats de leurs travaux, qui ont si complètement renouvelé les questions de parasitisme. Quelle différence entre ces faits qui soulèvent les plus intéressants problèmes de la biologie et les simples descriptions de parasites que l'on trouve dans les Comptes rendus de nos trente premières années 1 II y a ici un très bel exemple de la pénétration de toute une partie de la morphologie par l'idée physiologique. L'idée féconde, sortie des premières observations de Giard sur ce sujet, et devenue directrice des recherches ultérieures, est que le
parasitisme doit imprimer des modifications soit à rhôte, soit au parasite lui-même, modifications telles qu'elles donnent la raison d'être des formes nouvelles prises par Tun ou par l'autre. C'est que, comme l'a remarqué Edmond Perrier, les parasites sont soumis à la loi des adaptations réciproques *. — Il faut également placer ici beaucoup des observations réalisées sur la forme et sur la vie des microbes. Les observations de Duclaux (1885) qui ont montré l'influence de quelques agents physiques sur la vitalité des microorgîuiismes, et les recherches de Charrin et Guignard qui, dès 1887, ont établi que les microbes subissent des variations morphologiques sous l'action de diverses substances antiseptiques, ne prennent évidemment toute leur signification biologique que si on les rapproche des autres études relatives à l'influence des conditions de milieu sur les êtres vivants. La même idée doit vivifier les résultats en apparence plus spéciaux des observations d'Arloing, d'Arnaud et Charrin, de J. Courmont, de Galippe, de Grimbert, de Rodet, sur les propriétés de quelques microbes et sur la présence de ces parasites dans les tissus des végétaux (Galippe).
Ce ne sera pas par suite un des moindres services que la bactériologie aura rendus à la biologie que cette facilité qu'elle aura donnée à cette dernière
1. Edmond Perribr, Les Colonies animales. Paris, 1881, p. 234 et 710.
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de faire varier les conditions chimiques du milieu, c'est-à-dire les conditions/ essentielles de la vie. Le but le plus élevé de la physiologie n'est-il pas celui même qu'assignait à la chimie biologique Armand Gautier, il y a quelques années, « la détermination des relations qui existent entre la structure et le mécanisme fonctionnel des molécules primitives des principes immédiats qui forment les cellules, les tissus, les organes des êtres vivants, et cette résultante générale de leur commun fonctionnement qu'on appelle la vie * »? Le savant chimiste ajoutait : « La structure et le fonctionnement de l'être vivant résultent de la structure et des fonctions de nos organes, et ceux-ci sont modifiés dès qu'on fait varier la nature des principes dont ils sont composés *. » Si, conformément à cette profonde conception, la chimie aborde un jour l'étude de ce que notre collègue Edmond Perrier a d'un terme très heureux appelé la morphogénie expertmentale, il est vraisemblable qu'elle fera porter d'abord l'effort de son analyse sur les êtres inférieurs, et de préférence unicellulaires ; les phénomènes intimes et élémentaires de la vie sont plus aisés à déterminer chez les formes organisées les moins compliquées. De telle sorte que là encore se vérifiera la justesse des réflexions de Lamarck.
1. Armand Gautier, Cours de chimie, t. III. Chimie hioUh gique, Paris, 1892, p. 8.