DU MAL. — 2» DU VICE
Ou reproche encore à la Providence Texistence du vice qui, dit-on, déshonore la création ; examinons ce reproche.
Il y a un être, un seul, absolument libre, et d'une
liberté qui fait toujours le bien, Dieu. Cette sainteté éternelle étant une part de sapericction, il ne pourrait la donner sans donner sa divinité même, ce qui est !rn])0ssible. Si donc la liberté se rencontre dans une créature, elle y sera avec les conditions de la créature, c'est-a-^dire faillible, capable du bien sans doute, mais aussi capable du mal, flottant entre les deux partis, et se portant tour à tour vers l'un ou r autre, iustrument à double tranchant. Voulez-vous qu'elle ne puisse mal faire, elle ne pourra bien faire non plus : elle est telle qu'elle est ou elle n'est pas. (/estàvous voir si vous aimez mieux la supprimer ou r accepter ainsi.
Or il est certain que la liberté avec ses défauts vaut mieux que l'esclavage. La plus vulgaire sagesse décide qu'un être libie est supérieur à un être inerte; nous nous sentons par là aunlessus des autres règnes de la nature, de la distance des personnes aux choses, et panui nous nous estimons principalement les
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caraetèred forftemait trempés, les bouuiies qui se sont créés par eux-mêmes, pour ainsi dire, )mr leur éner^
gie, ceux qui doivent tout ce qu'ils sont à leur courage, €eux qui ont lutté contre les forces ennemies qui tendaient à les asservir ou les abrutir, se sont éiuaiicipés de la domination de la nature et ont résisté à la fortune ; enfm nous voulons trouver dans nos semblables cette personnalité qui est le signe et le ii uil de nou e libre arbitre.
S*il en est ainsi, si le libre arbitre en lui-même est une belle chose, il suit de là que le libre arbitre honore le monde où il se trouve, et particulièrement Tètre qui le possède ; que nous devons louer la sagesse de Dieu, qui place cet ornement dans le monde, et sa bouté, qui nous a choisis pai'mi tant de créatiuies pour le porter. Ët il ne nous Ta pas donné comme une arme de luxe, mais comme une arme de combat, poui* couibattre le mal au dedans et au dehors de nous, dans une longue et rode épreuve.
Que r homme se mette donc à son rang et remercie la Providence qui le lui a donné si haut. La natm*e est réglée dans ses mouvements par une force invin- ( iblc, les astres accomplissent, sans pouvoir en <Mvier, le cours qui leur est tracé ; des lois latales font pousser la plante; Tinstinct gouverne Tanimal; rhomme seul est son maître , est le fds de ses œuvres : ignorant, il cherche et trouve la vérité, et crée en luimême ce merveilleux instrument, Tesprit ; placé entre le vice et la vertu, il choisit; s'il démérite, aussi il méi ite ; s'il s'égare, aussi il va di oit ; s'il toml>e, c'est qu'il marche, et il marche vers la perfection. Or, après la perfection éternellement possédée, ce qu il y a sans doute de plus beau, c'est la perfection librement acquise. Moi^ ce que signifie dm^ Tliomjne h
IM B86AI Sn LA PftmDSfCE.
liberté. 11 est vrai, il parait phis grand quand il ciioi-^
si t bien, mais alors même qu'il choisit mal, il paraît grand encore, par ce libt*e choix que lui seul ici-bas peut &ire; il est toujours le divin animal, et son Dieu plus noble que le Dieu des pierres, des plantes et des bêtes*
CHAPITilfi XViL
DU ^AU — 3" DE LA i>OliL£Lii.
Une fois le vice expliqué, il reste encore à expliquer Texistence de la douleur, car c'est aussi là un défaut de notre condition. Comment sous un Dieu bon la douleur peut-elle exister? Cette objection est grave : le sentiment de nos propres souilrances ou la vue des souffrances de nos semblables la soulève à chaque instant, et. si nous ymilons calmer nos a^tations, il ne faut pas nous contenter aisément, mais demander à l'expérience et à la raison sévèrement interrogées la solution d'une aussi pressante difficulté.
La douleur n'est pas essentielle à l'être, elle n'appartient qu'aux créatures, et encore à quelques créatures seulement : à Thomme et aux animaux. Au-dessous d'eux c'est l'insensibilité de la pierre, au-dessus la béatitude de Dieu. Pourquoi ne sommes^ nous ni dans Tune ni dans l'autre de ces conditions? Par quel déplorable privilège sommes-nous les seuls êtres misérables de l'univers ?
Le même être qui ne pèche point ne souflre pmnt non plus. Et il faut que cela m'a. Puisque le bonheur est la nature contentée, la periection sentie, il n'y a
(fim deul 6(re néceawrwient et mver^inemeirt
heiireux, cdai qui est la perfection éternelle. II ne
peut pas plus donner sa béatitude que sa perfection. Tfiute créature manque, elle egt donc sujette à jouir et souffrir, à jouir par la conscience de Ja perfection présente, à soiiIVrir par la conscience de la perfection absente* Tel est T homme. Et puisqu'il ne peut pas plus être sensible sans souffiîr qu*étre libre sans laillir, il ne s'agît plus que de savoir s'il vaut uiieux qu'il soit insensible ou exposé à la douleur. .
Or il est évident que la sensibilité est en soi meil-^ leure que l'apathie. Au-dessus de Foi dre mort nous mettons la vie, au-dessus de la vie le sentiment, comme au-dessus du sentiment la raison et la liberté. • Oter de la création le sentiment, c'est l'appauvrir et la glacer. Nous nous regardons par là comme supérieurs à tous les ètrœ inanimés, et entre nous, nous ne compai ons pas les natui es apathiques à ces âmes si rich^ et si délicates, ouvertes à tous les sentiments humains. Le sentiment est donc une perfection dans l'univers et dans les créatures qui le possèdent, et un argument en faveur de la Providence, qui a doté ainsi ces créatures et l'univers.
n n'est pas seulement une beauté, il a une fonction essentielle, il est dans les êtres qui se meuvœt le. principe de l«ir mouvement.
Comme il apporte aux plantes la nourriture et le. soleil, I>ieu pouvait traiter ainsi toute la nature, tra^ vûllant pour des créatures immobiles. Il ne Ta pas voulu ; il lui a paru mieux de se retirer et de les émandper, déposant en elles un principe suffisant d'action. C/est letlésîr, d'où naissent le plaimr et la douleur. Les animaux et l'homme sont chaigés de travailler pour eux-mêmes ; chaque animal a sa na«> ture qui, pour se copserver et se perfectionner, de-
idC KSSAl sua lA PBaVIDEKCfi.
mande certains actes; comme elle a une lin, elle appelle ce qui l'y conduit et fuit ce qui la traverse. Cette nature lui parle par le désir, et Pavertit encorë
par d'autres mouvements ; salisiaiie elle jouit, mécontente elle souUre.
Observons cet ordre dans Thonime. Il est fait pour se mouvoir, et le sentiment le meut. Mon corps doit réparer ses forces par Texercice et le somiiieil : il a làiui, il a soiff il a sommeil; il mange, boit et don, pour ne plus souffrir. Ainsi sa vigueur se répare: s'il ne désirait pas, s'il nesouflrait pas, s il ne cheichait pas à se délivrer de cette souiirance, s'il n'étiait pas < averti d'abord par le plaisir, puis ensuite par une nouvelle souffrance, le dégoût, s*il ne savait pas quand il faut ap^rr et quand il faut cesser, il ne saurait ce qu'il doit faiie et mourrait. En même temps périrait cette prodigieuse activité humaine qui se déploie contre la nature extérieure et en triomphe, car l'industrie n'est que Teffort de rhomnie contre la douleur qui vient des éléments. Faites naiti^e Tbonnue comme il naît, dans une pleine ignorance, 6tez-lui le désir de savoir, la douleur d'ignorer et le plaisir d'appren-. dre, vous ne le verrez plus interroger la nature, et la tourmentant par ses expériences, la forcer de lui dire son secret, puis repoussant les images dont elle le poursuit, dév(;lopper la profonde mathématique qu elle renferme; vous ne le verrez plus s'interroger lui-même, explorer le monde invisible qu'il porte en lui, et creusant jusqu'au fondement, appuyer la vie humaine, courte et misérable, sur Dieu, le devoir et l'immortalité. Ainsi, faute de la douleur, les arts et les sciences, qui sont une part de notre gloire, restent ensevelis, et l'intelligence humaine est stérile. Donneje-uQuâ la CfipacUé d'iiimert supprimea^ seuiepient
le besoin inquiet, la tristesse de ïàme i éduite à ellemême, où sei*a cette recherche avide de bonheur et
(ralTectioii , qui, portant les êtres les uns vers les auti-es, crée la grande société des iunes ? Otez Tamour dû bien, la joie de la vertu, la douleur du vice, vous supprimez du même coup Tardent trrn ail de toutes les âmes, faibles sans doute et plus d une fois cou^ pablee, mais qui ont pourtant le goût de la perfection morale, et y profitent malgré leur laiblesse et lexns chutes.
' Ainsi c*est la douleur qui nous provoque à agir.
Uhomme n'est pas fait pour agir une fois et se reposer toujours : il doit agir sans cesse, car sa lia est à une distance immense. Aussi la douleur le meut sans repos. Il mange et il n*a plus faim, il boit et il n'a plus soif, il doit et iLn'a plus sommeil ; mais il cherche la vérité, et il a toujours faim de la vérité, il cherche la venu, et toujours il a un plus grand désir de vertu. Faits pour le vrai , le beau et le bien^ ni l'un ni Fautre ne se donnent complètement à nous, et nous n'en saisissons ici-bas que des fragments et des images grossières. A la vue des phénomènes merveilleux de ce monde, Fintelligence brûlé d'en connaître le principe, et toujours en découvrant quelque chose, sans pouvoir jamais découvrir le tout, elle se consume dans cette poursuite. De même, à la vue des objets de l'univers, la raison conçoit l'idéal; mais rien ici-bas ne le réalise, et comme cette conception elle-même s'élève et s'épure toujours, elle fait ressorth' plus manifestement le défaut de toutes les choses qui peuplent ce monde, où nous sommes en-* fermés. Les grands artistes, qui ont poursuivi l'idéal, le savent bien : leur regard ti op perçant leur découvre dans la beauté le vice qui la flétrit, ils voient partout
ESSAI SUR LA PEOVIOENCE
)a perfeelion absente, et renoncent tristement à ren-:
coiiirer ou à retiacer jaitiais ce modèle qui les euchante à la Cois et les désespère. Jbaiiin le caractère de la yertn c'est d'être mécontente d'elle-même : elle conçoit toujours mie vertu plus haute, où elle aspire sans relâche, dans une étemelle tristesse de n'y pas atteindre. £t savants et artistes et saints vont ainsi, jusqu à ce que dans un autre séjour ils soient initiés aux grands mystères de l'art, de la science et de la vertu.
l'homme n'est pas Hsût seulement pour se mouvoir et toujours, mais pour se mouvoir en ordre; et IéL
douleur nous invite à fr^vrder cet ordre i^écessaire, où cliaque élément de notre être a une place et la sienne. Essayons-nous la vie des bétes ou la vie des anges, la vie exclusive de l'intelligence ou du cœur, toujours il s'élève du fond de nous-mêmes une réclamation contre cette tentative ; nous sommes inquiétés par les regrets, en proie au dégoût, et tourmentés par l'inévitable malaise où tombe toute créature qui a déserté sou ordre iiatuiel, jusqu'à ce que nous consentions à rétablir en nous-mêmes l'harmonie rompue. Quelquefois elle est plus que le regret, le dégoût et le malaise : elle est la douleur su})rè[ue du remords, quand noua avons violé Tordre essentiel de Tàme, lajus-< tice ; elle, est le châtiment.
Voilà ce que fait la douleur dans l'homme : principe de mouvement, de mouveujent incfssaiu et har- ' monieux. Poussé par elle, F homme travaille; mais il se trouve que ce travail même est une douleur. D*où vient cela? Quel liomme ne connaît la fatigue qu'engendre le travail du corps, et cet autre travail, aussi pénible peut-être, de l'intelUgence forcée de se concentrer sur un objet unique, et d'asservir sa liberté
naturelle à des procédés inflexibles? Et fatigues du corps et làtiguas de i'e^it ne aoot rien auprès du rade travail de l'âme sur eUeniiènie, pour se pUen au devoir. Dieu pouvait-il noufe éparjçner cette dou-- ]mx!i Sans doute» mais & quel prix ? Au piHx 4b uotre dcstinéef au prix de l'épreuve. Libres, responsables de nous-iaèaie^, nous n'avons de mérite à faire le tneu qu'^utaut qu'il nous coûte de le faire. Ote^ la. douleur de Feflort, vous ôtes la vertu, qui est toute eu courage, ('/est la raction de T homme, c'est là qu il se JXK)Dt7e et se fait reconnaître pour ce qu'il est, c'est là l'épreuve, dans laquelle il crott s'il le veut, d'où il soj i comme il lui plaît, avili ou relevé. L'obstacle est au dedans, il est aussi lui dehors, et Dieu, qui a donné à l'homme la liberté pour combattre, n'a paa commis la faute de le placer dans un monde complaisant où tout prévint ses désirs ; il n'est pas fait pour dé«rer, mais pour vouloir. Montaigne dît bien : il Éaïudrait qu il demandât par aumône fie Tempècheloent. C'est donc là' son théâtre, le théâtre qui con*^ vient à un pareil acteur.
Demandez-vous maintenant pourquoi telle somme de douleurs écheoit à V humanité et à chacun de noua, pourquoi, si l'épreuve est néceasaire, telle ou telle épreuve nous revient; concevez que l'espèce huuiaine n'est pas seule. Lorsque l'humanité a commencé d'è« tre, elle est entrée dans un monde tout fait : destinée ' àmaïquer une de ses époques, elle y a pri^ âa place» dès que ce séjour a été prêt à la recevoir, pour la remdre plus tard, si le mouvement qui modifie inces- 8amui£ut Tuniver^ emporte un jour les conditions né- (^ewaires à notre durée. Nous le savons, ce serait coni^ cevoir d'une façon trop étroite la Providence , de prétendre qu eiie a euvi^^é un eue unique, qu'ainsi
MO ESSiAI SUR LA FllOYlBEKCE.
attachée à ce proniloi dessein, elle a accepté le re^^te de lacréatiou comme m)e conséquence* Dieu procède plus largement, el comme le dit Platon, il a fait la » partie pour le tout, non le tout pour la partie; » il a donné au monde matériel des lois dignes de sa sagesse^ il n*a pris conseil en cela que de sa propre perfection, il a \ oulu agir non pas seulement en ami de riiomme, mais en Dieu; il amis Tépai'gne daas les moyens, dans les effets cette richesse qui nouB surpasse. Supposez que l'épargne pouvait être plus grande et la richesse aussi, mais que dans T intérêt d'une seule créature il a mieux aimé se restreindre, (le ce moment le monde physique n'est plus digne de son auteur. Pourtwt il est certain qu'il en est digne, qu'il a pour son compte toute la perfection qu'il peut avoii . -Alainteriant que Vhomme paraisse, que l'âme, étant aussi tout ce qu eUe peut ^ie, s'unisse à la matière, il lui faudra se résigner aux suites de ce commerce. Toutes les fois qu elle serait tentée d'accuser la Providence, qu'elle reporte donc ses yeux sur la magnificence du monde, et elle n'osera demander à Dieu que pour lui épai gaer une douleur il mette daiis la * nature un défaut.
Telle est, à notre avis du moins, l'expliettion vén** table de la douleui-. D'abord elle tient à une qualité excellente, le sentiment, comme le vice tient à cette autre chose excellente, la liberté : à ce titre elle est déjà justiliée. De plus elle est le principe de l'action naturelle, comme la liberté est le principe de l'action morale : élle mène chatpie créature vers sa fin, se proportionne à cette Jin, passagère pour une fm passagère, étemelle pour une fm éternelle ; simple douleur, quand rharmonîe a été rompue, remords, quand l'haimonie morale a été violée. Eniio, outre qu elle
CUAHTAE XV li.
est dans tout èlie le sentiment de sa destinée, dans Tètre libre, créé pour la perfection, elle e&i ia compagne inséparable, la condition de réjM^uve, car il n'y a pas de uiéiite sans cuui^age, et de courage sans la fatigue de la marche et les rouées du chemin.
Nous explujuons la douleur, nous ne prétendons pas ia niei* ni raflaîblii' : elle reste, héla$! ce qu elle est. Douleur du corps, presque incessante, quelque** fois affreuse, de la naissance à la mort; occupant de droit les deux bouts de la vie, souvent prenant encore le milieu. Douleur de Fe^rit, qui altéré de lumière se débat dans nos ombres. Douleur du cœur, qui avide d'aimer est U*ompé perpétuellement parle dégoût, les méprises, les orages, Tabsence et la mmt. Douleur de ràme, créée pour le bien, et qui ne le trouve nulle part, soit que rhoumie.se considère lui-même, tout plein de secrets dé&uts, ou que consi* dérant le uionde, il voie en grand la tiilsère des hommes, éternellement enfants, égoïstes, ingrats et féroces; de quel' esprit ils se réjouissent, de quel goût ib «ont charmés, les fantiistiques préjugés par lesquels ils se conduisent et qu^ils appellent bon sens ; des êtres raisonnables et libres, fiûts pour adorer la vérité et la vertu, adomnt l'or, adorant le fer, baisant la main qui les frappe, les pieds des chevaux qui les foulent; ces créatures manquées, chacune enchantée d'elle-même, se préférant a tout le reste, changeant de vanité sans que rien les désabuse de la vanité ; à travers cda, la marche interminable des idées et des allah es les plus simples ; par-dessus cela, les jeux scandaleux de la fortune.
ie le répèle, l'explication philo80])hique de la douleur ne supprime aucune de ces souffrances, mais elle QOtts apprend à les supportei* avec résignation, conime
BS8AI SUR LA PROVIDENCE
la condition inévitable de Tordre du uioude et de notre destinée, qai eât Tépreuve sous Tceil de Dieu. N'espérez pas la fuir, elle vous suhra partout; ne vous faites pas petit pour lui donner moins de prise : peu importe que l'espace soit petit ou grand, dès qu elle le remplit. L'é^oïsme ne vous sauvera pas ; tout ce qu'il peut faire pour vous, c est de vous donner un autre mal, le sentiment uniforme et insupportable du vide. Aimons donc de tout noti e cœur ce que nous devons aimer, et après, que Dieu ait pitié de nous.
Quelque rudement que nous soyons éprouvés, nous ne sommes pas déshérités, nous n'avons rien à envier aux autres créatures : nous souffrons plus vivement sans doute, mais nous jouissons plus vivement; aussi',
quand nous ne sommes pas ép^arés ()ar la douleur, quand uous jugeons plus justement des choses, nous remercions la Providence de nous avoir donné eeltè part, nous n'échangerions pas nos joies si mêlées d'amertumes contre le terne bonheur des brutes, nous avons conscience que nous soui&*ons en' hommes, ^ si nous a\ ons quelque noble cause de notre deuil, si noussouiirons pour avoir aimé nos pai'ents, nos amis, nôtre patrie et le bien, il y a dans ces tristesses et ces
abattements un secret sentiment qui nous console et nous relève* £niiu nous pouvons combatti*e et allaiblir la doutoir ou la détruire, sdt que nous détournions sa foi'ce par d'autres pensées et d'autres sentiments, aoit que nous l'attaquions de front par notre énergie, et nous redressions lièrement sous ses coups. Les ani» maux sont nus à la douleur, l'homme est armé ; s'il n'use pas de ses armes, c'est qu'il ne le veut pas; et la Providence est justifiée*
Voilà ce que dit le i aisonnement ; mais après qu'eu a bioi raisonné, il y a des coups qui vous renverseut.