‹ Essais de philosophie et de moraleChapitre 38 sur 49 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

gistes, qui traitent le sens commun d'absurdité, des condottieri de la plume, lancés contre tout ce qui est

honnête, profanant ce qu'ils attaquent et déshonorant ce qu'ils défendent» tous les méchants actes et tous * les méchants hommes réhabilités, en revanche Voltaire et Molière insultés, des habiles qui r usent a\ ec la justice, des violents qui l'exagèrent et la font haïr, l'exaltation et la peur qui altèrent les proportions des choses, les surprises devenues un régime, et tout légitimé, un matérialisme connuercial et industriel qui tient pour chimère ce qui ne se vend pas et ne s exploite pas, les révolutions multipliées troublant la vue simple du bien et du mal et produisant Findifférence puljlique, uue [)hiiosophie malfaisante, venue d'Allemagne et perfectionnée chez nous, qui prêche le néant au peuple, endurçissant sa raison par les paradoxes et sou oreille par les c:ros mots, philosophie fantastique qui traite comme mortes toutes les choses vivantes et les cloue dans le cercueil à grand bruit ; voilà les maîtres et les leçons qui forment la France. 11 est temps de la leur arracher. Qui a voulu a parlé, il faut que la raison ait son tour ; il faut que la nation, dont le naturel se gâte, rendue à ellemême, rapprenne la vérité et la mesure, rapprenne le bon sens. Que ceux qui ont autorité réclament donc, et que celui qui n'a que sa l)onne volonté ne croie pas devoir se taire. Je suis de ceux-ci, et je dispute obstinément à tons les sophismes, à toutes les violences, les vérités sans lesquelles il n'y a de dignité ni dans la vie intérieure ni dans la vie poUti* que : Dieu, le devoir, la liberté, Timmortalité et le droit.

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