‹ Essais de philosophie et de moraleChapitre 44 sur 49 · UNE PHILOSOPHIE NOUVELLE · texte numérisé non relu

UNE PHILOSOPHIE NOUVELLE

n'aurait pas à lui représente!* qu'elle tue Factivité

nioi ale? La ])ratique donc a quelque autorité sur la spéculation pour la rappeler au vrai. On tirera aisément de là que si la spéculation abolit le Dieu personnel el que si la pratique le réclame, la spéculation a tort. C'est ici, qu onlereniaî-que, une question de vie ou de mort, et on n'entend pas naturellement que s'il y a une imagination ou une institution qui rende la praticfue plus facile, elle entre par cela môme de droit dans la raison ; car, à ce compte, toutes les superstitions de tous les pays seraient sacrées. On énonce seulement une vérité facile à saisir : c'est ([ne r homme est un ; que si son intelligence et sa liberté allaient à part, il serait double ; que si son intelligence et sa lil)erté allaient en sens contraire, il serait un monstre. Parce qu'on unit dans ces hauteurs la spéculation à la pratique, on n'est pas de ceux qui placent Dieu dans la société de la môme façon que les anciens plaçaient tel dieu dauslem^s champs comme un épouvantail.

Contre la philosophie nouvelle, nous conservons donc obstinément l'appel au sens commun, au sentiment et à la pratique. Maintenant un mot sur la doctrine elle-même. Si dans un système la simplicité est tout, celui-ci est le parlait système; mais, outre la simplicité, il faut la vérité. Or, ici les doutes abondent ; je ne dirai que les principaux. Laissons les dis* eussions métaphysiques où le sens se trouble si aisément, ces hauteurs aiguës où il est si difficile de se tenir, il reste la vieille objection que la raison commune oppose éternellement à la science hardie : d'où vient l'harmonie du monde ? Je ne m* occupe pas des astres : ils ont une loi ; créés ou non, il faut bien qu'ils en aient une, et cette loi produit la variété des

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mouvements qui se font. Mais les corps organisés, les végétaux, les animaux, Vôtre merveilleux derhomme! le corps de l'honune, cette machine à mille rouages, qui respire, digère, circule,^ absorbe, secrète, se conserve et se reproduit ; cet appareil aux mille leviers, 03, humeurs, membranes, qui se meut, sent, entend et voit, serviteur d'un esprit intelligent et actif; le monde fait pour lui et l«î pour le monde ; un sol pour son pied, la lumière pour son œil, Tair pour son oreille, Tair encore pour son sang, pour ses dents larges et tranchantes Therbe et la chair; dans les autres êtres \ i\ nuts des millions d'autres problèmes avec d'autres données, mais aussi sûrement résolus; partout, dans les animaux et dans l'homme, à défout de la science, un instinct ij:î;norant, impétueux, infaillible. Tout cela n'est pas, ne peut pas être l'effet du hasard, ni du tâtonnement, ni d'une pensée encore aveugle et qui se cherche elle-même, ni d'un principe pin sique qu'on appellerait principe d'harmonie, capable de concerter des desseins si étendus. On a beau dire, on a beau faire, cela c*est de l'intelligence. Je l'avoue humblement, j'ai essayé, et quel homme, s'il est homme, ne Ta essayé, d'expliquer le monde par lui-même; j'ai toujours été vaincu par ce raisonnement vulgaire qui de 1" intelligence conclut à un être intelligent. Sans doute, pour des êtres qui ne pensent ët n'agissent que dans le temps^ c'est une terrible difficulté de concevoir la pensée et Tactivité éternelles, ou cil elles-mêmes ou formant le monde. Ceux qui font les tiers là-dessus mentent, croyez-le bien, ou n'y ont pas songé. Mais enfin, si je ne vois pas netteiiieiit cette manière d'existence divine, je vois nettement que le monde est ordonné et n'a pu s'ordonner lui-même ; il y a là une obscurité, mais il y a ici

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ooe évidence, contre laquelle rien ne peut prévaloir.

Voici une observation de quelque prix. En ôtant le Dieu personnel» ou ôte une graxàde douceur à Tâme, qui n'a plus d'être parfait à adorer» une grande force à la M)lonté, qui travaillait au bien, on désole la vie ^ intérieure. Si Dieu est le Dieu de l'homme» si l'iiommç est ratson et cœur à la fois, pourquoi Dieu ne serait-il pas le Dieu de la raison et du cœur huiiiain, le Dieu de la pensée et de la vie ? J admire la rigueur de voti e doctrine; mais il y a trois choses qu'on n'y rencontre pas : la faiblesse, la douleur et l'amour. Notre faiblesse se fortilie en s approchant d'un être paifait par l'élan d'une âme qui contemple et qui adore; nos soofirances imméritées sont révoltantes si c'est la fatalité qui nous frappe sans conipensalion. Quant à l'amour, où tout ce qui est de l'homme se concentre» s'absorbe» se perd et défie la mort» sous toutes ses formes et surtout sous la fonne sacrée de la famille, ou sa puissance est faite de toutes les puissances du monde» la passion» le sang, le devoir; quant à l'amouril a, dis-je, sa logique contre votre logique : il n'admet pas qu'un accident physique, une veine ou un nerf qui se rompt puisse rompre cette société qu'il a formée et en disperser les éléments dans l'espace pour s'oublier et se méconnaître à jamais.

La nouvelle philosophie est donc une philosophie de la raison » mais elle n'est pas une philosophie bumaille, comme le sera celle ([il oii trouvera peut-être unjom* ou que nous possédons déjà. Est-il permis d'avouer que» sous la réserve des développements possibles, on tient encore pour cette philosophie française qui, consultant perpétuellement le sens commmi» le sentiment et la pratique» a constitué le spiritualisme présent ? Depuis quelques années elle n'est

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pas en faveur. Est*ce la faute du temps, est-ce k

sienne? Cela vaut la peine d'être examiné. Rappek ' lons-nous ce que nous avons v u et ce que nous voyons encore, et disons ce qui est : ce temps-ci n'a pas cherché une raison plus haute, il s'est dégoûté de la raison.

Quand on observe quels enseignements de nos jours ont le plus piqué l'attention et le plus fortement

agi sm- l'intelligenre publique, on trouve, et personne ne me contredira, dans le mouvement M. Proudhon, dans la réaction xM. Veuillot ; pour le surnatui^el, les es|)rils frappeurs et les nouveaux miracles; pour la morale, les événements. Les esprits li appeurs ont, comme on se le rappelle, vivement ébranlé les imaginations. Une grande autorité, le père Ventura, voit dans ces i)hénomènes, malgré leur apparence de puérilité, un des plus grands faits de notre siècle. « 11 sort déjà, dit-il, de toutes ces choses de mervril* leuses lerons. Il en sort, en effet, la justification de TEvangile et de la foi, la condamnation définitive d'un rationalisme terrassé par les faits, et par conséquent la ![i:loiHication prochaine de tout le passé de la véritable Église, et même de ce mo} en âge si calomnié, si travesti, si gratuitement doué de tant de ténèbres. Les événeiuoîits politiques des deruiers temps s'étaient chargés de lui donner raison, à ce moyen âge, sous le rapport du bon sens en matière gouvernementale ; et voilà des faits d'une nature tout à fait étrange qui viennent le \euger d'une crédulité superstitieuse. » (Lettre à M. Eudes de Mirville.) Pendant ce temps, les apparitions divines se sont multipliées, et ainsi nous avons été plongés dans le merveilleux. Lorsque la nuit se fait, les fantômes aiiivent. Quant aux événements, pour n'en dii-e qu'un mot, ils ont été Tavé-

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nemeiJt d'une nouvelle conscience humaine, moins étroite que l'ancienne conscience, moins timorée, et,

si on peut le dire, moins provinciale. Pour MM. Proudhon et Veuillot, un mot ne suflit pas ; paiious-en tout à notm aise, comme dit Montesquieu quand il arrive à Alexandre.

Je lie tente point de démêler ce quil y a* dans M. Proudhou de naïf et d'artificiel, ce qu'il a mis de sa réputation au service de ses idées, et de ses idées au service de sa réputation. Dieu sait cela, et M. Proudhon ne le sait pas lui-même; toujours est-il qu'il y avait en lui de l'étoffe pour réussir de toutes façons ; mais il voulait faire de l'effet et il en fit : il força sa voix et la désaccoutuaia du ton naturel; enivré de logique allemande, il joua avec toutes les idées, les lançant en l'air, les rattrapant pour les lancer encore, escamotant, à rébaliisseuient universel, Dieu et la société, faisant paraître et disparaître les clioses dans une fantasmagorie d'où on sort ne sachant plus où on eu est, la vue trouble, n'étant plus sûr de rien ni de soi-même; il a Inii, coiumc finissent quelquefois les puissances, par l'infatuation.

J'entends dire beaucoup de mal de M. Veuillot, et c'est bien injuste. Imaginez un instant qu'il n'existe pas, que deviendrions-nous? Quand on ue peut pai'ler de rien, de quoi voulez-vous qu'on parle, sinon de M. Veuillot ? 11 y a tel journal à qui les protestations contre M. Veuillot tiennent lieu de couleur. Le jour où M. Veuillot ne serait plus, ia France serait prise d'un grand ennui. Voltaire écrivait que son médecin lui avait ordonné de cmire^ tous les matins, une heure ou deux , le Pompin^nan ; et on sait que cet exercice Ta fait vivre jusqu'à quatre-vingt-quatre ans. Nous sommes quelques-uns des fils de Voltaire qui

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courons aussi le Veuillot; cela nous tient en vie et en

gaieté, suClit à notre bonheur dans ce nionde et nous sera compté dans l'autre, ou il y aura bien desgeus surpris. Personne n a à se plaindre du jenom de Veuillot que M. Granîer de Cassagnac, qu'on ne peut plus, malgré ses itations, aller chercher sur son terrain, et qui a la douleur d'être inviolable. Quelle a été la mission de M. Veuillot? On a vu un homme entre* prendre la tàclie hardie de déshabituer les honniies de la raison, l'attaquer eu eile-mèaie et dans toutes ses idées, combattre comme des niaiseries la liberté politique, la liberté de conscience, la séparation de Tordre civil et de Tordre religieux, j)ar ces paradoxes de haut gout rendre tout le reste fade pour le lecteur excité. M. Veuillot devra donc avoir une grande place dans Thistob'e philosophique de notre temps. Ce n*est pas tout.

Nous avons vu naiti e de nos jours un genre inconnu dans les lettres : cela figure une boxe littéraire

et s'appelle, en iVançais nouveau, Téreintcment. Il parait que cet exercice a un grand charme. i\e pouvant, comme Dieu, faire de rien quelque chose, on fait de quelque chose rien ; puis toutes les amertumes, les rancunes, les colères, tout ce qu'il y a de venin • dans les entrailles se dépense là. Dans cette action de jeter un ennemi à terre et de le meurtrir à loisir, il y a des voluptés à faire trembler un saint, quand cet ennemi n'est pas l'ennemi de Dieu et des honnues, un révolutionnaire de 80 ou un plnloso|)he. Lors donc que plus tard on refera T histoire littéraire, on dira que cette création appartient à un journal nonnné Y( 7iivers rcligiei/x^ que le rédacteur de ce journal avait dans cet art un joli talent, qu'il florissait sous r£mpire, vers le milieu du dix*neuviëme^ siècle, et

UNS raiLOSOrWB NOQVSLU;»

fut le pi eiuier dans le dmuei* des genres. U y a entre lui et M. Proudbon de grands rapports et la matière d'un parallèle à la Plutarqne. Us ont tous les deux de l'esprit, delà verve, de la violence ; ils sont au-dessus du sens commun et de la convenance, comme César était au-dessus de la grammaire; M. Proudhon est M. Veuillot touché par la révolution, et M. Veuillot est M. Proudhon touché par la grâce ; la Providence, qui veille à l'équilibre du monde, n'a pas voulu qu'ik lussent tous deux du ii)ènie côté.

£a retiaçaut les iulluences dominantes de ces dernières années, nous.ne croyons pas avoir rien inventé ni rien augmenté. Après cela, quelle lij^ure voule;^vous que fassent les philosophes spiritualistes ? Ils n*ont point de miracles, ils ne sont ni esprits, ni médiums, ils lisent comme on lisait autrefois, avec leurs yeux ; ils ne sa^ etit du passe que ce que leur en

. apprend T histoire, et s'ils ressuscitent un siècle, c'est bonnement par l'érudition et l'intelligence, sans évoquer les nioludros ombres des personnages du temps ; quant à Tavenii*, ils T ignorent absolument, et Ton n'en tirerait pas la plus petite lumière pour une spéculation industrielle; ils n'appellent pas la foule par Taudace des aflirmations et des mots ; ils » disent ce qu'ils savent, dans une langue discrète qui ne sui fait point les choses ; ils n'attirent pas par le scandale; parce quils doutent quelquefois on les appelle orgueilleux, et parce qu'ils défendent les

'idées du sens commun on les appelle absurdes; ils trou\ent cela dur et se résignent; quand ils se rangent pour laisser passer le monde nouveau qui roule

les hommes et les principes, ils ont Tair peu intelligents et s'y résignent encore. 11 ne faut pas se faire

illusion : la philosophie spirituahste est passée à Té-

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tat d*honoi*able curiosité; elle figurera dans les musées avec d'autres débris des .âges primitifs, avec les tribunes et ces vénérables machines des gouvernements parlementaires qui font sourire notre civilisa- ' tioD. On nous a si bien répété que nous sommes morts ([ue nous finissons par le croire. J civoue, pour mon compte, que je ne trouve pas cette condition sans charmes. Quand on est mort, naturellement on n'est plus tourmenté par les passions, on se désintéresse des choses de ce monde, et si on avait tenu autrefois à l'honneur de le gouverner, en voyant ce qui s'y fait, on se console. Que voulez-vous? Puisque nous ne souimes plus une pbilusupiiie publique, nous serons une philosophie domestique : nous entrerons dans la msùson, nous irons nous asseoir au foyer, là où Ton a besoin de croire à l'ànie et au dévouement, nous garderons le sentiment chez les enfants et les femmes, et la dignité chez les hommes, s'il plaît à Dieu.

Nous ne disons pas que si la philosophie spiritualiste française doit un jour reparaître, elle reparaîtra absolument telle qu'elle a été ; si elle veut inspirer un siècle et prendre la place qui lui appartient, il faut quelle sache à quelles conditions cela peut être. Née sous Taile de la Sorbonne, élevée par deux évêques et par les solitaires de Port-Royal, elle s'est plus tard échappée en niant tout ce qu on lui avait enseigné, pour se prouver (ju elle était libre, puis elle est tombée de ces aventures dans la sagesse où nous Tavons, vue. A ce prix, on lui a permis d'enseigner la jeunesse et c'est une noble fonction qu elle a bien remplie ; mais, contente de régner dans les écoles, elle a peut-être trop oublié le public, qui a semblé l'oublier aussi, il s est intéressé aux rèvei ies ingénieuses d'un écrivain qui Fa promené sur la terre et dans le ciel;

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il a permis qu un jeune iiouuiie de talent traitai» la philosophie comme il a traité les plumiers philosophes du dix-neuvième siècle, sans façon ; sans être rassuré sur le symbole de la doctrine, il a suivi avec charme ce rare esprit qui fait passer toutes les . croyances religieuses par sa critique « engageante et liardie ; » même il a écouté la philosophie sauvage et sophistique d un homme maintenant tombé dans l'adoration de lui-même ; il sera peut-être captivé par cette philosophie de Hégel, qu'un des penseurs las plus sérieux de ce temps inti^oduit dans sa métaphysique. Que notre philosophie songe donc, elle aussi, à se faire écouter et à faire durer la réaction inévitable qui se décidera en sa faveur. Déjà elle inspire heureusement l'histoire des idées morales et politiques ; qu'elle ne craigne pas les problèmes. Au delà des vérités du sens commun et du spiritualisme rationaliste et chrétien, il y a des questions où la curiosité humaine s'obstine : de ce nombre sont la destinée future, les rapports du corps avec l'ame et du monde avec Dieu. U sera bien d'aborder ces problèmes, de ranimer la philosophie languissante ; il ne s'agit plus de compter éternellement sa fortune, mais de l'augmenter.

Nous ne lui conseillerons pas, en essayant de se rajeunir, de changer son ancienne forme. Un jeune écrivain, qui a fait d'excellentes choses et qui est supérieur a tout ce qu'il a fait, a tenté cela. Il a brisé le discours continu, égayé le ton sévère; M. Pierre et M. Paul résolvent de l'air le plus dégagé les plus terribles difficultés, soulèvent du bout du doigt le poids des plus grosses questions ; toute la métaphysique est le déjeuner de deux hommes d'esprit. Faut-il le dire? J' ait été émerveillé par je ne sais combien de pages

DNS PHILOSOPBIB ROITVBLLE

d*une verve étincelante ; mais éievé à une autre école (tant on a de peine à se défaire des premières impressions!) au nnlieu des caprices et des saillies de cette discussion alei le, je regrettais le Discours de Ut J/ethùde, Fampleur de la composition, la gravité, la dignité, la lenteur convenable aux grands objets qu'il traite, cette large lumière qui va bien aux trrands horizons, toutes ces qualités extérieures qui frappent et avertissent le lecteur, en sorte que s^il n'emporte pas delà la vérité, il eni})orte du moins le respect de la science. Le ton leste ne peut que ti oiuper sur la difficulté des choses; parce que la métaphysique est faite pai \\. Pierre et M. Paul, < e n'en est pas moins la métaphysique, et parce que M. Pierre et AL Paul fument, on n'y voit pas plus clair.

Du reste, que la philosophie se donne carrière, qu'elle prenne de Tair et de l'espace et constate son droit. On dirait, en France^ que dès qu'un homme • pense autrement que les autres, tout est perdu ; l'o* pinion se soulève contre lui ; un proj)riétaire inquiété dans sa possession n'est pas plus ému : voilà que tout est remis en question, il n'y a plus de sécurité, on ne peut plus s'amuser ni dormir tranquille. Vraiment,, les philosophes sont-ils si dangereux, et un philosophe ne peut-il avoir une idée que la société ne tremble? La métaphysique est-elle redoutable à ce point? J'avais toujoui*s cru que la France était de beaucoup de pays celui où on pouvait faire de la métaphysique le plus impunément. Chez les Allemands, rien n'est moins innocent qu'un système métaphysique : ils ont la naïveté de pratiquer ce qu'ils croient, il peut sortir de \ objectif et du subjectif di^ longues tempêtes: mais nous ne sommes pas le moins du monde allemands. Ici la pensée est une chose, la pra-

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