‹ Essais de philosophie et de moraleChapitre 46 sur 49 · HISTOIRE GÉNÉRALE DE L& PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

HISTOIRE GÉNÉRALE DE L& PHILOSOPHIE

M.. Victor COUSIN K

Voici un volume qui n*avait pas prévu qu*il arriverait si à propos. Il s'imprimait pendant que la philosophie des lyc(^es, réduite à plaisir, portait encore le triste nom de logique, qu'on lui a infligé il y a douze années, et n'avait pas la liberté de rien raconter de son passé, pour ne pas scandaliser la jeunesse par le récit de ses égarements. Au mujiient où il se publie, la philosophie, grâce à un ministre réparateur, a retrouvé ses honneurs et son nom; on a pensé avec raison qu'il n'était pas i)erniis à l'esprit liuiiiain d'ignorer son histoire, et qui! n'y avait aucun danger . pour les jeunes gens si on leur faisait connaître et juger par avance les systèmes qu'ils connaîtront certainement un jour et qu'ils ne jugeront peut-être pas. Ce volume arrive donc, comme nous disions, fort à propos, et on ne saurait imaginer une plus juste rencontre, ni plus heureuse.

M. Cousin ne se plaindrait pas, nous en sommes sûr, si son livi*e n'était lu que de la jeunesse des collèges; c'est pourtant à un autre public qu'il l'avait destiné, à celui qui a si favorabieincnt iiccueilli le

• Un volume in-S". Librairie Didier.

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livre du Vrai^ du Beau H du. Uim^ et en a demandé en peu de temps dix éditions. Dans cet ouvrage, comme dans le précédent, il a résumé des travaux de

cinquante années avec la clarté, la mesure nécessaires, et avec le style que Ton sait. Ce style, un [)eu tendu à Torigine, peut-être par l'influence de J.^. Rousseau, puis assoupli au contact du dix-septième siècle, demeure unique par Tamplem*, l'éclat et le mouvement.

Nous n'insisterons pas sur le mérite de Férudition

historique et bibliographique qui est ddiis cet ouvrage : il y a là ce goût de la parfaite exactitude, que notre siècle apporte dans Thistoire, et dont M. Cousin est possédé jusqu'à ne reculer devant aucune fatigue pour véi'iiiej* un texte ou un titre. Personne, paruii les adversaires les [)lus décidés des doctiines de M. Cousin, n'a eu Tidée de nier le mouvement qu'il a imprimé à l'histoire de la philosophie, ce qu'il a produit et ce qu'il a suscité de beaux travaux .sur cette histoire. Quand on laissera là les tristes querelles qui ne manquent jamais aux hommes viVants, quand on cfiiiipiera ce que les nôtres ont apporté à l'histoire de la philosophie, on leur sera reconnaissant, il faut l'espérer, d'avoir substitué à des expositions \ agues ou {passionnées des études précises et profojides, en sorte qu'il n'y a pas un seul coin de ce vaste cliamp qui n'ait été éclairé d'une vive lumière Quelques personnes ont craint que la science historique ne fût un péril pour l'originalité ; nous ne sau- ]*iuiis partager leur crainte ; ceux qui sunt nés originaux né manqueront pas de l'être, et nous comptons

* Voir le Dictionnaire des sciences philosophiqtMS^ dirigé par notre

8a?aut coUalH>r<iteur M. Fraock.

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