VI AVANT- PROPOS
çais les écrits que j'ai publiés ou que je 'pourrais publier à l'avenir en italien. Car, en laissant de côté toute autre considération, je ne puis ni ne dois perdre de vue un intérêt qui, à mes yeux, domine tous les autres, et qui fait l'objet de tous mes travaux, et j'ose dire de ma vie, savoir, la propagation et le triomphe de la philosophie hégélienne, qui, dans mon esprit, se confond avec la philosophie et la vérité. C'est dire que ces trois écrits, bien que roulant sur des sujets différents, vont tous les trois au même but, et sont comme reliés et animés par une pensée commune, ainsi que le lecteur pourra s'en assurer, en quelque sorte, à la première inspection. Ce qui est, d'ailleurs, fort naturel; car l'idéalisme absolu n'est tel que parce qu'il éclaire de sa lumière tous les problèmes de la science. Je devrais même dire, pour être plus exact, qu'il n'y a pas de problème qui, strictement et scientifiquement parlant, puisse trouver une solution hors de cette doctrine. C'est là, comme on sait, ce que nous prétendons, nous autres hégéliens, et ce que nous prétendons, bien entendu, en le démontrant (1).
Maintenant, pour ce qui concerne le premier essai, j'ai à peine besoin de dire qu'en abordant
(1) Voyez sur ce point, Nouvelle préface de la deuxième édition de Y Introduction à la Philosophie de Hegel.
AVANT-PROPOS. YII
la question de la peine de mort, j'ai fort peu tenu compte de ce courant de l'opinion qui demande son abolition. J'avoue que je me suis toujours défié de ces courants, et que l'âge, l'expérience et la réflexion n'ont fait que me confirmer dans cette disposition (1). Et, sans vouloir établir entre ces courants et la vérité une différence et un antagonisme absolus, ma règle est, la vérité d'abord, et ces courants après, ou, si l'on aime mieux, juger ces courants par la vérité, et non la vérité par ces courants. La position que j'ai prise en examinant ce problème est celle que prend et que doit prendre toute vraie philosophie. C'est celle qu'avaient
(1) Qu'il me soit permis, à cet égard, de rappeler deux de mes écrits, l'un sur les Rapports de l'Etat et de l'Eglise, et l'autre sur la Souveraineté du peuple. On n'a pas, sans doute, oublié qu'en 1848, au moment de la révolution de février, la séparation absolue de l'Etat et de l'Eglise, et la souveraineté du peuple étaient les doctrines en vogue, et admises et proclamées par les hommes mêmes qui étaient alors au pouvoir. C'est à ce moment que j'écrivis les deux essais eu question. Le premier parut dans la Liberté d$ penser, qui l'inséra de mauvaise grâce, parce que la thèse que j'y soutenais était contraire à ses opinions, ou, pour mieux dire, aux opinions de la direction. Quant au second, celui sur la souveraineté du peuple, il était lui aussi destiné à la Liberté de penser, mais cette fois, la Revue, donnant un démenti à son titre même, refusa de le publier, comme allant trop à rencontre du dogme politique fondamental de ce temps. Je l'ai depuis publié, sans y rien changer, en 1862, dans mes Mélanges philosophiques.
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Vin AVANT-PROPOS.
prisé Platon et A ris to te, et que, mieux que Platon et Aristote, a prise, de nos jours, Hegel. Elle consiste à contempler librement l'idée, sans s'inquiéter du reste, ou à ne considérer le reste que comme accessoire et subordonné à l'idée, et à n'en parler que pour conduire l'esprit à ce point culminant de toute recherche. En d'autres termes, et pour formuler la question d'une façon plus populaire, la mort, et, parmi les différentes formes de la mort, la peine de mort, sont-elles des accidents, ou bien forment-elles des moments, des déterminations nécessaires et absolues dans l'économie universelle des êtres? Voilà comment on doit considérer la question. Et c'est ce moment idéal ou cette idée qu'on doit saisir et déterminer ; c'est vers ce point que doivent, converger toutes les recherches, et à cette lumière que doit venir s'éclairer toute critique et toute discussion. Et c!est ainsi qu'en suivant les données de Hegel j'ai envisagé et traité la question* Par là je l'ai replacée sur son véritable terrain, qui est le terrain de la philosophie et de l'idée ; car la solution de ce problème n'appartient ni à la politique, ni à la jurisprudence, mais bien à la philosophie (1).
(t) J'ajouterai» comme renseignement historique, que lorsque eet écrit parut» H y a plus d'un an (avril 1863), en Italie, il souleva, je ne sais si ja dois dire, un orsfe ; œaét si c'est trop dire
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