‹ Essais de philosophie morale et de morale religieuseChapitre 11 sur 50 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

craulnii, peut passer pour un des besoins primitifs, ineffaçables clela nature humaine. Mais ceux mêmes qui le ressentent le plus vivement, et qui vont jusqu'à le professer comme une vertu, sont touchés du mérite de l'humilité , lorsqu'ils pensent l'avoir rencontrée sincère et entière; et alors même qu'ils n'ont point fait cette rencontre et qu'ils la jugent impossible , l'humilité , comme pure idée , leur paraît digne de respect; si bien qu'entre l'homme qui sacrifie tout à la gloire et celui qui sacrifie à la vertu la gloire elle-même, leur admiration oscille, et leur choix demeure incertain. Que feront-ils? Que ferons-nous? Faut-il , des profondeurs de l'âme, arracher l'amour de la gloire? Faut-il, des tables sacrées de la conscience, effacer l'humilité? Les siècles épuiseront leur orbite avant que la question soit résolue.

Un nœud pareil reste à dénouer entre l'obéissance et la liberté. L'obéissance , ou la correspondance fidèle de l'action à la règle, l'acquittement rigoureux de la conscience envers le devoir, est un élément essentiel de la vie morale et un élément distinct de tout autre; on ne peut le confondre avec aucun des mobiles intérieurs capables de produire au dehors les mêmes effets. D'une autre part, le besoin de liberté est dans l'âme, comme le principe de l'obéissance est dans la conscience; ce besoin ne connaît point de limites; toute limite, quelque, reculée qu'elle soil , le froisse et l'anéanlil dans sa

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