‹ Essais de philosophie morale et de morale religieuseChapitre 12 sur 50 · XXVJ INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVJ INTRODUCTION

notion même; devant le devoir le mieux reconnu et la nécessité la plus évidente, la liberté ne recule qu'en frémissant; et l'âme, dans cette protestation involontaire, se rend témoignage en secret d'une vérité qu'elle n'a pas le pouvoir de proclamer : c'est que « la loi parfaite, c'est la loi de la liberté. » Oi^i est la conciliation? Elle est toute trouvée, dira-ton; elle est dans l'amour, qui, portant notre vie du même côté et sur le même objet où le devoir la dirige, accommode merveilleusement le devoir et la liberté. 11 est vrai, et, dans le cas présent, l'énigme, nous en convenons , est toute pratique. Dans ce sens même, nous la voyons çà et là résolue. L'obéissance a souvent , sous nos yeux, reçu des mains de l'amour les attributs de la liberté. Mais cette solution est fragmentaire et accidentelle;, et rien n'en garantit la parfaite pureté. Ce n'est pas l'obéissance dans tel ou tel cas donné, dans telles relations particulières, que nous voulons voir transformée; ce n'est pas non plus par un amour tel quel, de bienveillance naturelle, de goût, d'intérêt, de convenance, que nous voulons voir cette transformation opérée. Ce que nous avons droit de demander, c'est une obéissanceàlaloimorale toutentière,à son principe, à son auteur, et une obéissance qui ne coûte aucun sacrifice à la liberté. L'amour en est sans doute l'unique moyen ; mais où est cet amour ^ où s'adresserat-il? comment le produire? Comment maintenir l'obéissance? conmient sauver la liberté ?

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