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sans entrailles, des intelligences égoïstes et féroces, qui s'assouvissent d'un syllogisme, fùt-il trempé de sang et de larmes, et marqué de la colère de Dieu et des hommes. La seconde, ce sont les chrétiens.
Ce sont les chrétiens, non les chrétiens selon la tradition hiérarchique ou populaire , mais selon l'Evangile ; les chrétiens qui savent que cet Evangile renferme la réduction, en principe et en fait, de toutes les dualités qui affligent à la fois la pensée, la vie et la société; les chrétiens qui savent que dans l'Evangile ( chose admirable et divine!) une seule clef ouvre toutes les portes. Une seule idée, ou plutôt un seul fait suffit à la solution de tous ces problèmes, tellement qu'à chacun d'eux ne correspond point une explication isolée, mais que tous ensemble, et de concert, comme s'ils n'étaient qu'un seul problème (et en effet ils ne sont qu'un ), ils cèdent à la puissance irrésistible d'un même et unique mot. Ce mot est un nom : Jésus-Christ; ce mot est une image: la croix; ce mot est un fait: l'expiation.
Ce mot réorganise la pensée et le monde. Il est virtuellement Tordre parfait. 11 l'est en dépit de toute résistance. Il le serait encore au sein du désordre universel des volontés. Alors même, il serait vrai de dire : « Les dualités sont réduites, le Média- « teur a vaincu, l'unité triomphe. »
Montrer, faire pressentir du moins, comment Jésus-Christ est le médiateur des pensées désunies
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et colluctaiiles, comment Jésus-Christ apporte au monde la paix de l'intelligence aussi bien que celle du cœur et celle de la vie, telle est la pensée qui a dominé mon esprit dans la composition de ces Essais , et qui, plus ou moins , et sous des faces diverses , se reproduit dans chacun d'eux.
Dans ce discours , dans ce recueil même, il s'en faut bien que nous ayons traité un si vaste et si beau sujet. INous avons timidement rasé les côtes de cette terre sainte, et cà et là seulement nous avons touché le rivage. Nous n'espérons pas même embrasser jamais dans son ensemble une tâche qui demande beaucoup de forces et beaucoup de loisir. Mais nous serions bien heureux si cet Essai, devenant un appel, allait réveiller quelque part l'homme de cette œuvre, l'homme que cette œuvre attend; si quelque philosophe chrétien, racontant, au point de vue de la science, ses expériences personnelles et ses découvertes, exposait au regard des sages l'universelle médiation du Christ, s'interposant, dans le monde de la pensée comme dans le monde de la conscience, entre les vérités contradictoires; rétablissant la continuité entre les idées par la continuité entre les faits ; enseignant par l'action, créant pour instruire; complétant la pensée humaine en complétant l'existence humaine; nous donnant une nouvelle lumière en nous donnant un œil nouveau ; apportant au monde une vie qui est une lumière, une lumière qui est une vie; pacifiant, par un même
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pouvoir et par un même acte, le cœur et l'intelligence. Voilàle miracle dont il s'agirait d'exposerau jour les faces diverses. La tâche est grande et laborieuse, mais réjouissante, et digne d'employer les forces d'un esprit supérieur. Dignus vindice nodus.
Arlesliein), 31 août 1837.