‹ Essais de philosophie morale et de morale religieuseChapitre 2 sur 50 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

volontaire et inévitable. On parle bien d'accommodement, de partage, mais on passe au-delà. L'établissement de deux principes appartient à la vue confuseet superficielle du vulgaire; cette vue semble avoir fait loi dans la plupart des religions; mais partout une main plus savante superpose à ces deux principes un principe suprême, à laduplicité l'unité; et dans tous les cas, la direction des penseurs est autre que celle du peuple; il ne leur suffit pas, comme à lui, de traduire leurs impressions en dogmes; ils ne sentent pas seulement, ils pensent; ils prétendent rectifier leurs impressions par leurs pensées, et le premier principe qu'ils plantent dans le terrain où ils se sont enfermés, c'est la négation même de cette dualité consacrée dans les religions populaires; négation implicite, négation inavouée, mais réelle et facile à constater.

Cette poursuite de l'unité, je dis de l'unité suprême, n'est pas commune seulement à tous les systèmes de la philosophie , mais à toutes ses branches. Il n'importe pas où l'on commence et où l'on prétend s'arrêter : sur cette route on ne s'arrête pas. Une question renferme toutes les autres; un abîme appelle un autre abîme; de la psychologie à l'ontologie il y a moins qu'un pas; c'est toujours le dernier mot de l'existence qu'on poursuit sous ces deux bannières. La philosophie a débuté par l'ontologie; si Ton y réfléchit , on trouveia que cela devait être ; plus tard elle a prétendu se replier sur l'observation

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