‹ Essais de philosophie morale et de morale religieuseChapitre 28 sur 50 · DE LA CONCILUTIOIS , EN MOBALE , DU MOI ET DU NON MOI · texte numérisé non relu

DE LA CONCILUTIOIS , EN MOBALE , DU MOI ET DU NON MOI

( A l'occasion des Maximes de La Rochefoucauld. )

Les maximes de La Rochefoucauld , après avoir fail, une à une, les délices d'une société aristocratique, se rassemblèrent sous la main de leur auteur; puis, polies, aiguisées, acérées avec art, elles furent livrées dans un même carquois à tout le public; chacun vint faire son choix dans cette satire à mille pointes de la nature humaine, et se pourvut, à son gré, de quelque flèche bien aiguë, propre à être décochée, selon l'occasion ou le besoin, contre cette humanité de laquelle tour à tour on se glorifie et Ton rougit. Mais , chose étrange ! tandis que chaque tiait semblait bon, tandis qu'on souriait à chaque attaque particulière, l'attaque générale déplut; on sut tout à la fois bon et mauvais gré à l'auteur de sa sincérité; on aurait voulu, ce semble, que chacune des épigrammes fût conservée, et que leur ensemble formât un panégyrique. Des gens qui, dans le détail de la vie, donnaient incessamment raison à La Rochefoucauld, en se défiant de tout homme, en prêtant à chaque action un mauvais motif, déclarèrent néanmoins ( J.-J. Rousseau à leur tète) que le recueil des Maximes était

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