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tique qu'on en peut tirer est négative et se résout en des ménagements réciproques, soit parce que l'humanité, clans ce premier sens, est hors de la portéedesindividuset même des nations. C'est donc dans le second sens que l'humanité peut servir de but à nos efforts; nous sommes appelés à cultiver^ chacun dans notre sphère, les intérêts de l'élément humain, et à nous élever du patriotisme à l'humanisme. Mais qu'est-ce que l'élément humain, et par suite, qu'est-ce que l'humanisme? Y a-t-il même un élément humain? Quand vous avez détaché de la notion de l'homme celles de fils , de père, d'époux, de citoyen , de particulier , d'iiomnie public, que reste-t-il pour la pure notion d'homme? une substance indifférente, la matière première et neutre de toutesnosrelationSjUne simple simiîiludede'jfacultés et d'organes, qui n'est pas muette, je l'avoue, qui arrachait jadis à un peuple que sa nationalité avait rendu féroce un cri d'enthousiasme à l'ouïe de ce beau vers: Homosum et nihil humani a me alienum puto, mais qui n'empêcha pas ce peuple, qui n'en empêcheia aucun, de faire de son existence même un blasphème continuel contre l'humanité. Encore une fois, une réalité substantielle manque à la notion d'homme. Tous les attributs particuliers que l'homme peut revêtir dans la vie supposent un rapport; l'homme seul, comme homme, n'en a point, et la notion d'humanité s'échappe de nos mains à peine nous croyons l'avoir saisie. S'il n'y a donc
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rien en quoi elle puisse, en quelque sorte, se substantifier, ne retenez pas i'iiomme suspendu dans le vide, et laissez-le retomber vers les relations diverses que nous venons de nommer, au risque de lui voir faire de chacune de ces relations la base d'un égoïsme. Il nous faut renoncer à trouver dans l'idée d'humanité ce dernier échelon d'où une relation devait dominer toutes les autres en les embrassant, cette unité où tous les intérêts échelonnés en pyramide devaient devenir à leur sommet un intérêt indivisible. Mais il n'en est pas de même si nous trouvons à l'homme une relation non parallèle, mais supérieure à toutes celles qu'il forme irf?i-bas, c'est-à-dire si nous le faisons aboutir à Dieu par les parties les plus élevées de son être. Alors V homme trouvant un rapport trouve une réalité; alors la notion pure d'homme a une substance; alors l'homme, en tant qu'homme, est quelque chose; alors il v a un intérêt humain, lequel est déterminé par la relation de l'homme avec Dieu; alors nous avons trouvé un centre pour tous les intérêts, un sommet à la pyramide des relations humaines, le point d'où doit sourdre et s'épancher toute la vie sociale. Il était impossible de nous sentir obligés absolument envers l'humanité, être abstrait, de qui nous ne recevons rien. Mais nous sommes obligés d'une manière absolue envers Dieu, qui est notre principe et notre fin. Là notre égoïsme expire; là nous cessons de nous appartenir; là nous sommes à la disposition
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de Dieu et de tous les objets qu'il indique à notre dévouement. L'intérêt éternel^ l'intérêt de Dieu, si je puis m'exprimer ainsi, est seul assez large pour que tous les intérêts y puissent tenir à l'aise. Tout ce qui est juste trouve place dans le service de Dieu, car tout ce qui est juste est Dieu même; l'égoïsme seul, individuel ou national, n'y peut trouver place, parce que l'égoïsme est contradictoire à l'abandon sans réserve que nous devons à Dieu. Aucun intérêt ne peut être cultivé au préjudice d'un autre, parce que Dieu, qui est le bien de tous, ne peut renfermer en lui le mal d'aucun. Dieu est donc le principe social par excellence, que nous cherchions en montant toujours.
Mais l'idée seule de Dieu, idée exposée chez l'homme à tant d'altérations, ne suffit pas à nous dévouer à lui. Il faut que Dieu lui-même se produise authentiquement à nos yeux, et avec un caractère propre à nous inspirer le dévouement.
C'est à ce dernier trait que M. Jouffroy reconnaîtra la supériorité de vérité qu'il a pressentie dans le christianisme; il trouvera même plus qu'il ne cherchait: auctliis et meliiis. Car, sous le point de vue moral et social, et d'après les données qu'il a lui-même posées, il reconnaîtra que le christianisme a la vérité absolue. Si la religion, pour être sociale, doit enseigner et inspirer le dévouement, quelle religion ira plus loin que le christianisme, qui , pour apprendre à l'homme à se dévouer à Dieu,
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a d'abord dévoué Dieu à l'homme? Je le demande à l'auteur: en paitant des bases qu'il a choisies, i)'est-il pas entraîné à reconnaître le christianisme vrai? Quelle autre doctrine religieuse a jamais été sociale à ce point? Quelle autre doctrine le sera jamais davantage? En concevez-vous une qui nous puisse montrer (juelque chose de plus que Dieu en