EN MORALE. I
table des services rendus par la société, comme un impôt moral sans lequel celte société ne pourrait pas subvenir aux dépenses publiques. Cela se dit encore de nos jours avec très peu d'intelligence, lorsque les masses sont invitées à se dévouer au nom d'elles-mêmes , c'est-à-dire au nom de rien , sans principe d'amour, sans aucun rapport qu'à elles-mêmes, s'élançant toujours sans s'élever jamais.Lechristianismeseula biencompris cequ'ildisaitlorsqu'ilacommandé le dévouement; seul il connaît le dévouement pur, d'abord parce qu'un tel dévouement est dogmatiquement à sa base , et ensuite parce que, donnant une pleine assurance du bonheur, et, dans cette assurance, le bonheur même, livrant la récompense avant le dévouement, le salaire avant le travail, il met l'âme en position de se dévouer sans condition, sansespérance et sans garantie, et fait du dévouement la récompense du dévouement, du sacrifice une partie du bonheur. LadoctrinedeM. Joufrroy,qui fait de l'humanité le but des nations et des individus, est donc nouvelle, prise en dehors des inspirations chrétiennes; et lorsqu'il se plaint qu'elle ne serve pas de base à la politique et déboussole aux hommes d'état, il se plaint, à vrai dire, que les hommes d'état ne soient pas chrétiens. C'est quand les gouvernements seront chrétiens qu'on les verra travailler dans la direction des intérêts généraux de l'humanité. Et parvint-on même à les convaincre par des faits que l'in-