INTRODUCTION. IX
dément hostiles, une autre objection aussi forte que la précédente s'élèverait contre cette tentative.
Deux idées ne peuvent être mises d'accord et combinées qu'au moyen d'une troisième qui les domine et les embrasse. Cette idée a précédé les deux autres et les a engendrées; c'est jusqu'à elle qu'il faut remonter. Que si elle pouvait être actuellement présente dans l'esprit d'un seul homme, elle serait présente dans l'esprit de tous; et si elle s'y trouvait, la séparation ou le divorce auquel on veut porter remède n'aurait jamais eu lieu. Rapprocher les unes des autres des idées isolées, les inviter à vivre en bonne intelligence, sans produire le principe dans lequel est enfoncée leur commune racine, dans lequel est cachée leur unité primitive, c'est une entreprise vaine. Cette juxta-position peut tromper le regard; elle ne satisfait ni la conscience ni les besoins de l'application. On a plus d'une fois relevé l'impuissance des physiologistes à saisir dans les composés organiques le siège ou l'élément de la vie. Un je ne sais quoi manque toujours, et, à quelque profondeur que pénètre l'analyse, elle voit toujours l'infini entre elle et la découverte qu'elle sollicite. Les philosophes en sont au même point. Oui, la vérité doit bien se composer de toutes ces vérités disséminées; rapprochons-les pour avoir un tout... mais ce tout ne se constitue jamais , pas plus que l'être vivant ne jaillit des combinaisons multipliées du chimiste.