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sainteté comme une seule et même chose envisagée de deux points de vue différents. Ici donc encore a lieu cette mêmerencontre du nécessaire et de \ impossible qw un même objet; ici encore l'inévitable autant qu'inexplicable dualité; la logique et la conscience la proclament à l'envi, et nousjettentsans pitié au bord d'un abîme.
Ce n'est pas, sans doute, avec les à peu près de la morale humaine qu'on peut, je ne dis point résoudre, je dis seulement poser ce problème. Tel que nous venons de l'établir, il étonnera plus d'un lecteur; il faut du temps pour s'apprivoiser à cette simplicité, et nous n'hésitons point à dire que, pour notre compte, l'autorité seule qui nous a fourni la solution du problème nous a pu faire accepter le problème lui-même. Une fois posé, cependant, il porte en lui son évidence; une fois posé, rien ne peut l'ébranler dans l'esprit qui l'a conçu ; et il y fait pénétrer la première lueur d'une vérité générale beaucoup trop méconnue, que je veux indiquer en passant. C'est que les lois du monde moral ne sont ni plus ni moins rigoureuses que celles du monde physique, et que, partout, on y retrouve le Dieu qui a créé « toutes choses selon le poids , le nombre et la mesure. » Nul n'en pourrait douter un instant si les lois de cet ordre se vengeaient de la même manière que les lois du monde physique, si un faux raisonnement était suivi d'une chute comme un faux mouvement, et
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si le péché brûlait comme le feu. Mais ici la raison parle aussi haut, aussi vivement que l'expérience , et pour peu qu 'on l'écoute, on reste convaincu que le royaume invisible a ses nombres, ses quantités , ses mathématiques, aussi bien que le monde des corps ; que rien ne se perd dans l'un non plus que dans l'autre; que la quantité la plus inappréciable y a sa \ aleur et son emploi, et que notre faiblesse seule y introduit le vagueet l'approximation .Cette idée est importanle, non point cependant pour aligner des chiffres, pour extraire des racines, que nous n'avons ni le besoin, ni l'intérêt de connaître; en effet, la beauté de l'ordre moral gît dans la liberté, la liberté se perd dans l'éblouissemenl de l'évidence: l'auréole de la liberté c'est la foi, la foi qui « ne compte pas après Dieu. » Néanmoins, l'idée que Dieu acompte exactement, la persuasion qu'il n'y a dans son administration ni désordre ni relâchement, ce sont des choses bonnes à se mettre dans l'esprit; je crois que le tranchant du sens moral et le sérieux de la vie ne peuvent manquer d"y gagner beaucoup.
J'ai cité une dualité, irréductible comme toutes les autres. En indiquer la solution, ce serait développer cette mémorable parole : « Si votre cœur « vous condamne. Dieu est plus grand que votre «cœur. » Ce serait raconter l'Evangile; et mon dessein ne peut être, en cet endroit, que de poser des questions , et encore de n'en poser qu'un petit «ombre, uniquement comme exemples.