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II. — Les Élèmentaux jouissent d'une personnalité

(1) Pour les fantômes d'événements, se référer à la très remarquable étude de Bulwer Lytton, fa Maison hantée [Cliamuel, 1894, petit in-8\ Les pages 28-29 décrivent la restitution fanlômale d'un crime, commis prés d'un siècle auparavant. Bulwer avait une grande pratique des phénomènes de la magie; ses peintures sont toujours surprenantes de vérité et d'intense émotion.

Rien ne ressemble de plus près aux mirages errants, que les apparences qu'affectent volontiers certains élèmentaux transitoires, tels que les Ames végétales ou minérales en stase d'abmatérialisation. La confusion est aisée, — et pourtant il y a un abîme entre ces êtres libérés do leurs entraves matérielles et de simples mirages errants. Ces deux sortes diffèrent autant par l'essence qui leur es», propre, que par tours futures destinées.

du moins toujours en ont-ils l'apparence. Ils se subdivisent en de nombreuses variétés, dont les dissemblances expliquent les contradictions où quelques auteurs sont tombés à leur sujet : les uns les peignant dénués de toute conscience, tandis que d'autres vantaient leur intelligence et leur subtilité. L'Élémental, ou Esprit élémentaire (t) est bien, comme le marque son nom, l'indigène par excellence, l'aborigène des éléments occultes. C'est à ce point de vue que l'École de Paracelse a classé ces esprits en Salamandres ou ministranls du feu, en Sylphes

(1) Ne pas confondre Esprit élémentaire, avec Élémentaire tout court ^ voyez plus bas).

Une observation d'importance trouve ici sa place.

La terminologie coutuinière en occultisme qualifie d'Éléraentaux ou Esprits élémentaires une classa particulière d'Invisibles. — Mais il est urgent de bien comprendre qu'à strictement parler, tout être relatif est, ilans sa nature propre, un Esprit élémentaire. Ni les âmes humaines, ni les anges célestes, ne sont purs Esprits comme on l'entend d'ordinaire. En d'autres termes, tous les êtres réels sont tirés d'un élément similaire à eux, d'une substance plus ou moins épurée.

Moïse le dit en toutes lettres, pour ce qui concerne Adam-Ève. Ihôah gourmandant l'homme, après sa défaillance, lui déclare, entre autres choses, qu'il devra désormais se nourrir des fruits àcres de la nature pbysiquo : « tu t'en nourriras (ajoute l'Éternel) dans l'agitation continuelle de ton esprit, et jusqu'au moment de ta réintégration à l'élément adamique, homogène et similaire à toi : car, comme tu as été tiré do cet élément, et que tu en es une émanation spiritueuse, c'est à cet élément que tu dois être restitué (Genèse, ch. III, v. 19, traduction Fabre d'Oltvet). Voici le mot-à-mot des deux dernières lignes : «tel Espritélémentaire tu-es, et tel à l'élément spiritueux tu dois être restitué. »

Les traducteurs autorisés, rendant Adamah TOTN (l'élément essentiel d'Adam) par terre, et Haphar 12? (Esprit élémentaire) par poussière, arrivent à tirer de l'hébrou ce sens matérialiste : « car vous êtes poussière et vous retournerez en poussière ».

Ces choses notifiées pour mémoire, nous ne changerons rien au vota bulaire reçu des initiés. — Mais il importe de bien s'entendre sur les mots.

ou génies de l'air et des tempêtes, en Ondins ou démons des eaux, en Gnomes ou Puissances terrestres, gardiens des cavernes et des trésors enfouis.

Les Klémentaux, connus ou soupçonnés des hommes à toutes époques, sont d'excellents acteurs, qui ont fait les frais de bien des rôles : tour à tour divinités locales (tjenii loci de l'antiquité payenne), faunes, sylvains, nymphes, .egipans ; puis elfes et fées au moyen âge, farfadets, gobelins, esprits familiers, etc. ; génies des contes orientaux, Niebelungen du Hhin, etc.. Autant de personnages qu'ils ont joues en conscience ; car ils se conforment aux traditions et ils excellent à changer de déguisement, d'allures et de langage. Nul n'ignore sous quelles gracieuses allégories les Rose + Croix, — qui connaissaient ces êtres et savaient en tirer parti, — se sont plu a symboliser leurs relations avec l'homme, et la puissance que l'adepte affranchi peut acquérir sur eux, en les domestiquant à son service.

L'on ne saurait mieux qualifier leur nature, qu'en les définissant les animaux de l'Invisible. On pourrait ajouter, pour toute une catégorie d'entre eux, les animaux dans ï Invisible, c'est-à-dire les âmes désincarnées d'animaux. Le genre Élémental comporte en effet toutes sortes d'êtres, susceptibles ou non de revêtir un corps physique : depuis les plus inintelligents et brutaux, jusqu'aux plus éminents en esprit, en ruse, en science même. Sous ce rapport, quelques-uns dépassent de beaucoup le niveau mental des animaux supérieurs et soutiendraient la comparaison avec l'homme; mais le défaut de sens moral, l'inaptitude qu'ils témoignent à décider du juste et de l'injuste, les

assimilent sensiblement aux races bestiales. Cependant, ils ne sont pas incapables d'affection, et qui plus est, de dévouaient : pareils à l'éléphant ou au chien, ils poussent parfois jusqu'au fanatisme l'amour que tel ou tel être leur a inspiré, souventàson insu. Le magicien qui les domine et les gouverne à son gré, accomplira de surprenantes merveilles par leur intermédiaire, car ils jouissent sur l'Astral, qui est leur milieu propre, d'une puissance presque illimitée. D'ailleurs, capricieux et autoritaires de leur nature, ils deviennent aisément de dangereux amis, pour quiconque n'a pas su leur inspirer la crainte ou le respect : excellents serviteurs, les Élémentaux font des maîtres détestables. Us tyrannisent le malheureux qui une fois a plié sous le joug ; ils le protègent obéissant, le circonviennent et l'obsèdent de leur fastidieuse amitié; insoumis, ils le châtient sans ménagement. Jamais ils ne pardonnent une tentative de rébellion, et leur vengeance est terrible.

Génies recteurs des forces de la Nature, ils répugnent à voir les énergies qu'ils gouvernent maîtrisées et réduites en esclavage par le savant ou l'industriel. Les grands cataclysmes physiques, les explosions souterraines de grisou, les accidents de laboratoire et d'usine leur sont souventes fois attribuables (1)...

(1) Jules Lermina, dans stilfagie pratique,», très bien vu ces chose»; il dénonce avec sagacité la revanche de l'Êlémental : « Pour l'Êlémental, l'homme est un ennemi, puisqu'il est un destructeur. Mais aussi qu'il prenne garde, l'Êlémental se défend et c'est avec les précautions les plus grandes que l'homme doit entrer dans son domaine. Les choses se vengent. Elles souffrent. Stint lacrt/rnœ rerum ! Le poète a dit vrai. » Tout ce chapitre VI est à liro (Magie pratique, pages 205-220).

III. — Les Élémentaux ne sont point encore évolués au stade nominal, et toute une importante École mystique leur dénie la faculté d'y pouvoir jamais atteindre. — Les Élémentaires consistent, à rencontre, en des individus humains désincarnés : ce sont les âmes retenues dans la sphère d'attraction planétaire par leur corps astral, point encore dégagé des terrestres attaches. Elles souffrent en cet état les tourments du purgatoire (Voy. chap. VI, la Mort et ses Arcanes). — Il n'est pas impossible à un Élémentaire de se manifester ici-bas, par l'entremise d'un médium ; mais rien n'est plus rare, au moins dans les séances spirites. Les fantômes qui se donnent pour des humains désincarnés consistent d'ordinaire en des Élémentaux mystificateurs, ou en des Larves avides d'objectivité...

IV. — 'A moins que ces fantômes ne soient des Ombres, cadavres astraux en voie de désintégration. L'on donne ce nom aux résidus ou dépouilles des Élémentaires qui ont fini leur temps de purgatoire. La seconde mort consommée, l'àmc spirituelle a pris l'essor, inséparable de sa faculté plastique, — en laissant dans l'atmosphère occulte de la planète un cadavre fluidique, qui va se dissoudre par degrés : telle est Y Ombre proprement dite. Elle garde comme un vague reflet, une réminiscence machinale de la personnalité à laquelle naguère elle fut unie ; si bien qu'évertuée par la force psychique du Médium et réactionnée par le vouloir de Invocateur, cette Ombre apparait susceptible de grimacer quelques-unes des attitudes familières du défunt, et de jeter en son nom quelques faibles lueurs pseudo-mentales.

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