‹ Essais de technique & d'esthétique musicalesChapitre 16 sur 27 · THÈMES DESCRIPTIFS ET PITTORESQUES · texte numérisé non relu

THÈMES DESCRIPTIFS ET PITTORESQUES

Thème XXIII. — Le thème de la Guilde apparaît au premier acte, au début de la séance. Les Maîtres arrivent à la Singschule, successivement, et s'abordent avec une cordiale courtoisie. Dans cet échange de salutations et de politesses^ il règne une certaine étiquette, non point solennelle (le terme serait très impropre), mais plutôt digne, un peu grave, l'idée que ces réunions sont regardées par les Maîtres comme une chose sérieuse et importante :

Les deux éléments a et /S du thème, égaux en dimension, sont nettement isolés et dans des octaves différentes ; le premier exprime un geste de rencontre et d'accueil, une sorte de démarche cordiale ; le second, une réponse^ un acquiescement, un geste qui s'incline et approuve.

Le circuit mélodique se forme sur iit^ dans une forme octaviée.

Ce thème est entendu généralement deux fois, il se développe ensuite en un trait descendant (>), d'une allure grave, saccadée, en forme de marche :

XXIIP

'^U.flf M I JXJ

Les formes dérivées présentent le redoublement de

l'initium plus ou moins rapproché, l'emploi de ce trait descendant, modifié ,'plus]étendu :

XXIIP

XXIII4 POigrtssioa aso

Profr. dtse.flm dtY r I

(p. 67) Appel des noms

Et en intervertissant la forme octaviée, de Taigu au grave, les deux éléments a et /3 passant l'un à Taigu, l'autre au grave :

xxiir

-et«-

Durant la première partie de la séance, ce motif est employé constamment, c'est le fond de la trame sonore sur laquelle viennent se greffer simultanément soit une forme dérivée du thème des Maîtres où figure le second élément de ce motif, comme nous l'avons fait remarquer (Th. I, D^), soit le thème de la Saint-Jean (Th* XXIV)» Nous retrouvons cette combinaison au dernier acte, pendant le discours que Sachs adresse au peuple (p. 410, 414).

Thème XXIV et XXV. — Les deux thèmes suivants, le Motif de la Saint-Jean et le Motif patronal de Nii-

renbergy sont issus d'une même forme primordiale, de celle même qui a un rôle si considérable dans toute l'œuvre :

XXIV' X fJl ~^ I ^ f^}~ ^" la^Saint'-Jean

xxv 4 j. J:-; ij

Thème de Nûrenberg

Rapprocher l'élément et du thème de Walther (Th. IV)

Le thème de la Saint-Jean, dont la note d'élan est moins dure (une croche au lieu d'une double) plus distante du premier accent (sixte au lieu d'une tierce), s'adoucit encore dans la finale qui se prolonge (^o/, fa^ au lieu de 5o/), au moyen d'une appogiature.

L'élément mélodique commun aux deux thèmes, identique — au moins presque exactement — est le principe générateur de phrases se rapportant à la même idéQ^ celle de la fête, et l'exprimant sous des aspects différents, avec des nuances diverses.

Commençons par celles qui caractérisent le thème de la Saint-Jean.

Thème XXIV. — La première de ces phrases, dans le discours de Pogner, doucement portée dans le mouvement modéré d^une flexible mesure à trois temps, se développe longuement, en des formes rythmiques semblables, en s'épanouissant complètement sur toute la mesure ; en voici le début :

dcvtlopp^

XXIV^

(p. 71) Pogner : « La belle fête, Saint-Jean d'été, demain sera joyeuse... »

LSS MAITRES CHANTEURS

C'est rimage de la prairie émaillée de fleurs, couverte çà et là de verdoyants bosquets, où la jeunesse prend ses ébats, se livre au plaisir, à de gracieuses danses, où filles et garçons se rencontrent, où s'échangent de doux engagements et des promesses de mariage.

Cette phrase se résume, plus loin, en une courbe harmonieuse, qui se ferme bientôt en une forme octaviée :

XXIV

Au début du deuxième acte, le thème de la Saint- Jean brille à l'aigu, comme un rayon de soleil, au milieu des trilles persistants de l'orchestre, joie de fête, joie intense qui fait d'avance danser les apprentis :

XXIV4

(p. 152) Début du 2" acte

(p. 153) Les apprentis : " Saint-Jean ", en dansant une ronde

Il est suivi d'une formule progressive sur un rythme de valse ;

XXIV

Thème XXV. — Au thème de Nûrenberg^ le même motif initial est enclavé dans la mesure à quatre temps, d'allure solennelle, convenant bien à la représentation d'une marche, d'un défilé. A nos yeux s'évoquent lafête patronale j la ville remplie de monde, la foule qui ondoie par les rues en vagues rythmées, les cortèges corporatifs qui passent devant les fenêtres pavoisées et garnies de spectateurs.

— Première forme, éléments espacés ; structure analogue à celle du motif de la Saint-Jean (XXIV^) :

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