CHAPITRE PREMIER
Inlrodndion.
Si I on interroge les diverses littérature» de l’Europe pour leur demander la cause de leurs accroissements successifs, on ne tarde pas à reconnaître qu’elles se développent toutes en vertu de doux principes, l’un intérieur, l’autre extérieur; qu’elles vivent toutes d’une vie individuelle et d'une vie collective; qu’elles donnent et reçoivent tour à tour; qu’enfin elles tendent, à certains moments et suivant certaines lois, à se pénétrer et à se féconder mutuellement. En cela d’ailleurs elles ressemblent à tous les êtres vivants, qui ont en eux-mêmes le germe de leurs développements futurs et n’en
puisent pus moins autour d eux une nourriture indispensable. Quand une nation, panenue à son entière croissance, a produit dans sa littérature et dans scs arts l'idée qu’elle porte cri elle, a gravé, si l’on peut ainsi dire, sa propre image dans ses œuvres en traits énergiques et profonds, plus forte alors que tout ce qui l’entoure, au moins par le génie, elle impose à toutes les nations voisines ce type qu'elle a créé, et le fait d'autant plus aisément adopter qu'on y découvre mieux les caractères communs de l'humanité à travers l’expression d’une physionomie particulière. Ainsi peut-on s’expliquer l’influence qu’ont exercée successivement en Europe l'Italie, l'Espagne, la France, l’Angleterre et l’Allemagne. A chacune de ces phases, c’était une nouvelle figure qui se produisait sur la scène du monde, frappait vivement l’imagination des hommes , et faisait entrer dans leur esprit de nouvelles idées avec de nouvelles images; c’était un être individuel, réunissant en lui l’éclat de la jeunesse et la force de la virilité, qui contraignait les intelligences à s'occuper de lui (comme il arrive dans le cercle restreint des relations sociales pour tout homme vrai ment original et puissant) et cédait insensiblement la place à d’autres plus jeunes, mais après avoir accompli son œuvre et laissé de lui-même tout ce qui pouvait s’en détacher pour sc mêler au génie des autres nations.
C’est assurément un magnifique et doux spectacle, fait tout à la fois pour exciter notre admiration et réjouir nos cœurs, que de voir celte suite non interrompue de pacifiques victoires, où sc révèlent les unes après les autres les différentes races de la famille humaine, non par le sang qu’elles font couler, mais par les bienfaits qu'elles répandent, non par ce qui les sépare, mais par ce qui les unit; et il serait
beau de pouvoir montrer dans un large tableau, dont l’amour de l’humanité relierait toutes les parties, l’histoire de ces services mutuels que des peuples, divisés par tant de passions et d’intérêts, so sont rendus dans le passé, présage de l’union plus intime et plus forte qui les doit associer dans l'avenir !
Aujourd'hui ma tâche est plus bornée, quoique belle encore. 11 s’agit de rechercher l’influence exercée par les lettres italiennes sur les lettres françaises , de comparer le génie des deux peuples , d'en marquer les rapports et les différences, d’indiquer ce qu'a gagné l’esprit français à se rapprocher surtout de l'esprit antique, dernier point de vue qui agrandit ce sujet en lui donnant son complément nécessaire. 11 eût pu conduire, envisagé dans son isolement, à des résultats utiles sans doute et significatifs, mais forcément incomplets, au lieu qu'il embrasse, ainsi considéré dans ses rapports avec l’antiquité, tout l'ensemble de la tradition classique. Je me félicite, pour mon compte, d’avoir sous les yeux un si vaste horizon. La vérité gagne toujours aux questions largement posées, et l’écrivain qui les aborde y trouve assurément son profit. Dût-il rester en deçà du but, il l’a vu du moins, ce qui est quelque chose, et plus riche, au retour, de toutes les observations qu'il a recueillies sur la route, il est payé de ses efforts par ses efforts mêmes.
Le génie poétique de la France nourrit , au moyen-âge, l’Europe tout entière. Né de lui-même sur notre sol, il vit d'heroïsine et de sentiments chevaleresques, et communique, non seulement son esprit, mais ses héros et ses formes épiques ou lyriques à toutes les autres nations. Les troubadours, au Midi, les trouvères, au Nord, rivalisant d’imagi-
nation inventive et de succès, propagent à l'envi cette influence; car ce qu'ils ont trouvé les premiers, ce qu'ils chantent avec autant de naïveté que de force, ce sont les idées, les sentiments, les aspirations de tous les peuples chrétiens. Mais de cette communauté même, qui tenait à l’état politique et religieux de l'Europe, résultaient, eu ce qui concerne l’art et la poésie, de graves inconvénients et des dangers de toute sorte. Ni les nationalités ni les langues n’étaient fixées, et parmi tous ces peuples qui sentaient et disaient les mêmes choses, il était impossible de distinguer le génie particulier des races ou le génie personnel des poètes. L'Espagne, qui avait, dans le Cid, un héros créé à son image, s’en détournait cependant à chaque instant pour copier ou reproduire à sa façon nos récits chevaleresques, et l’Allemagne, si riche d’ailleurs de son propre fond? et si fière de ses antiques traditions, ne parvenait à leur donner une forme précise, dans son poème des Niebclungen, qu’après avoir imité longtemps nos troubadours et nos trouvères. C’est que les nations ont besoin, pour s’exprimer d’une manière forte et durable dans leur littérature, de s'assurer d'abord une vie politique et sociale qui soit forte et durable. Nous en avons la prouve dans notre histoire et dans celle de l'Espagne.
Pourquoi la langue d ’oïl l’a-t-elle emporté chez nous sur la langue d’oc? Parce que le Midi de la France a été absorbé par l’action politique du Nord. Quels sont, dans la péninsule ibérique, les dialectes qui ont survécu et se sont élevés à la dignité de langues littéraires? Le castillan et le portugais. Ce n’est pas sans doute parce qu’ils étaient plus harmonieux ou plus flexibles que le catalan, par exemple, pas plus que le langage, du Nord n'était, en France, plus har-
monieux ou plus flexible que le provençal ; c'est parce que le castillan et le portugais, comme le français du Nord, étaient parlés par des peuples qui ont su ou pu se faire une existence indépendante, et par conséquent un caractère distinct, une langue perfectible, un génie original. Aussi, pendant que le provençal et le catalan, si pleins, au début, de jeunesse et d’ardeur, retombaient peu à peu au rang de simples dialectes , le castillan, le portugais, et surtout le français, se débrouillaient de jour en jour, se fixaient, se développaient, devenaient capables, en un mot, de créer des chefs-d’œuvre, expressions plus ou moins complètes, mais toujours sincères, d’une activité propre et d’un caractère vraiment national.
Ces réflexions, qu’il serait facile d'étendre à d’autres langues et à d’autres littératures, montrent quel travail avaient à faire les nations modernes pour dégager leur génie particulier du génie vague et confus du moyen-âge, et sous quelles conditions elles pouvaient espérer d’atteindre à la beauté littéraire. Mais était-il possible qu'elles arrivassent au but toutes ensemble et comme d’un bond? Evidemment non. L’une d’elles devait commencer, aidée en cela par les circonstances, et servir de guide aux autres.
L’Italie eut cet honneur.
Héritière directe des troubadours, elle se met en mouvement la première ; la première elle se produit avec une langue faite et des chefs-d’œuvre. Toutefois, le génie provençal n’eût pas suffi à donner une aussi puissante impulsion sans la renaissance de l'antiquité, qui se montre, déjà lumineuse, avec Dante. C’est Virgile, le poète antique, qui introduit par la main dans ce monde nouveau le poète de la Divine Comédie; c’est le moyen-âge, fécondé par l’antiquité, qui
infante les littératures modernes. Cette image, qui peut paraître banale, n'est que juste, car il s'accomplit alors un véritable hymen, d'où sortirent, comme des rejetons, autant de génies originaux qu'il y avait de nations européennes déjà formées, et capables par conséquent de créer une œuvre originale.
Quels éléments trouvait donc l'Italie chez les autres nations, lorsqu’elle commença de répandre au dehors celte lumière qui venait de s’allumer en elle?
Les mêmes à peu près dont elle avait composé son propre génie : un caractère national doué de certaines aptitudes déterminées, l’influence dès longtemps acquise de la littérature romane, l'influence naissante et sans cesse accrue par elle-même de l’érudition ou du génie antique. A tous ces éléments, communs aux divers peuples chrétiens, elle ajoutait les idées, les formes, le type enfin qu’elle venait de produire dans le monde intellectuel par la création de sa langue et de ses œuvres plastiques ou littéraires. Partout où sou action se faisait sentir, elle apportait donc quelque chose de plus que ce quelle avait eu elle-même à scs débuts ; elle agrandissait les forces de chacun en y joignant une part de sa propre force ; à ces littératures qui se formaient, elle présentait un modèle de plus : l'Italie. Ce point est essentiel à noter ; il me servira plus lard à mieux apprécier et à définir plus nettement le caractère et le rôle de la littérature italienne.
Des circonstances, la plupart malheureuses pour l'Italie, accélérèrent son mouvement d’expansion et facilitèrent son influence en Europe. Si elle eut beaucoup à pleurer, si le chant italien dut commencer par les larmes, suivant l'expression du poète Leopardi, scs larmes du moins ne furent
pas infécondes; Dante les recueillit dans ses vers et leur donna l'éclat et la solidité du diamant. Toujours envahie, toujours vaincue par les étrangers, Allemands, Français, Espagnols, toujours elle les renvoya au-delà des Alpes ou de la Méditerranée, courbés sous le poids de ses richesses littéraires encore plus que de ses richesses matérielles, et devint la maîtresse de ses vainqueurs au même titre que la Grèce l’avait été autrefois do Home. Elle avait la beauté, elle subit la violence, et s’en vengea noblement par l'admiration qu’elle inspirait et ce désir instinctif d’imitation ou cette ardeur sympathique que la contemplation de la beauté excite toujours au fond des cœurs.
Au reste, ces invasions si souvent renouvelées ne sont qu’une des causes, et c’est la plus connue, de la domination intellectuelle de l'Italie à l’époque de la renaissance. Il en est d’autres dont il faut aussi tenir compte. La plus importante de toutes, selon moi, c’est la constitution religieuse de l’Europe. Sans doute, cet élan spontané des esprits vers la science et la poésie antiques, qui les émancipaient de la longue contrainte du moyen-âge, devait donner une autorité considérable à celle des nations européennes qui prouverait la première par des chefs-d’œuvre la puissance créatrice du génie moderne ; sans doute, les relations diplomatiques et commerciales, non moins que les guerres, ne pouvaient manquer de porter de tous côtés ces œuvres si dignes, par leur perfection relative, de servir de modèles à des imaginations moins avancées ; mais de plus il y avait, dans l’organisation hiérarchique du catholicisme, dont le siège était à Rome, une occasion permanente de voyages, d'ambassades, de missions de toute nature, qui attirai! en Italie les cardinaux et les autres prélats de la chrétienté , et à leur suite
la plupart «les beaux-esprits et des intelligences cultivées, c'est à dire à peu près tout ce qu’il y avait en Euro|>c d'hommes préparés à recevoir et à propager au dehors Fin llucnce italienne. Je ne parle pas ici de la protection bienveillante accordée par certains papes aux lettres cl aux arts; je me borne à signaler comme un fait des plus remarquables cette énergique concentration de l'unité catholique, dont l'action ne saurait pas plus être contestée à la renaissance qu'au moyen-âge, bien quelle se soit peut-être exercée cette fois en sens inverse de la première.
Les lettres et les arts profitèrent donc, dans toute l'Europe, de ces relations nécessaires entre la papauté et les diverses nations qui composaient la république chrétienne Nulle part ces relations ne fuient plus suivies et plus productives qu’en France. Pendant toute la durée du X\T siècle, les écrivains français visitent l’Italie ; ils en reviennent plus ardents à l'œuvre et plus riches à coup sûr de formes élégantes et souples qu’ils ne l'étaient au départ. Si les deux Marot passent les monts, le premier avec les années de Louis XII, le second avec celles de François 1", et Ronsard pour je ne sais quelle mission diplomatique ; si Montaigne, fidèle à scs habitudes d'indépendance, voyage en Italie pour son plaisir ou son instruction, sans qu’aucun devoir déterminé l'enchaîne, Rabelais, Du Bellay, Desportes, Balzac et bien d’autres y sont attirés ou retenus par les fonctions qu'ils remplissent dans la maison de hauts dignitaires ecclésiastiques. Ils voient de près les poètes italiens cl les chefsd’œuvre des beaux-arts. A Rome, dit Balzac, on est à la source des belles choses ; l'air du mont Palatin ou du Capitole inspire de grandes pensées, et il suffit de rêver deux heures au bord du Tibre pour être aussi savant que si l'on
avait étudié huit jours’. Ce que Balzac exprime avec son emphase habituelle, tous les autres le sentent, même quand ils disent le contraire. Ils ne rapportent pas des impressions morales, ce qui n était guère possible ; ils maudissent ou raillent au retour la corruption italienne, qui ne les a peutêtre pas épargnés eux-mêmes, et, comme le dit Voiture après un voyage au-delà des Alpes, « ils ne sont pas devenus plus hommes de bien à Rome»; mais en revanche, ils rentrent chargés d'harmonieux sonnets et de molles chansons. Rabelais revient probablement plus bouffon qu’il n’était parti ; mais Du Bellay et Desportes y ont puisé plus de grâce, de charme et de douceur, ce qui est sans doute une compensation.
Dès longtemps, au reste, les écrivains distingués de l’Italie étaient venus en France, les uns par volonté, les autres par nécessité: Dante, pendant ses dures années d’exil ; Pétrarque, dans ses voyages et ses missions officielles ; Boccace, lui, était né à Paris d’une mère française; Machiavel y avait séjourné comme représentant de la République florentine; Alamanni, l’auteur du poème de V Agriculture, y avait été jeté par les hasards des révolutions; plus lard, le Tasse y vint à la suite du cardinal d'Este, et Marino, appelé par la reine Marie de Médicis. La France et l’Italie s’envoyaient donc mutuellement leurs beaux-esprits, leurs poètes, leurs penseurs, et il résultait de toutes cas communications un échange continuel d’influences morales et littéraires. La France donnait à l’Italie des sujets de contes ou de nouvelles, fruit® précoces et piquants de l’esprit gaulois, des récits
1 Lettres, liv. IV, lett. XXVIII. — On peut lire les Mémoires de Goethe ; on verra l’effet produit sur lui par Rome et l'Italie.
chevaleresques inspirés par l'héroïsme guerrier et l'enthousiasme religieux du moyen-âge, naïfs essais d’un génie encore indécis et confus, mais vigoureux et fécond, qui devaient bientôt sous la plume du Pulci, du Bo'iardo, de l’Ariostc, se transformer en une railleuse et brillante épopée ; mais l'Italie avait dès lors autre chose à donner à la France en retour de ses emprunts ; elle avait à lui présenter des modèles rapprochés do la beauté antique, qu’elle avait la première retrouvée, comprise, interprétée, ]>oursuivie avec passion et habilement imitée.
Les alliances de nos rois avec la famille des Mëdicis complétèrent cette action de l’Italie sur la France et l’enracinèrent, pour ainsi dire, dans notre sol. François 1er avait attiré à sa cour des artistes de choix, Léonard de Vinci, Benvenuto Cellini, André del Sarlo, le Ilosso, le Primatice; Catherine de Médicis implanta l'Italie tout entière avec sa politique, sa littérature et sa langue, au cœur même de notre pays. Il y eut en ce moment une véritable invasion des modes, du langage, et malheureusement aussi des moeurs de l'Italie, qu'accrurent et propagèrent àl'envi les calculs de la politique cl les habitudes adulatrices de la cour. Quoi d’étonnant d’ailleurs qu’une reine jeune, intelligente et belle, répande autour d'elle les goûts littéraires et la langue de sa nation, surtout quand cette reine, ou Catherine ou Marie, appartient à la famille lettrée des Médicis, et qu’il s’agit de faire aimer aux étrangers ces doux poètes de l'Italie, échos mélodieux de la patrie lointaine? Que l'on ajoute à celle influence, qui n’eût rien eu de bien fatal si elle s’était arrêtée là, l'empressement banal des courtisans, ces adorateurs fervents de tout astre qui se lève, on comprendra facilement que cet engouement ait été poussé aussi loin que possible, car il avait l’intérêt pour base.
Les deux ouvrages d'Henri Lstienne : Dialogues du nouveau français italianisé et la Précellence du langage francois' , nous prouvent jusqu’où allait la fureur de l’imitation et le besoin de réaction qui se faisait sentir dans le domaine purement littéraire, comme la Saint-Barthélemy est le vivant et funeste témoignage de cet empirisme politique qui tendait alors à pervertir le caractère français, sans toutefois pouvoir y parvenir. Tandis que la conscience publique s’indignait contre cette atroce boucherie, le bon sens national protestait de son côté contre les excès de langage de maladroits imitateurs. Sous cette nation artificielle, qu’entraînait l’ambition ou la mode, il y avait la vraie France, qui ne pouvait pas plus admettre un massacre comme moyen do gouvernement qu’une ridicule affectation de formes étrangères comme moyen d’enrichir la langue ou de la réformer. « Je sçay bien, dit Balzac dans une de ses lettres, que les esprits de France sont ennemis de toutes sortes de chaisnes, et que douze cents ans de monarchie ne leur ont pu faire perdre la liberté, qui leur est aussi naturelle que la vie’. » Le mal se trouvait donc à côté du bien, l’abus à côté de l'usage; mais n’en est-il pas toujours ainsi? et tous les grands changements qui s’opèrent dans la constitution des peuples, aussi bien que dans celle des individus, ne sont-ils pas des crises, le plus souvent violentes, même lorsqu’elles sont le plus salutaires? Sans la passion, qui nous fait dépasser le but, pourrions-nous jamais l’atteindre? Non, sans doute, et il n’y eut là, du moins au point de vue littéraire,
1 Voir, h ce sujet, le savant Essai sur Henri Esticnne. que M. Léon Feugère a placé en tête de son édition de la Conformité du langage français avec le grec.
’ lettres , liv. IV. lolt. XXV
que cette portion d'erreur et d’excès qui semble l’inévitable condition de tout progrès humain, dans quelque sens que ce progrès s’accohiplisse. Cela note rien à la légitimité de l’influence exercée par la littérature italienne sur la littérature française, je dirai plus, à sa nécessité, qui paraîtra claire à tous les yeux, si je parviens à lui donner dans mes paroles une partie seulement de l’évidence qu’elle a dans mon esprit.
Mais avant de rechercher les traces de cette influence, de déterminer ce qu’elle eut de bon, c'est à dire de spontané et de naturel, et de lui assigner scs limites raisonnables, il faut nous rendre compte des rapports et des différences qu’offraient, dès l’origine, le génie et la situation des deux peuples, soit dans l’ordre social, soit dans l’ordre intellectuel, et principalement à l’époque où la littérature de l’un commença d’agir sur la littérature de l’autre.