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tollendo virtuteni, effecit animos vulgi cupidos novitatis, in suiim excitando favorem adjuvantibus tribunis plebis. Nam eo tempore, inter patres et populum, studio dominationis, erant excitata certamina. Ita factum est ut, quasi in perniciem nobilitatis quam lacerabat injuriis, Marins novis extolleretur honoribus. Itaque comitiis consularibus, universus populus, qui ad eligendum convenerat, Marium consulem jussit ; et ereptâ Metello provinciâ, in Numidiam missus est.
Is accepto consulatu quasi spolium victoriae superatis patribus ostentabat, apertèque se eorum potentiae profitebatur adversum. Sed cum militem novum scriberet, primum oinnium(i), capite censos cives, infidos atque inutiles duxit ad bellum ; ut hâc ratione, cum publico detrimento , populo gratiam redderet a quo speratos honores acceperat. Nam populus romanus per classes divisus erat, et pro patrimonii facultate censebatur. Ex iis omnes quibus res erat ad militiam ducebantur. Diligenter enim pro victoriâ laborabant, qui (2) ex libertate bona patriam defendebant. Illi autem quibus nullaeopes erant, caput suum quod solum possidebant, censebantur, et belli tempore
(i)Ne faut-il pas lire: primas oinniiini P Marius fit alors ce qu'aucun chef n'avait osé avant lui. J'ai traduit en ce sens.
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l'appui (les tribuns du peuple, il inspira à la multitude le désir d'un changement dont il devait profiter. La soif de la domination excitait, à cette époque, des luttes fréquentes entre le sénat et le peuple. Voyant dans Marins le fléau des nobles, qu'il déchirait par de continuelles invectives, le peuple l'éleva à de nouveaux honneurs. Réuni aux comices pour l'élection des consuls, il le choisit unanimement; et arrachant à Métellus la Numidie , assigna cette province au nouveau consul.
Marins, revêtu du consulat, s'en parait comme de la dépouille des vaincus , aux 3'eux des sénateurs abaissés, et se déclarait ouvertement l'adversaire de leur puissance. Pour recruter son armée, il osa le premier enrôler des prolétaires , des citoyens sans garantie personnelle, et jusqu'alors sans valeur dans l'Etat. Ainsi, aux dépens de l'intérêt public, il se montrait reconnaissant envers la multitude qui, secondant son espoir, l'avait élevé aux honneurs. Car les citoyens de Rome étaient divisés par classes, et recensés suivant la valeur de leur patrimoine. Tous les propriétaires servaient dans l'armée. Ils combattaient énergiquement pour la victoire, ceux qui avaient en même temps à défendre leur patrie, leurs biens et leur liberté. Ceux, au contraire, qui n'avaient point de propriétés, n'entraient dans le cens ([uc pour leur personne, le seul bien qu'ils possédassent. En temps
(2) Ici le texte est altéré : j'y ai suppléé de la manière qui m'a paru la plus plausible.
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in moenibus residebant. Facile enim poterant existere proditores : quia egestas facile liahetur sine damno(^\). Hos igitur Marins , qiiibus non fiierat respublica committenda , duxit ad bellum.
Sed forte L. SuUam legatiim, unum de nobilibiis, in provinciam duxit (2); atque ibi confecto féliciter bello et Jugurthâ capto, ad urbem rediére victores. Atque statim virtute cognitâ, Marins in Galliam missns, quae tune romanos fines hostili incursione vexabat.
Eodem tempore Mithridates, cnm magnis copiis, universam Asiam urbesque sociorum expugnando atque vastando coepit adfligere. Ad quem coercendum L. Sulia est cum exercitu destinatus, cujus in africano bello probata erat corporis atque animi magnitudo(3).
Hoc ubi Mario compertum est, terminare quod gerebat praelium festinavit; et liomo infinifae cupidus gloriae, non patiebatur libertatem dignitatemque romanam alterius virtute defendi. Coiitu-
(i) Sallust. Catilin., cap. xxxviii. Dans le texte d'Exsuperantiiis, on lit : Egestas haiid facile , etc. La faute de copiste est évidente.
(a) Marins n'avait point emmené Sylla, et ne l'eut jamais pour lieutenant. Il avait déjà remporté de grands avantages sur Jugurthâ , lorsque Sylla lui fut envoyé comme questeur, avec un renfort de cavalerie.
(3) Le texte est mutilé et altéré. Corporis .... nitignitialo forme
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de guerre, on les retenait clans les murs de la ville, comme trop exposes à devenir des traîtres, car la pauvreté na rien à perdre. Le consul n'hésita point à enrôler de tels hommes, à qui l'on n'aurait jamais dii confier la défense de la patrie.
Le destin voulut que Marins emmenât en Numidie, comme son lieutenant, L. Sylla, qui appartenait au parti des nobles. Après avoir heureusement terminé la guerre et fait Jugurtha prisonnier, tous deux rentrèrent vainqueurs dans Rome. Aussitôt, grâce à sa supériorité reconnue, Marius fut envoyé dans les Gaules , dont les peuples faisaient à main armée une irruption sur les frontières romaines.
Dans le même temps, Mithridate, à la tête d'armées nombreuses, prenant et saccageant toutes les villes alliées des Romains , désolait l'Asie entière. On choisit, pour le repousser, L. Sylla, qui, dans la guerre d'Afrique, avait donné des preuves de son activité et de l'étendue de son génie.
Marius l'apprend et se presse de terminer la guerre ([u'il dirigeait. Cet homme, avide d'une gloire sans bornes, ne peut souffrir qu'un autre ait l'honneur de défendre la liberté et la dignité romaines. Pour la seconde fois, il rentre vainqueur dans Rome, après
un sens ridicule : j'ai lâché d'en trouver un raisonnable. On remarquera que, dans ce qui suit, l'auteur commet un anachronisme de treize années, en plaçant le commencement des démêlés entre Sylla et Marius, immédiatement après le triomphe de Marius vainqueur des Cimbres
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sis igitur Gallis , vastatâque natione penitus barbaroriim, Romam iteriim victor inlravit.
Itaqiie instinctu ejus Sulpicius tribunus plebis legem tiilit ut aiiferretur Sullae provincia ac Mario daretur. Hoc Sullae ubi nuntiatum est, Murenam legatum suum provinciae Valerianisque praefecit militibus quos infidos bellis existimabat esse civilibus; et cum parte exercitus, injuriae dolore commotus, ad extinguendam Marianam venit factionem.
Statim ut Romam venit, resistentem Sulpicium et seditiosis concionibus romanum populum disturbantem, cum multis quos sibi socios adsciverat, trucidavit : atque Marium ipsum machinatorem tantae contumeliae, in exsilium impetu detrusit armorum : atque ille quotiens victor, per Gallorum atque Afrorum rura quae ipse vastaverat, naufragus atque egenus erravit.
Dum haec aguntur, Cinna et Octavius facti sunt consules : quorum Cinna de partibus Marianis fuit. Hic legem tulit ut novi cives, qui aliquâ ratione roraanam acceperant civitatem, cum veteribus, nullâ discretione suffragium ferrent. Hoc videlicet in eorum gratiam faciebat qui Marium suis suffragiis extulerant, et amplissimis honoribus decorârant. Sed haec lex injuriosa erat in veteres cives qui meritum dignitatis videbantur
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avoir écrasé les Gaulois et exterminé la nation presque entière de ces barbares.
A son instigation, Sulpicius, tribun du peuple, fait passer une loi qui rappelle Sylla d'Asie, et y envoie Marins. A cette nouvelle, Sylla laisse à Murcna, son lieutenant, le commandement de la province et les troupes de la division de Valérius dont il ne se croyait pas assez sûr pour les employer dans la guerre civile. Plein de ressentiment d'un tel outrage, il marche avec le reste de son armée pour anéantir le parti de Marius.
Il arrive à Rome. Sulpicius voulait lui résister, et, par ses discours séditieux, soulever encore le peuple: il le fait égorger avec une foule de ses complices. Marius lui-même, l'auteur d'une si grande injure, fut contraint de fuir, dans l'exil, les armes victorieuses de Sylla; et ce chef tant de fois vainqueur, victime du naufrage et manquant de tout, erra dans les campagnes de la Gaule et de l'Afrique, naguère ravagées par ses mains.
Cependant Cinna et Octavius parviennent au consulat ; le premier était du parti de Marius. Il fait passer une loi pour que les citoyens nouveaux votent sans distinction avec les anciens , de quelque manière qu'ils aient obtenu le droit de cité. Cette mesure était favorable à ceux dont les suffrages, dévoués à Marius, l'avaient élevé aux dignités suprêmes. Elle offensait les anciens citoyens, qui se croyaient déchus de leurs droits honorables, si l'on égalait à leurs suffrages les
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aniittere, si CLiin novis indignis in ferendo suffragio jiingerentiir.
Ob hoc ita({iie Octavius conlega commotus, ut seditionibiis privaretur, coiilegam siium Cinnam, adnitentibus veteribus civibus, in exsiliiim misit armatus, munitiis videlicet copiis SiiUae. Quae cum agerentiir, maximus, ex utrisqiie partibus, civium numenis interemptiis est.
ExpulsusigiturCinna cinnvagaretur^adAfricam, ubi Marins inops erat , forte pervenit : atque ibi commnnicato consilio , sollicitatis animis perditoruni, et de ergastulis erutis servis, exercitum confecerimt ; et armatâ validissimâ manu juventutis ad urbem venerunt, atque Octavium Sullae satellitem superatum necaverunt. Tune varia crudelitas pervagata est, ut nobilitas omnis ad fugitivoruin trucidaretur arbitrium : atque eo immanis saevitia Cinnae fuit, ut nec illis parceret quorum operâ erat victor effectus. Et cum hâc insolenliâ in omnes communiter baccharetur, cum haberet conciones, a militibus occisus est. Tum Marins, ne sine socio dominatum sustinere non posset , in locum Carbonem sibi in septimo consulatu conlegam subrogavit (i).
(i) Ici et dans ce qui suit, Exsuperantius s'éloigne beaucoup de l'histoire. Marius, consul pour la septième fois, mourut de maladie, peu après son retour à Rome; et Valerius Flaccus lui fut subrogé. Cinna périt, ayant Carbon pour collègue dans son qua-
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suffrages d'hommes nouveaux, indignes d'une telle faveur.
Partageant leur ressentiment, et fort de leur concours, le consul Octavius, pour prévenir de nouvelles séditions, se met à la tête des troupes que lui avait laissées Sylla, et, par la force des armes, contraint son collègue à s'exiler. Ces mouvements coûtèrent la vie à un très-grand nombre de Romains de l'un et, de l'autre parti.
Cinna , fugitif, est conduit par le sort en Afrique, où Marins errait impuissant. Ces deux hommes concertent leurs projets; ils soulèvent les gens sans aveu, brisent les fers des esclaves, se forment ainsi une armée jeune et formidable. Ils marchent sur Rome ; ils vainquent et massacrent Octavius, partisan de Sylla. La ville aussitôt est en proie à tous les genres de cruauté. Au gré de deux fugitifs, périssent les plus illustres citoyens. Telle était la barbarie de Cinna, qu'il n'épargnait pas même ceux qui avaient contribué à sa victoire. Tandis qu'il sévissait contre tous avec une égale férocité, Cinna périt, massacré par ses soldats à l'instant où il les haranguait. Craignant de ne pouvoir supporter seul le fardeau du pouvoir. Marins subroge Carbon à Cnma, poiu' être son collègue dans son septième consulat.
U'ièine consulat. Carbon, pour la troisième fois, et Marius le fils étaient consuls lors du combat où Sylla fut vainqueur. Le jeune Marius ne tomba point sur le champ de bataille : étant assiégé dans Prénesie, et sur le point d'être fait prisonnier par Lucretius Ofella , lieutenant de Sylla, il se donna la mort.
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Tiim Siilla, tantâ indignatione commotus, contra Marium atque Carbonem exercitum duxit; et inter se, ferali certamine, romani exercitus conflixére. In quo bello siiperatus est Marins. Tu m vero Siilla victor quidqiiid in urbe remanserat, crudeliter persecutus est , et rempublicam vindicatani non reddidit legibus, sed ipse possedit : ac setalem praebiiit, utCinnana ac Mariana, qiiod ultum erat, dominatio quaereretur. Hinc Sallustius : Bonis initiis malos eventus /iri/mft(i). Nam fuerimt bona principia quod oppressam voluit civium defendere libertatem; mali eventus, quod superatis dominis et ducibus saevis, gravius ipse civitatem quassavit qui se publicae calamitatis fore promiserat defensorem.
Hic cum teneret imperium , multas leges ac jura praescripsit; multas civitatibus immunitates vectigalium dédit, miiltos romanâ civitate donavit. Hujus acta dum conatur Lepidus in suo consulatu subvertere, contra conlegam Catulum praelium civile gessit et victus est.
Nam congregatis iis in quorum possessionesnovos colonos de suis militibus SuUa victor immisit, ac sibi conjunctis liberis proscriptorum, ingentem congregavit exercitum; pollicendo, si vicissent, se bonapatriarestituturum. Plebi quoque multis mu^
(i) Sallust. Cntilin., cap. xi.
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Excité par l'indignation générale, Sylla conduit ses troupes contre les consuls; et dans cette lutte désastreuse, on voit se combattre deux armées romaines. Le parti de Marias succombe, Sylla triomphant poursuit avec fureur tous ceux qui étaient restés dans Rome, et la république affranchie par ses armes, il ne la rend point aux lois; il s'en empare; il se montre tel enfin , qu'il fait regretter cette même tyrannie de Marins et de Cinna qu'il était venu punir. Aiiisi y dit Salluste, a un début louable, Sjila fit succéder une issue criminelle. Le début fut juste, puisque Sylla s'armait pour rendre la liberté aux citoyens opprimés ; l'issue fut coupable, lorsque, vainqueur des tyrans et des chefs d'assassins, il porta des coups plus cruels à la patrie, lui qui s'était annoncé comme le vengeur des calamités publiques.
Sylla, pendant la durée de sa domination, fit un grand nombre de lois et de règlements ; il accorda à plusieurs villes des exemptions d'impôts , et à une foule d'individus le droit de cité romaine. Les tentatives du consul Lépidus pour abroger ces actes, suscitèrent, entre lui et son collègue Catulus, une guerre civile où le premier succomba.
Lépidus avait rassemblé une armée nombreuse. Il appelait sous ses drapeaux tous les enfants des proscrits, tous ceux dont Sylla avait distribué les biens à ses soldats; et promettait, pour prix de la victoire, de les faire rentrer dans l'héritage de leurs pères. Comme magistrat et comme particulier, comblant le peuple de largesses, il avait conquis sa faveur, et pas-
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neribus, publiée privatimque largitus , cariis videbatur, ac publicae libertatis adsertor.
Sed in Etruri littore commisso praelio , coeperat Lepidus esse siiperior, per armatam multitudinem qiiae, odio rerum Sullanaruni , se Lepidi partibus adplicârat. Sed Pompeius , de Galliâ rediens, non passus est Lepidi audaciam cum publias detrimentis impune bacchari. Nam fugientes ejus copias ac se implicantes festinatione formidinis , ita prostravit, ut majore numéro privatus in Sardiniam confugeret; ut impedito commeatu, populum romanum fatigaret inopià, ac suas vires armis, copiisque et omni instrumento reficeret. Atque ibi contrario propraetore ( i ), variis praeliis gravibusque conflixit. Nam sollertissime tutando provinciam, effecit ut Lepidi consilia vana forent. Undique enim prohibitus et munitionibus ac civitatum expugnatione depulsus nequivit cogitata perficere. Ac dum multa parât , morbo gravi oppressus et mortuus est.
Cujus socius et administer Perpenna, ob delictum tanti facinoris supplicium timens, ex Sardiniâ in Hispaniam transvectus est, ac se Sertorio sociavit, qui tum romanis armis quassabat imperium. Nam hic Sertorius de Marii partibus fuit. Nam Norbano et Scipione consulibus, cum ex
(i) Ce propréteur était Valerius Flaccus.
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sait près de lui pour le soutien de la liberté publique.
Dans un combat engagé sur la cote d'Etrurie, Lépidus eut d'abord l'avantage, fort de la multitude qu'attirait dans son parti le ressentiment des injustices de Sylla. Mais Pompée, qui revenait en ce moment des Gaules, ne permit pas que l'audace de Lépidus triompbât aux dépens de l'intérêt de tous. Il fond sur ses troupes en désordre; et tandis que l'effroi et la précipitation embarrassent leur fuite, il les taille en pièces , en sorte que Lépidus , ayant perdu le plus grand nombre de ses soldats, est contraint de fuir en Sardaigne, Là, il espérait, en interceptant les navires chargés de blé, fatiguer par la disette le peuple romain, et renouveler ses forces en armes, en troupes et en munitions de toute espèce. La fortune varia dans plusieurs combats importants qu'il livra au propréteur de Sardaigne. Celui-ci défendit si habilement sa province, que, contrarié dans tous ses desseins, trouvant partout des obstacles, repoussé devant les citadelles et les camps fortifiés qu'il attaquait, Lépidus ne" put atteindre son but. Et tandis qu'il se préparait à de nouveaux efforts, accablé d'une maladie grave, il cessa de vivre.
Perpenna, son complice et son lieutenant, redoutant les peines dues à un crime si grand , fuit de Sardaigne en Espagne, auprès de Sertorius, qui, à la tcte d'une armée romaine, agitait encore l'empire. Sertorius avait été du parti de Marins. Sous le consulat de Scipion et de Norbanus, lorsque Sylia ani-
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Asiâ Sulla contra Marium atque factionem veniret infestus, timens senatus iram , ne malo publico certamina inter duces orirentur, statuit ut curarent consules ne respuhJica acciperet dctriinentiim. Hoc itaque senatusconsullo excitati consules, contra venientem Sullam atque omnibus exitium minitantem, praesidia sibi cujusque generis parare coeperunt, et duces idoneos ad quorum industriam pertineret cura bellorum ; in queis elegére Sertorium.
Parato validissimo exercitu processêre; et vêtante Sertorio , conloquia consules permiserunt inter suum et Sulla e exercitum , et facta proditio est, omnisque exercitus Sullae traditur. Tune Sertorius destitutus, atque omni copiarum nudatus auxilio, in Etruriam confugit, iram metuens Sullae, ne exigeret gravem de superato hoste vindictam. Erat autem Etruria fidissima partibus Marianis , qui ab ipsis romanam, quam antea non habebant , acceperaijt civitatem. Timentes igitur Etrusci, ne beneficium tantae dignitatis,a Marianis acceptum, Sulla revocaret, si adversae partes essent amputatae, penitus ad Sertorium se atque alios ejusdem factionis duces adplicârunt, omnia quae imperarent, sine recusatione promittentes esse facturos. Itaque factum est ut rursus firmissimus XL cohortium comportaretur exercitus. Nam et multi milites qui se venienti Sullae
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vait d'Asie plein de fureur contre Marius et contre la faction qui le soutenait, le sénat craignit l'effet de sa colère; et pour empêcher qu'une lutte entre les chefs ne mît l'Etat en péril , il ordonna aux consuls de veiller à ce que la république ne reçût aucun dommage. Armés de ce décret, les consuls, pour s'opposer à Sylla, qui s'approchait respirant la perte de tous, réunirent tous les moyens de résistance, et choisirent des chefs habiles aux soins de qui l'on pût confier la direction de la guerre. De ce nombre fut Sertorius.
Les consuls s'avancent à la tête d'une armée trèsforte; et, contre l'avis de Sertorius, souffrent entre leurs soldats et ceux de Sylla des entretiens dont une défection générale devient la conséquence : l'armée entière passe sous les drapeaux de Sylla. Abandonné et dénué de troupes, Sertorius fuit en Etrurie la fureur de Sylla, et la vengeance terrible qu'il exercerait contre un ennemi vaincu. Cette province était fidèle aux partisans de Marius : elle leur devait le droit de cité romaine, dont jusqu'alors elle avait été privée. Craignant que Sylla, si ses adversaires succombaient, ne révoquât un bienfait d'un si haut prix^ les Étrusques s'attachent sans réserve à Sertorius et aux autres chefs du même parti , promettant d'obéir aveuglément à tout ce qui leur serait ordonné. Ainsi se forme de nouveau une puissante armée de quarante cohortes. Elle comptait dans ses rangs un grand nombre de soldats qui s'étaient livrés à Sylla lors de son arrivée , et qui , frustrés du prix de leur défec-
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tradiderant, frustrationis , ad priorum ducum castra reverterunt, quae ante prodiderant.
Inter haec , facti sunt Marius septies (i) et Carbo consiiies. Tune Sertorius, de Marii potestate securus, Roniam venit et omnium coepit accusare segnitiem , et ex multis promptissimis factis, Sullae industriam virtutemque laudare, cui nisi obviam iretur, actum jam ac debellatum foret.
Tum consules, principesque alii factionis, tanto verborum pondère castigati, sive ut aemulum ac vehementem negiigentiae correctorem ab oculis reraoverent, sive ut feroci provinciae, cujus infidelitatem timerent, idoneurn praeponerent ducem, misère in Citeriorem Hispaniam, eique mandatum est, ut transiens res in Galliâ Transalpinâ componeret. Sed ubi in provinciam venit, ita strenue sociorum animos, jam déficientes atque alia cupientes , in favorem partium suarum, modeste tuendo ac blandiendo perduxit, ut et carus esset et tamen ab omnibus timeretur.
Sed in urbe SuUa et Marius conflixére atque in ipso certamine Marius interemtus est; Carbo perditis rébus aufugit(9.). Tum Sertorius commissis atque deletis partibus quas sequebatur, optimum consilium credens exercitumnon dimittere,nenudatus supplicia victoribus penderet, collecta Hispa-
(i) Voyez la note de la p. 84. — (a) Voyez la note tle la p. 84.
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tion, revenaient sous les chapeaux des ehefs qu'ils avaient trahis.
A cette époque, Marins, pour Ja septième fois, et Carbon furent nommés consuls. Alors Serlorius , assuré de la prépondérance de son parti, vient à Rome, et accuse la lenteur générale. En citant les actions les plus brillantes de Sylla, il exalte le courage et l'activité de cet ennemi ; il déclare que si l'on ne se hâte de le prévenir, c'en est fait, son triomphe est certain.
En butte à des remontrances si vives , les consuls et les autres chefs du parti, soit pour éloigner un rival et un censeur trop véhément de leur négligence, soit pour contenir, par la présence d'un chef redoutable, une province remuante et dont ils craignaient la défection , envoient Sertorius dans l'Espagne citérieure, et le chargent de régler les affaires de la Gaule transalpine, à son passage dans cette province. Dès son arrivée, Sertorius prit tant d'ascendant sur l'esprit des alliés, déjà ébranlés et prêts à changer de parti; il les attacha si fortement au sien et par ses caresses et par la sagesse de son gouvernement, qu'il fut bientôt universellement chéri et pourtant redouté.
Cependant Sylla et Marius avaient combattu sous les murs de Rome : Marius périt dans la bataille ; Carbon, entièrement défait, prit la fuite. Après la ruine complète du parti qu'il avait embrassé, Sertorius crut prudent de ne point licencier ses troupes, et de ne point se livrer désarmé aux supplices que lui destinait le vainqueur. Rassemblant sous ses dra-
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niae multitiidine contra romanum exercitum statuit dimicare. Mortuo itaque Sullâ , hostem se publiciim professas est. Ad quem expugnandum missi Metellus atque Pompeius, qui eum gravibus atque assiduis pugnis adflixére. Qui tamen difficile vinceretur, nisi per conjurationem , in convivio a suis esset occisus. Postea Pompeius Perpennam subegit; Auxum, Clunium, Calagurrim civitates delevit, et faclis in Pyrenaeo tropaeis, Romam regressus est.
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peaux une multitude cFEspagnols, il n'hésite point à les opposer à une armée romaine, et soutient, après la mort de Sylla , le rôle d'ennemi du gouvernement. On envoya, pour le réduire, Métellus et Pompée. Il fut vaincu par eux, dans des combats importants et multipliés. On aurait, néanmoins, difficilement triomphé de Sertorius, si, dans un repas, il n'eût été assassiné par quelques-uns de ses partisans conjurés contre lui. Pompée soumit ensuite Perpenna; détruisit les villes d'Auxum , de Clunium et de Calagurris ; et rentra dans Rome après avoir érigé sur les Pyrénées un trophée de ses victoires.