‹ Essais de traductionsChapitre 25 sur 25 · Verres, suivant Asconius · texte numérisé non relu

Verres, suivant Asconius

10. — Le soupçon que Cicéron jette ici sur Antoine, était aussi vraisemblable que propre à frapper l'esprit des Romains, encore épouvantés du souvenir de Spartacus.

11. — Sous prétexte de donner au peuple des spectacles de gladiateurs, Catilina , et, à son exemple, Clodius et tous les mauvais citoyens s'entouraient d'une troupe de sicaires, à

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la tête desquels ils commettaient toutes sortes de violences. Voyez la défense de Miion par Cicéron , et l'histoire de ce fameux procès. D'ailleurs, ce spectacle, donné sans motif par une créature de Catilina , pendant sa candidature , était un moyen indirect de capter les suffrages, et pouvait motiver l'accusation de brigue.

12 — Tout ce passage est corrompu. La leçon adoptée dans les dernières éditions d'Asconius: « Quamobreni augere etiam mercedes si vultis , Q. Mutium conantem Icgem impedire, ut coepit senatus, consules, prohibete, » présente un sens clair, mais en contradiction avec la suite des idées. Le moyen d'augmenter le prix auquel se vendaient les suffrages [mercedes) n'était assurément pas d'en rendre la vente impossible, en faisant passer la nouvelle loi, malgré l'opposition de Mutius. J'ai traduit comme si le texte portait si non vultis; la particule négative , exprimée en abréviation par /i, se sera facilement perdue sous la plume d'un copiste inattentif.

13. — La loi Calpurnia, en vertu de laquelle, deux ans auparavant (l'an de Rome 687) avaient été condamnés, comme convaincus de brigue, P. Autronius et P. Sylla, consuls désignés. L'un et l'autre furent complices de Catilina dans ses deux conjurations [Sallust. Catil., 18 — 29).

14. — Antoine, à la tête de quelques troupes de cavalerie de l'armée de Sylla, dévasta l'Achaie ; il ne fut point étranger aux crimes des proscriptions; enfin, il descendit dans l'arène et parut dans les courses de char, dont Sylla donna le spectacle en l'honneur de la victoire.

1 5. — Voyez De la Demande du Consulat , note 19.

IG. — Voyez De la Demande du Consulat^ note 19.

17. — Je lis ici, avec Patricius : Quid tu potes in defensione dicerc? Quod illi? Quid, si illiea in sud defensinnr dixerunt quœ tibi diccre non licebil?

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18. — L. Luscius, centurion dans l'armée deSylla, condamné, peu de temps auparavant, pour la part active qu'il avait prise aux proscriptions.

19. — César (l'an de Rome 689), pour relever la mémoire populaire du parti de Marius , cita en justice et fit condamner les assassins qui avaient servi les vengeances de Sylla ; mais il épargna Catilina , le plus coupable de tous. En vain L. Paullus accusa de nouveau ce monstre pour les mêmes crimes, Catilina fut encore absous [Cicer. ad Attic.^ I, 16; Sallust. Catil. 31 ; Dio Cass., tom. 65).

20. — Telle était alors la corruption des mœurs, que plus d'un mari cherchait à surprendre des jeunes gens avec sa femme, afin de se venger de leur affront par d'infâmes plaisirs.

21. — Violaveris : il faut, je crois, lire avec Patricius, vi occupaveris , ou donner un sens équivalent au mot violaveris.

22. — On remarquera sans doute cette réticence singulièrement exprimée, neque alio nemine. Asconius pense qu'elle désigne Crassus, comme ayant été en secret l'âme de la conjuration de Pison et de Catilina. Suétone, en confirmant ce soupçon contre Crassus , lui associe César.

23. — Les éditions imprimées portent toutes quod avunculus nunquam impetrasset : « ce que ton oncle même n'eût jamais obtenu » , sans que rien nous fasse connaître cet oncle maternel d'Antoine ou de Catilina , que Cicéron semble mettre eu scène. Dans une note sur le commencement de cet alinéa , Asconius rappelle la part que prit Antoine aux courses de chars données par Sylla , et nous apprend que Boculus était un des plus fameux cochers du cirque. Il me semble donc clair : 1 ° que cette apostrophe s'adresse à Antoine ; 2" qu'il est question de Boculus dans le texte; 3° et qu'ainsi, l'on ne peut mieux faire que d'adopter la leçon proposée par Ant. Augustin,

évêque d'AIifi , et Sigomus^» quod a te Bocnlus, etc. « Cette ironie sanglante , qui , en rappelant une action honteuse d'Antoine, présente un cocher du cirque comme l'homme qui a le plus de pouvoir sur son esprit , est bien dans le goût de Cicéron.

24 — Collatio centuriarum. Les candidats qui réunissaient les suffrages d'un plus grand nombre de centuries qu'il n'était nécessaire pour décider leur élection , pouvaient en céder une partie à celui des autres élus à qui ils voulaient assurer un des premiers rangs. C'était un apport fait par plusieurs personnes à la fois, une mise en commun , une collation. Voyez sur la forme de cette concession le savant ouvrage de Grucchius (N. de Grouchi) de Comitiis liomanorum , lib. I, cap. 4.

25. — L'orateur venait de rappeler encore une fois la conjuration tramée par Pison, depuis questeur en Espagne, et par Autronius, Sylla et Catilina.

26. — Ce passage est absolument corrompu. L'apostrophe, Judices! appartient à un plaidoyer, et non à un discours prononcé devant le sénat. Plusieurs éditions portent jam emi-

sisse Quintumcjue Curium.... Cette dernière leçon semble

commencer une autre phrase ; aussi Schrévélius ( édition de Basle, 1637) ajoute-t-il en note: extremum deest. Il est impossible , on le sent , et heureusement peu important de garantir l'exactitude de la traduction. Ce Q. Curius, à qui la dignité de questeur avait donné l'entrée du sénat, est sans doute le même que Quintus [De Pet. Cons.., § III), cite comme l'ami de Catilina et d'Antoine.

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