‹ Essais de traductionsChapitre 7 sur 25 · DE MARUIS, DE LEPIDUS ET DE SERTORIUS · texte numérisé non relu

DE MARUIS, DE LEPIDUS ET DE SERTORIUS

On ne connaît de JuLins Exsupi-rantius que son nom et son ouvrage. Le premier semble indiquer un écrivain postérieur au deuxième siècle de notre ère, et le style du second ne dément point cette idée : mais on ignore à quelle époque il a vécu. Fabricius , dans sa Bibliot/ieca latina, se borne à dire de lui : Non satis exploratae aetatis.

Nous devons cet opuscule au savant Pithou. H le découvrit dans un ancien manuscrit (i), à la suite de la Conjuration de Catilina et de la guerre de Jugurtha : on peut le regarder comme un extrait des cinq livres à'histoire que Salluste avait

(i) .' Quod cum in vetcre quodani Sallustii codicc, l)cll() catiii- .. nario et juj^urthino in fine sit additum. Historiaruni Sailuslii bre- " viariiini (|iif)ddnm esse \iiletur. {Ex Biblinthrcd l'itlineand).

consacrés au récit des guerres civiles qui agitèrent Rome depuis la fin de la guerre des Cimbres jusqu'au triomphe de Pompée sur les restes du parti de ]VIarius(r); livres malheureusement perdus. Les fragments qui nous en restent indiquent la marche qu'avait suivie l'auteur. 11 est facile d'en ressaisir la trace dans le précis d'Exsuperantius , où l'on reconnaît aussi , indépendamment de deux citations textuelles, des tournures, des phrases, des pensées, qui ne peuvent appartenir qu'à l'auteur original.

Ces deux avantages donnent quelque valeur à l'opuscule d'Exsuperantius : quoique incorrect et réduit à des proportions trop petites, le croquis d'un grand tableau dont nous regrettons la perte, a des droits encore à notre attention.

Mais comment l'abréviateur s'est-il mis si fort en contradiction avec les autres historiens? Il prolonge la vie du vieux Marius jusqu'à la victoire de Sylla, et ne parle point de Marius le fils. Cette version étrange est démentie par tous les historiens, et en particulier par Tite-live(2), qui mourut sous Octave, c'est-à-dire, moins d'un siècle après les événements dont il s'agit. Elle ne peut

(r) Ausond Protreptic. vers 6i, 65.

(2) Voyez les Sommaires de Tite Live, communément attribues ;» Florus, livres 80 et 83-89.

être attribuée à Salliiste, à un contemporain de Catulus et de Pompée.

Cette erreur n'est pas la seule où soit tombé Exsuperantius. Nous le verrons, dès ses premiers pas , en commettre d'aussi peu excusables. Sans les emprunts évidents qu'il a faits à Salluste, on serait tenté de croire qu'il travaillait de mémoire, sur un auteur qu'il avait depuis longtemps perdu de vue.

C'est là ime preuve de plus de la négligence extrême avec laquelle les abréviateurs , trop communs dans les premiers siècles de notre ère(i), traitaient les originaux dont leurs extraits ont pu souvent accélérer la perte.

Le texte a été revu soigneusement sur les éditions de Gruter, de Sigibert Havercamp, de Janson et de Vulpius. On y rencontre de fréquentes lacunes, auxquelles je me suis efforcé de suppléer, mais seulement dans la traduction.

(i) Il paraît que Junius Maximus, contemporain de Stace , avait, avant Exsuperantius, écrit un abrégé de l'Histoire de Salluste (Stfit. Syli'., lib. IV, Sylv. 7, vers 55, 56.)

J. EXSUPERANTII

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