‹ Essais des matériaux hydrauliquesChapitre 15 sur 66 · DOSAGE DE LA CHAUX LIBRE · texte numérisé non relu

DOSAGE DE LA CHAUX LIBRE

tières bitumineuses qui existent dans un certain nombre de calcaires naturels ; il ne faut pas non plus trop prolonger cette opération dans le cas des chaux et des ciments finement moulus parce que l'acide carbonique de l'air peut se fixer en petite quantité sur la matière.

Dosage de la chaux libre. — !1 est intéressant, en vue de certaines études relatives à l'action de l'eau de la mer, de séparer, dans les ciments hydratés la chaux libre de celle qui est engagée dans des combinaisons, on peut le faire en utilisant les différences de tension d'effiorescence ou de solubilité de ces combinaisons.

J'avais d'abord proposé d'utiliser la propriété qu'a l'hydrate de chaux, de ne se décomposer qu'à température élevée supérieure à 3oo°, tandis que les autres hydrates sont complètement décomposés au-dessous de 200°. Mais il est pratiquement plus simple d'utiliser les méthodes par solubilité. Le ciment, finement pulvérisé, est mis en suspension et agilé, le mieux dans un petit broyeur à boulets, avec une quantité d'eau telle qu'elle renferme, après la fin de l'opération, environ o^\i de chaux par litre. On a en dissolution la totalité de la chaux libre tandis que l'on

n'a enlevé aucune partie de la chaux combinée, les silicates, aluminales et ferrites ne se décomposent qu'en présence de solutions beaucoup plus diluées de chaux. On titre alcali métriquement la liqueur de chaux obtenue.

Dosage de l'acide sulfurique. — Le dosage de l'acide sulfurique dans les chaux et ciments est un de ceux que Ton a le plus fréquemment à faire dans les usines parce que les cahiers des charges de réception limitent généralement la teneur en acide sulfurique à un certain maximum et que, d'autre part, cette teneur est très variable avec les conditions de la fabrication, avec la nature des combustibles employés ou la température de cuisson. Ce dosage est une opération un peu délicate et souvent les méthodes employées dans les usines sont tout à fait inexactes ; le plus simple, bien que la méthode ne soit pas rigoureusement exacte, est d'attaquer la matière par un excès d'acide chlorhydrique dilué dans cent volumes d'eau et de chauffer à Tébullition pendant une heure environ de façon à dissoudre la totalité du ciment. Cette dissolution de la totalité du ciment est une condition indispensable pour obtenir la dissolution de la totalité de l'acide sulfurique; le procédé d'at-

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taque par le carbonate d'ammoniaque quelquefois employé^ par exemple, qui aurait le grand avantage de ne pas dissoudre de silice, conduit à des résultats tout-à-fait inexacts parce qu'une partie de l'acide sulfurique reste emprisonnée dans les grains de ciment non dissous et échappe à l'action du réactif.La dissolution chlorhydrique, obtenue comme il vient d'être indiqué, est additionnée de chlorure de baryum que l'on recueille et pèse comme d'habitude. Le défaut de cette méthode est qu'une partie de la silice a pu entrer en dissolution dans l'acide chlorhydrique et se reprécipiter sur le sulfate de baryte. On peut, pour éviter cette cause d'erreur, évaporer le liquide à sec de façon à rendre la silice insoluble, ce qui allonge un peu l'opération et peut exposer à quelques pertes d'acide sulfurique par volatilisation. Ces deux méthodes comportent donc des causes d'erreur.: l'une par excès, l'autre par défaut; cependant, en pratique, les résultats obtenus sont sensiblement concordants et suffisamment précis pour les besoins de la pratique industrielle.

On a, dans ces derniers temps, recommandé, pour l'analyse des silicates, l'acide formique qui aurait le grand avantage de ne pas dissoudre la silice et dispense de l'évaporation à sec, L'atta-

que du ciment est plus lente qu'avec racide chlorhydrique.

On peut se proposer de doser séparément Tacide sulfurique préexistant dans le ciment et Tacide sulfurique ajouté comme plâtre pendant la mouture. On utilise, dans ce but, la moindre densité du plâtre et on le sépare au moyen des liquides lourds, de densité 2,9, et on analyse parallèlement la partie surnageant du ciment qui ne doit pas dépasser 10 ^/q du poids total du ciment et la partie tombée au fond. La comparaison des quantités d'acide sulfurique contenues dans les deux parties permet de calculer très simplement celle qui a été introduite à l'état de plâtre, laquelle se trouve en totalité dans le résidu surnageant.

Dosage des alcalis. — Les calcaires marneux renferment très fréquemment des alcalis, il n'est pas rare de trouver dans les résidus argileux de ces calcaires, après dissolution du calcaire dans Tacide, une proportion de potasse s'élevant jusqu'à 3 et 4 Vo ^® représente 1 ^/opar rapport au poids du ciment ou de la chaux fabriqués. Le plus souvent, il est vrai, cette proportion d'alcali est moindre et, dans certains calcaires même, elle paraît être absolument nulle. Ces

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