CHAPITRE II
Si les déformations sont très rapides, il est commode d'enregistrer sur un cbronographe à plumes les temps de passage des traits de l'échelle {centimètres par exemple) sur le réticule de la lunette. On peut employer un chronogra plie genre Mor-se â régulateur et à deux plumes : l'une enregistre la seconde donnée par une horloge ou un appareil spécial, l'autre enregistre les passages par le moyen de la rupture ou de la fermeture d'un courant à l'aide d'un manipulateur (genre Morse mais très léger) que l'observateur manœuvre d'un doigt.
Comme on voit, les appareils précédents sont de la plus grande simplicité : ils peuvent acquérir dans des mains exercées une incomparable précision ; mais l'ensemble de tous ces appareils, si simples qu'ils soient, constitue une installation longue et compliquée dont on ne se rend bien compte qu'en essayant de la faire.
17, — Enregistrement. — On peut enregistrer les allongements par un procédé très commode. Il faut d'abord imposer à un cylindre enregistreur une vitesse uniforme. On peut évidemment trouver dans le commerce des cylindres mus par des mouvements d'horlogerie ; mais outre qu'ils sont coûteux, ils ont le grave défaut de ne pas tourner généralement avec la vitesse qui convient le mieux à l'expérience particulière que l'on réalise,
II est préférable, pour faire tourner le cylindre (fig. i3). d'utiliser un flotteur F. Le vase cylindrique V est rempli par un écoulement uniforme obtenu comme il a été dit plus haut : le flotteur monte donc proportionnellement au temps. Une cordelette , attachée au flotteur, passe sur le cylindre enregistreur, fait un tour et demi et est
tendue par le contrepoids O. On obtient ainsi un mouvement aussi uniforme que s'il était produit par des rouages mécaniques et dont on peut faire varier la vitesse dans des limites écartées.
Le cylindre enregistreur est couvert d'un papier quadrillé. Reste à déplacer un crayon d'une longueur égale à l'allongement du fil. Une cordelette s'attache par un crochet au seau de charge, passe sur deux poulies dont la fig. i3 montre la seconde J et est tendue par un contrepoids auquel on peut donner juste le poids du seau vide. Elle est ainsi solidaire de l'extrémité inférieure du fil dont elle suit tous les mouvements. Elle s'attache en I à la pièce MNP qui porte le crayon : c'est une longue latte de bois léger qui tourne autour d'un axe fixé au plafond du laboratoire. Le crayon décrit ainsi sans frottement appréciable une circonférence de grand rayon. L'appareil précédent est simple, robuste, et donne des graphiques d'une grande finesse ; le seau de charge peut recevoir, soit un écoulement d'eau, soit de la chaîne métallique.
i8. — Lonfi^ueur croissant proportionnellement au temps. La seconde technique fondamentale consiste à imposer la longueur et à déterminer l'effort : la loi linéaire en fonction de temps, L = Lo i bt, est la plus simple et à peu près la seule qu'on puisse commodément réaliser.
Une tige filetée de un à deux mètres de longueur, analogue à celle des tours rectilignes, porte un écrou auquel est attaché une des extrémités de la pièce à déformer. On fait tourner la tige d'un mouvement uniforme à Taide d'une poulie à gorge de grand diamètre fixée normalement sur un de ses bouts. Des embrayages et des changements de vitesse complètent l'installation.
Toute la difficulté réside alors dans la construction du dynamomètre auquel l'autre extrémité de la pièce déformée est attachée: je suppose toujours, pour les raisons que j'ai dites, qu'elle est de petites dimensions. Il faut que le dynamomètre satisfasse deux conditions opposées, d'être suffisamment précis et cependant de n'admettre qu'un mouvement insensible de l'extrémité de la pièce déformée qui en est solidaire et qu'on doit pouvoir considérer comme invariable.
On peut employer comme dynamomètre une lame épaisse qui sera fléchie par l'eff'ort et dont on mesurera la flexion à l'aide d'un microscope visant un micromètre objectif fixé sur la lame. Tous les dynamomètres élastiques se ramènent théoriquement