IV INTRODUCTION
Vers le milieu du dix-septième siècle, Tempire ottoman, parvenu à Tapogée de sa grandeur, constituait un État puissant et redoutable. Ayant solidement assis sa capitale sur les deux rives du Bosphore, il était le maître absolu de la mer Noire et de la mer Égéc, même de la mer Ionienne; il possédait en Europe, en Afrique, comme en Asie, de vastes territoires, comprenant une population de près de quarante millions d'âmes, s'étendant des bords de la Leitha aux confins du Sahara, et par TÉgypte, jusqu'aux frontières de la Perse et aux montagnes du Caucase. Il porta ses armes victorieuses jusque sous les murs de Vienne, et il en fit le siège; ce fut son dernier effort de conquérant et son premier revers; il échoua dans cette entreprise, à laquelle succéda la longue série ininterrompue de ses désastres. Successivement battus par Sobieski, par le duc de Lorraine, par le prince Eugène, les Turcs furent contraints de signer, en 1699, la paix de Garlowitz, abandonnant à T Autriche la plupart de leurs possessions de Hongrie, et cédant le port d'Azof à la Russie, qui faisait sa première ou sa principale apparition dans la lutte séculaire que la chrétienté soutenait contre Fislamisme. De nouvelles guerres, toujours malheureuses pour Tempire ottoman, suivies de nouveaux traités, en rétrécirent successivement les frontières soit en Europe, soit en Asie, le plus souvent au profit de Tempire des tsars. Enfin, par le
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traité d'Andrinople, conclu en 1829, Tempereur Nicolas imposa à la Porte une clause stipulant Tautonomie des provinces de Valachie et de Moldavie, qui furent ainsi investies du droit de s'administrer elles-mêmes moyen* nant un tribut annuel, et délivrées de la rapacité des fonctionnaires envoyés de Gonstantinople et uniquement préoccupés du souci de rançonner leurs administrés.
Aux pertes subies par la Porte dans les possessions du nord de Fempire, vinrent s'ajouter, dans le Midi, la révolte et la rébellion. La Grèce s'insurgea, et, après une lutte héroïque, elle obtint son a£Franchissement. Nous aurons à revenir plus loin sur cette crise qui modifia sensiblement Tétat des esprits, aussi bien parmi les chrétiens que parmi les musulmans. La Turquie était à peine sortie, meurtrie et diminuée, de ce dernier conflit, qu'elle vit se dresser devant elle un adversaire nouveau. Un vassal habile et audacieux qui avait, en méconnaissant la souveraineté de son maître, solidement assis son autorité en Egypte, Méhémet-Ali, jugea le moment favorable à l'agrandissement de sa puissance. Après avoir enlevé Saint- Jean-d' Acre qui en était le boulevard, ses troupes envahirent la Syrie et l'occupèrent. En 1833, elles se heurtèrent à l'armée turque, qui cette fois encore fut totalement défaite à Koniah. Cette victoire ouvrait au pacha la route de Gonstantinople restée sans défense.
Par une de ces résolutions soudaines qui lui étaient particulières, redoutant peut-être l'ouverture d'une crise prématurée ou la compétition d'un cohéritier inattendu, l'empereur Nicolas offrit son assistance à la Porte. Son ouverture fut agréée, et on procéda à la signature d'un nouveau traité, bien différent de tous ceux qui l'avaient