‹ Essais divers (volume 2)Chapitre 6 sur 10 · XIX. Paqs l'Apologie de sa fmte^ Atbanase · texte numérisé non relu

XIX. Paqs l'Apologie de sa fmte^ Atbanase

répond aux arieas, qui, exhalant m invacUvea leur rage impuissante, lui faisaient un crime de ne pa$ p'étro laissé égorger, 3aps doute, les occasiooa n'ont pas manqué à saint Atbanase pour acquérir la gloire du martyre; mais il avait autre chose à faire : il avait son troupeau à défendre et à conduire; il avait à soutenir l'Église persécutée; il avait à livrer encore bien des combats» à détruire bien des erreurs; sa vie était néee^ saire. C'était précisément parce i^'îl était un iw^ trépida défenseur de l'Église que les ariens vou-»' laient la perdra ; et c'était par cette raison mé«a qu'il voulait eonserver sa vie. Il flétrit dans cet ouvrage les persécutions exercées alors contre toute l'Église et en particulier contre le vépéraUe Osius; puis, justiQant sa fuite par l'exemple de

Jésus-Gbrist lui-même ^t de tant de confesseurs ;

■ Était-ce par peur qu'ils (oyaient? Leur Alite les etposait à qudque chose de plus redoutable que la mari

La mort est pour celui qui est persécuté le terme de ses souffrances; celui qui fuit, sans cesse poursuivi, sans cesse menacé, se trouverait moins malheureux de mourir. Qu'il meure dans sa fuite , il a senti Tamertume du martyre et il n'en a pas les honneurs. — Il but savoir paiement et ne pas redouter le moment de b mort et ne point prévenir Tordre de la Providence; autrement, ce serait s'exposer afec témérité et se rendre soi-même auteur de sa mort. — Il y a plus de courage à s'aller cacher dans des réduits affreux , prêt à se montrer au jour de l'épreuve et du sacrifice. — Enfin , s'il y a du mal à fuir, ajoute-t-il , il y en a encore plus à persécater. Qu'il n'y ait plus de persécution, il n'y aura plus de fuite. »

Comme ouvrage du même genre , il faut citer encore l'Histoire de l'arianisme, adressée aax moines. Au point de vue purement hamain , cette petite histoire est un chef-d'œuvre. Quoique le mérite d'historien ne soit certes pas de ceux qu*ambitionnait le saint évêque, je ne puis m*empécher de citer un échantillon de son éloquence historique. Il raconte sa seconde persécution sous Constance , à l'époque où il fut remplacé par Georges :

« Le comte Héraclius se rendit à Alexandrie et fit afficher publiquement la déclaration de l'empereur, contant , au nom de Constance, que si on n'obéissait pas, le peuple serait privé du pain qui lui était distribué. Les magistrats étaient chargés, sous peine d'emprisomiement,

de faire exécuter cet ordre. Il déclara de plus , eu propres termes, que l'empereur ne voulait plus d'Athanase, et commandait que les églises fussent données aux ariens; sur quoi on se demandait Tun à l'autre depuis quand Constance s'était fait arien. — Un mercredi que le peuple était assemblé dans la grande église , le comte Héraclius, prenant avec lui Gatapbronius, préfet d'Egypte, Faustin, receveur général, et l'hérétique Bithynus, ameute la jeunesse et les idolâtres, et leur commande de la part de l'empereur de se jeter dans l'église et de disperser le peuple à coups de pierres. L'ofiBce divin était achevé; presque tout le monde était déjà parti; il ne restait que quelques femmes. Tout à coup, cette multitude furieuse se précipite armée de pierres et de bâtons; les malheureuses femmes, assises après leurs prières, sont assommées à coups de pierres; les vierges sont accablées de coups, dépouillées de leur voile; on insulte à leur pudeur par des propos obscènes, supplice plus intolérable pour elles que la mort. Sur l'brdre du comte et du préfet , on s'empare des bancs de l'église, du siège épiscopal, de la table de l'autel, qui était de bois; on déchire les tentures de l'église; en un mot, on enlève tout ce qui peut être emporté ^ et-on en fait un bûcher devant la porte , sur la grande place. La flamme allumée, on y jette de l'encens; les idolâtres chantent les louanges de leurs idoles et s'écrient : Constance a embrassé la religion des Grecs; les ariens reconnaissent nos mystères! — Ils se mettaient môme en devoir d'immoler une génisse employée à tirer l'eau dont on arrosait les jardins de la Gésarée , lorsqu'ils se souvinrent que leurs superstitions défendaient de sacrifier ces animaux* »

Oq trouva des passages analogues dans les Lettres encycliqaes aux évéques. Il leur dénonce les excès des ariens, les met en garde contre leurs artiBees , les anime à soutenir avec CQuraga la foi catholicpie :

« Quand nos frèras nous abandonnant, quand nai unis et nos connaissances se détournent de nous, quand il ne se trouve plus parsonoe pour nous aider à poitar nos douleurs , il nous reste partout et toujours le reluge de Dieu. Ayons toute confiance en lui » et ne trahissons pas la vérité par faiblesse humaine , par crainte « par fatigue. La vérité peut être opprimée passagèrement, mais on sera forcé tôt ou tard de la reconuttre. Aycp confiance , mas frères» et fortifications par la prière. -^ Voici , leur ditnl encore, le moment de combattre pour la vérité contre l'hérésie. Notre ennemi ne noqs attaque paa toujours de la même manière. Le martyre ne cobTsiste pas toujours à refuser d'offrir de Teneena aux idoles; il y a aussi un martyre de la conscience, qui Gonnste à ne pas manquer k sa foi. Le traître Judas ne sacrifia pas aux idoles ; non plus qu'Hyménée ni Alexandre, dont pourtant la foi a fait naufrage; et, an contraire , Abraham , Da?id , Samuel , les antres dont saint Paul relèfc la foi, n'ont pas répandu leur sang et n'en ont pas moins été couronnés pour leur fbi. De nos jours, le bienheureux Alexandre n'a pas eu son sang k répandre pour la défense de la Térif é ; mais sa constante ardeur à combattre l'hérésie , les persécutions qu'A eut k ^uyer jusque dans sa vieillesse la plus avancée lui ont

SAINT ATHANAflB. m

mfrhé les hommage» que fiodti déoéfttons Mt sainu confesMurs. »

C'ost par ce langage qu'il les animait sans otu^ h cette lutte qu'il soutenait lui-môme avec tant d'héroïsme; du sein de Texili ses exhortations et son exemple venaient instruire et encourager nonsoulement les évoques de sa juridiction , mais môme tous ceux do la chrétienté.

XX. Nous avons vu que plusieurs des ouvrages dcmi-historlqucs, demi-dogmatiques de saint Athanasc sont adressés aux moines de la Thébafde. Il avait pour cux une prédilection toute particulière. Cet hommes! fort, si habile, si actir. Aimait pa^ dessus tout la vie solitaire. Il se glorifiait d'ft voir été dans sa jeunesse le disciple de saiut Antoine et de l'avoir servi avec un soin pieux, « lui donnant souvent » à lavor les mains, dit-il, comme faisait autrefois ^ Elisée à l'égard d'Élie. d Plus tard, le saint abbé intervint plusieurs fois pour le défendre contre ses persécuteurs, et, en mourant, il légua son mantettti h saint Alhanase, pour prouver qu'il n* avait jamais douté de son orthodoxie. Vers la fin de sa carrière, dans le temps où la paix de l'Église lui fit quel*-

qaes loisirs, Athanase les employa à écrire la vie de son ancien maître. Ce livre fit une grande impression dans r Occident, où la vie monastique était alors à peine connue. Déjà, lors de son premier voyage à Rome , Athanase avait prêché aux voluptueux habitants de la grande ville les privations du désert et les rigueurs de la pénitence. Beaucoup de curieux étaient partis pour la Thébaïde ; quelques-uns y étaient restés. La publication de la Vie de saint Antoine contribua puissamment à répandre le goût de la retraite chrétienne. Une grande et riche dame nommée Marcelle fut une des premières en Occident a donner T exemple de ce détachement des choses mondaines; bientôt les premiers monastères se fondèrent en Italie. Nous avons vu que saint Athanase visita deux fois les solitaires de Tabenne:

la première fois dans les commencements de son épiscopat, lorsque saint Pacôme était abbé de cette communauté, et une seconde fois au temps de Jovien. Dans Tintervalle, il avait passé parmi eux tout le temps de sa plus longue persécution. C'est à cette époque qu'il composa sa principale Lettre aux solitaires, divisée en deux parties : la première, qui comprenait une réfutation de l'aria-

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nisme , est perdue ; la seconde contient le récit de la persécution jusqa'en 357. Non content d'éclairer quant au dogme ces bons religieux , il leur donnait, dans les divers ouvrages qu'il leur destinait, des conseils d'une haute sagesse relativement à leur genre de vie. Il leur expliquait comment leur élévation au-dessus des besoins de l'humanité ne devait se manifester que par une humilité profonde. Point de vertu sans humilité; c'est là-dessus qu'il insiste et qu'il revient sans cesse , leur recommandant, pour ne pas s'exposer à l'orgueil, de se tenir en garde contre une ferveur immodérée et contre une émulation d'austérités que la vraie piété réprouve comme toutes les autres ambitions.

XXI. Il s'est aussi occupé des vierges : outre la Consolation qu'il adressa à celles d'Alexandrie pendant la cruelle persécution de Georges , il a écrit un traité de la virginité , où il donne à ces saintes 61les à peu près les mêmes conseils qu'aux moines.

Il y avait déjà au quatrième siècle des communautés de filles qui passaient leur vie dans la virginité soumises à l'obéissance d'une supérieure ; il

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j avait auisi des jeunes gens qui ^ restant dans le monde > consacraient à Dieu lear virginité. Ce pieux célibat était fort honoré des chrétiens^ fort admiré des païens eux-mêmes ^ et voici comment saint Athanase en parle dans son Apologie à Cofh êtanoe :

a Jésas-Christ notre Sauveur, qui nous a affranchis de la servitude du péché , nous a laissé , entre aubres bienfaits signalés de son avènement parmi les hommes, le précieux don de la virginité, pour faire de la terre nne imago du ciel. Les personnes qui en font profession » l'Église catholique les appelle épouses du Christ. Les païens eux-mêmes ne les voleht qu'avec un respect mêlé d'admiration , comme étant le sanctuaire du Yerbe. »

Une vierge, dit saint Athanase, ne doit se mêler d'aucune affaire mondaine. Une vierge est l'épouse de Jésus-Christ; elle ne doit pas occuper son esprit des choses qui passent. Elle doit mettre un soin continuel à entretenir son âme dans la pnretéi et à fuir les occasions qui pourraient altérer la limplicité de son cœur. Elle doit être charitable pour le prochain et sans faiblesse pour elle-même. Il recommande aussi aux vierges de ne pas faire parade de leurs mortifications : c'est profaner , diWil, ces saintes pratiques que de les étaler à

SAINT ATHANA8R* IH

la TQê de§ hotnmefl. Il trace leur plan de yle, règle les occupations de leur JournAe ; beaucoup de lectures de l'Écriture sainte » et beaucoup de prières; peu de sommeil; ne pas perdre un In* stant pour profiter de la grâce : une vie conia* crée à Dieu ne doit pas, dit-il, être une vie oisive. Bien loin qu'il fût nécessaire alors d'inspirer rat moines le détachement du monde , et de les pré* munir contre ^ambition , on avait au eontreire I combattre Texcès opposé ; il fallait leur feire fUh lence pour les obliger à s'occuper des àmm éê le terre. Il y avait alors, il jr avait réf^mmlt ém Ames ({u'épouvantait le fardeim ék Vét^A^ptiC C'était le tempa où Âmtomàm ê^ fmàànii éê §m mains, espérant aimi échapper M seM mMtMf^, Athanase lui -même ivait kâ pour é^U^ iHiê évéque. Et ee n^éttit fm àêiitm imufê mm fmm^ teuse humilité i Mimmm Mt ^M Umémfm^ gués en cachant at vie en iéyni. Vtfm:^^ ^^ le poste d'hooMur m j^nr 4ë ^^mâM^ ê^0A^4i$H le ploi péritleif 4e tMS) i y eve m né m^ rage ft l'accepter fMM»4 w taillait 4m mmUm digne^ et ks kim les fins nmtm ftmié^ m iéêet ifB leuff (anees) 'é f #re«t mm imrtéê 4e Mk cheté à le nAaer, fM4 w j 4Mt effel* pm k

voix des fidèles. Dracontias, abbé d'an des monastères d'Egypte , avait été nommé évéqae d'Her* mopolis, pea de temps avant la seconde persécution du règne de Constance. 11 était si renommé dans le pays par ses vertus, que les païens mêmes le désignaient d'avance au choix des fidèles, et que quelques-uns s'étaient déterminés à embrasser le christianisme à sa considération. Il refusa absolument la dignité épiscopale, et s'enfuit. Saint Âthanase, qui était son ami, lui écrivit une lettre qui mérite d'être citée. La voici, seulement un peu abrégée :

« Je ne sais en quek termes vous écrire. Faut-il vous reprocher de fuir l'épiscopat , ou vous accuser d'avoir peur des circonstances présentes et de vous cacher par crainte des juifs? De toute manière, votre conduite est blâmable, mon cher Dracontîas. Vous ne devriez pas, ayant reçu les dons de la grâce, les ensevelir dans les ténèbres; vous ne devriez pas non plus, sage comme vous l'êtes , donner aux autres Texemple de la fuite. Vous avez scandalisé plusieurs de nos frères , non pas tant par votre refus en lui-même , mais surtout parce qu'on l'attribue aux circonstances et aux malheurs qui menacent prochainement l'Église. L'union vraiment extraordinaire qui a signalé votre élection va se rompre nécessairement; les partis vont renaître; le siège que vous refusez va être brigué par des hommes indignes de l'occuper; vous les connaissez vous-même. Et les

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pictei eelai qui vous oonnaissiit avant que vous fus* aei funiié. Le Seigaeur noua coooatt mieux que noua ae potvona noua coonaitre uons-mèinea ; il sait bien à qui il confie aea égliaes» Celui qui ne s'en reconnaît |>u digne doit noina envisager aa conduite pasaée que le ministèra auquel il est appelé , a'il ne veut pas ajouter lox fiuitea dont il a*accuse une négligence criminelle. ¥ouB aavei eela , Dracontius » et vous n'êtes pas péné* tréT et vous ne tremblez pas qu'une des âmes qui vous sont commises ne se perde à cause de vous? A quoi a déni au dépositaire négligent son excuse? Adam eut beau répondre : Seigiuur, ta femme m'a trompé, il n*en fut pas moins condamné. Vous m'alléguez votre biblesae; je veux bien vous croire; mais vaut-il mieux exposer par votre fuite TiÈglise à devenir la proie de aea ennemis? Que ce ne soient pas vos moines qui vous retiennent ; TOUS n'êtes pas le premier qu'on appelle du monastère à Tépiacopat; vous n'êtes pas le seul qui soyez aimi de vos moines et obligé de vous en séparera Séra|Hon« ApoUos, Agathon, Muis se sont soumis à la volonté de Dieu, ont embrassé les fatigues de l'apostolat , et , en conduisant les autres dans la voie de la grice , y ont avancé eux-mêmes. — N'en croyez paa , mon cher Dracontius , ceux qui vous disent que la vie épiscopale peut devenir une occasion de pécbé. Évéque» vous restez libre d'avoir faim et soif comme saint PauL Nous connaisaons des évêques mortifiés et des religieux mondains , des é^éqoes qui font des miracles et des reli* gieux qui n*en font pas. La couronne ne se donne pas en raison do lieu que l'on habite, mais des bonnes œuvres que l'on bit Fermez donc l'oreille aux mauvais conseils qu'on voua donne. Hltex^vous, et ne vous exposez paa I

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plus qa*on ose vous les sttggércr : tout cela n'est pas digne de Dracontius. Si tout le monde avait pensé comme pensent ceux qui vous conseillent , comment seriez-tous devenu chrétien, puisqu'il n*y aurait pas d*évéquest Et si tout le monde vous imitait aujourd'hui , que deviendraient les églises 7 Pré(cndrez-vous que vous n'êtes pas obligé envers Dieu , que Vous n'en avez rien reçu T Et la grâce du baptême? et tant d'autresT car vous avez beaucoup reçu , mon cher Dracontius. Dieu vous redemandera ce qu'il vous a donné. Ne connaissez-vous pas cette parole de l'apôtre : Gardez-vous de négliger la grâce qui est en votis ? Avez-vous oublié comment celui qui avait doublé le dépôt fut récompensé, comment celui qui l'avait caché fut condamné? Il est vrai que saint Paul a dit : Je ne suis pas digne d*itre appelé apôtre; mais il a dit aussi : Malheur à mai si je ne prêche pas VÉvangiie. Voilà pourquoi il allait porter la parole de Dieu en Illyrie, à Rome, en Espagne; plus il travaillait, plus la récompense devait être grande, A qui, mon cher Dracontius, ressemblez-vous ici? à saint Paul ou bien à ceux qui font tout le contraire? Vous croiriczvous engagé par la parole que vous avez donnée, même avec serment, de disparaître dès que vous seriez ordonné ? Jérémie et Moïse vous répondent : après avoir reçu le don de prophétie, ils s'étaient promis de demeurer dans le silence; la crainte du Seigneur prévalut; ils n'osèrent désobéir à celui qui les envoyait et craignirent de mépriser ses dons. Jonas avait fui, et vous savez son histoire : ramené par la voix du Seigneur, il prophétisa. Si votre voix est faible, si votre langue est embarrassée , honorez en vous Dieu qui vous a fait. Si vous croyez être trop jeune pour le saint ministère, res-

SAINT ATHANASË. SOS

précisémeDt là ce qui fait le mérite de saint . Athanase et des plus grands saints : ils joignent la force à la douceur, le courage à la charité; c'est là le véritable esprit de TÉvangile. C'est ainsi que Bossuet, habitué à parler avec tant de grandeur des grands événements de la terre, se revêt d'une grftce incomparable pour plaindre la jeunesse d'Henriette d'Angleterre ou pour nous montrer Anne de Gonzague « croissant en gr&ces et en vertus » à l'ombre du clottre. Je ne sais rien de plus touchant que cette vigueur paciBque, que cette mâle douceur, que cette tendresse d'âme associée à tant de courage et d'activité. Je ne puis mieux faire connaître ce côté du caractère de saint Athanase qu'en terminant cette étude par quelques morceaux pris au hasard dans ses divers ouvrages, et qu'on ne soupçonnerait guère d'être empruntés au plus dogmatique des Pères.

Sur ta componction.

« La grâce de verser des larmes n'est pas donnée à tout le monde ; elle n'appartient qu'à ceux qui oublient les choses de la terre pour ne vivre qu'en Dieu. Ceux-là ont le cœur pur; ceux-là ont le pouvoir de s'élever jusqu'à Dieu par une contemplation intérieure. Dieu se montre

Mé 8AIMT 4THAVASI,

k Time qui m A9f»ne | li|( 4aii» TaflUi^tiiNi; U 10 iMk i c«lMi doQt l«s brpie» «ont plisii»^ 4'm wériuUe n^peoûr, à celui doi|t la généreuse douleur i|emande gficç pour ki butes du proebaio. »

-» » C^w qui preuneot leur rispo« e« pi mopA» nc dM' vent pas espérer de l'avoir dans Téieroité ; car le rovauvy du ciel n'est pas pour ceux qui vivent ici-bas dans Toiâveté; eeuK-là seuls ont droit d'y prélendne qui BièMH une m de rributoiioos, Cm II w prix qui m u'àbtim pas poMr rien pi k ()eu de frais : U V^ut du travail etdil sueurs. U nous itt|[)oriera peu quels auront été uosoiaui et nos btigues dans ce oumde vain et misérable» puisqu'il n'eu restora plus de ti/ices, ifèàem dans la mémoire, «ai (m qu'on »m^ pri^ pptf^ssioo d^ rinuflabbe r^pos (p

nous atten4 dans l'autre vie. »

(Traiti de la virginité.)

le suis un peu fâchée da cette parole de saiut Atbanase, Pourquoi oublierions-nous les maui d'ici -bas Y Ne semble-t-il pas que le souveuir ajoutera comme une nouvelle douceur aux joui»sauces de l'autre vie? lleureusemeut, il |>aHt ailleurs d'une n^nière plus consolante :

Sur Ita prilrtë pour te$ morte.

« On demande si les ftmes des |)écheurs reçoivent qutJque soulagement, a|)rès leur mort, des prières des iàHn^-

SAINT ATHANA8B. 207

(h tonri bonnei CBatrei et dM oblatkiiis qu'ils présmitefit podr em. Je réponds que si elles n*en receraient aucun a?aniage l'Église ne ferait pas mémoire d'elles aux funérailles. — Nous Voyons, dans la saison où la vigne est en flair, 10 vin renfermé dans les tonneant recevoir l'im*pression des vapeurs qui s'exhalent de la vigne et fleurir en quelque sorte avec elle. Cette similitude familière nous donne à comprendre comment les âmes, à qui il reste des fautes à expier, reçoivent quelque bienfait du sacrifice euobiristiqtie célébré pour elles« »

Heuretisë et touchante imftgé! et, de plus, aimable doctrine , douce croyance dont il serait bien crael d'être privé I Pedt-étre est-ce un effet de la faiblesse humaine et de notre attachement instinctif à cette vie ; peut-être serait-il plus grand de concevoir l'âme entrant dans l'éternité et n'ayant dès lors plus rien de commun arec le temps , avec la terre ; mais on a peine à se résoudre à une séparation si absolue. L'homme tient invinciblement à cette idée qu'il retrouvera au delà du tombeau ses annotions d'ici-bas , mais purifiées; qu'il lui sera donné de pénétrer les secrets interdits jusqu'alors à Son intelligence; mais surtout qu'il sentira ce changement, qu'il se souviendra. Sans cela , qu'est-ce que l'immortalité de Tûme? Et d'ailleurs , ce sentiment de triste abandon où nous laisse la perte

S06 SAINT ÀTHANABB.

k Tâmc qui ^ donne k loi dans V^fflictiop ; il lo révèle à celui dont les brmes SQpt pl^io^ i'm rentable repentir» à celui dont la généreuse douleur demande grâcç pour les foutes du prochain. »

•^ a Gens qui prennent leur repo9 ei| ç$ monda ne doi^ vent pas espérer de l'avoir dans l'éternité; car le royaume du ciel n'est pas pour ceux qui vivent id-bas dans l'oisiveté; ceux-là seuls ont droit d'y prétendre qui mènent une vie de tribulations, C'e^t ^ m prix qui ne s'obtient pas pour rien ni à peu de frais : il yeiit dp travail et de« sueurs. Il nous importera peu quels auront été nos maux et nos fotigues dans ce monde vain et misérable, puisqu'il n'en restera plus de traces, iiiéme dans la mémoire, une fois qu'on aura pris poaisession de l'inefliible repos qui nous attend dans l'autre vie. »

{Traité de ta virginiti,)

Je suis un peu fâchée de cette parole de saint Athanase. Pourquoi oublierions-noas les maux d'ici-bas? Ne semble-t-il pas que le souvenir ajoutera comme une nouvelle douceur aux jouissances de l'autre vie? Heureusement, il parle ailleurs d'une manière pins consolante :

But tes prières pour tes morts,

« On demande si les âmes des pécheurs reçoivent quelque soulagement, après leur mort, des prières des fidèles,

Sur l'Ecriture sainte *.

N La pureté du cœur est nécessaire à quiconque ?eut en pénétrer le sens. Nos hérétiques affectent d'avoir toujours rÉcriture à la bouche ; ils en citent des passages pour séduire les simples; mais ils n'en sont pas moins persuadés les premiers que l'Écriture les condamne. »

Sur les Psaumes {Lettre à MarceUin),

« Le livre des Psaumes a ceci de particulier entre toutes les autres parties de l'Écriture sainte, qu'il n'y a personne qai ne puisse y reconnaître ses propres passions représentées au vif, avec toutes les amertumes que ces passons amènent après elles , et tous les fâcheux changements qu'elles opèrent en nous. D'autres livres nous apprennent l'histoire des prophètes , celle des rois , celle des peuples et des lois humaines ; mais le livre des Psaumes nous intéresse bien plus, puisqu'il nous fait voir noire propre histoire, les mouvements de notre âme, ses diverses maladies, et nous donne en môme temps les enseignements et les consolations nécessaires pour nous guérir. Ailleurs, on nous dit qu'il faut faire pénitence, s'attendre à des adversités, rendre grâces à Dieu; ici, l'on nous montre comment nous devons faire pénitence, endurer les adversités , exprimer notre reconnaissance. Que l'on ait bien ou mal fait, que l'on soit juste ou pé-

• Lellro aux évéques do Libyo.

208 SAINT ATHANASB.

de ce que nous avons aimé, qu'aorions-nous pour l'adoucir s'il ne nous était pas permis de rejoindre par la pensée ceux dont la mort nous sépare, de les aimer encore , et de supposer de leur part un tendre retour ?

Sur tes erreurs de ta muUitwU ^

« Ne vaut-il pas mieux être du côté du petit nombre, en marchant par la voie étroite du salut , que d'être du c6lé du grand nombre de ceux qui marchent par la voie large pour aboutir à la mort? Préférez donc, vous en êtes bien le mattre , la multitude de ceux qui périrent dans Finondation universelle ; mais laissez-moi me sauver dans l'arche avec le petit nombre. Joignez-vous , si vous le voulez, à ce grand peuple de Sodome ; quant à moi, j'aime mieux, avec Loth, me séparer de la multitude pour n'avoir pas à périr comme elle. »— « Notre-Seigncur Jéso»- Chrisl n*a pris que douze disciples, ignorants, simples de cœur, et il les a remplis de conGance et de courage contre le monde entier. Il n'a pas disposé les douze apôtres à suivre tant de milliers d'hommes ; mais il a inspiré à des milliers d*hommcs de se soumettre à ce petit nombre d'apôtrés. » — « Combattons avec le secours de Dieu contre le mensonge, cl mettons notre confiance en sa protection : il nous a délivrés de Terreur et du mensonge en nous éclairant ; il nous a dit : Je suis la vérité; et ailleurs: Ayez confiance ^ y ai vaincu (e mande. •

' Discours contro ceux qui Jugeot do la vérité par la icule aatorité de la multitude.

Sut l'Ecriture sainte *.

« La pureté du cœur est nécessaire à quiconque ?eut en pénétrer le sens. Nos hérétiques affectent d'avoir toujours rÉcriture à la bouche ; ils en citent des passages pour séduire les simples; mais ils n'en sont pas moins persuadés les premiers que l'Écriture les condamne. »

Sur tes Psaumes {Lettre à Marcettin).

u Le livre des Psaumes a ceci de particulier entre toutes les autres parties de l'Écriture sainte, qu'il n'y a personne qui ne puisse y reconnaître ses propres passions représentées au vif, avec toutes les amertumes que ces passions amènent après elles , et tous les fâcheux changements qu'elles opèrent en nous. D'autres livres nous apprennent l'histoire des prophètes , celle des rois , celle des peuples et des lois humaines ; mais le livre des Psaumes nous intéresse bien plus, puisqu'il nous fait voir notre propre histoire, les mouvements de notre âme, ses diverses maladies, et nous donne en môme temps les enseignements et les consolations nécessaires pour nous guérir. Ailleurs, on nous dit qu'il faut faire pénitence, s'attendre à des adversités, rendre grâces à Dieu; ici, l'on nous montre comment nous devons foire pénitence, endurer les adversités , exprimer notre reconnaissance. Que l'on ait bien ou mal fait, que l'on soit juste ou pé-

' LoUre aux évéques do Libyo.

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cbeur (toul le genre bamain est compris dans ces deux classes), le livre des psaiimes pr&seûie M chacun de nous sa propre image comme dans un miroir. — Ce seul livre gafflt à tous les besoins du ciBuri et il n'est pas une situation de la Tle où l'on ne pdlM en tirer de prédeuses Instructions. Que l'on Yeuillë se livrer aut mouvements de la componction et de la pénitence i que l'on soit éprouvé par la tentation on Tadter^ité » ^n butte à des inimitiés ou sauvé de quelque péril , dans la tristesse ou dans la joie, les Psaumes fourniront à l'âme de quoi la fortifier et la consoler; ils lui prêtent abondamment les expressions ie la louange, de la reconnaissance, des bénédictions envers le Seigneur^ et le langage du propbètc devient son propre langage. Gardex-voùs bien d'ajouter aux paroles des Psaumes des ornements étrangers ; comme s'ils avaient besoin des artifices de l'éloquence I II n^est pas permis d'en transposer les expressions ni de rien changer au texte : on doit les réciter et les chanter tels qu'ils ont été écrits, afin que les saints personnages qui nous les ont transmis comme simples dépositaires reconnaissent leur propre langage et prient avec nous; afin surtout que l'Esprit saint qui a parlé par leur bouche, retrouvant les mêmes paroles qu'il leur communiqua par sa divine inspiration, nous accorde, ainsi qu'à eux» son assistance toute-puiâsante.»

SAIXT AXTOIVE.

ETUDE

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