‹ Essais divers (volume 3)Chapitre 22 sur 25 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

• To r«okoii np a Ihoniand of hw pranhi ,

• lf«r priée , h«r ipendlng, hir poutlng w«r« ,

• To Ntp iB «ndliM flilaldgM. •

Lorsque lady Jalia se retrouva en téte-à-tète arec son mari , après leur dîner» il se hâta de lai foire des reproches sur la manière plus qu* inconvenante dont elle s'était comportée envers le général Caméron, leur bienfaiteur.

« En vérité , mon cher, vous devenez de plus en plus sauvage I Que voulez-vous donc que je dise à ce vieux parchemin que le soleil des Indes a rôti, ou plutèt hébété plus d*à moitié ? — Vous auriez pu être polie, et vous auriez dû éviter de vous rendre tellement ridicule avec ces [odieux marchands, qui sont tous des voleurs et que j'avais envie de jeter par la fenêtre, si je n'avais pas craint de vous rendre plus ridicule encore. — Ridicule , moi I Mais

c'est voQS qui êtes ridicule avec votre vieux général si vulgaire, si mal élevé. Il ressemblait comme deux gouttes d'eau aux figures grotesques de ce marchand de chinoiseries qui avait bien meilleur air que lui. — En vérité, ma chère, vous êtes de plus en plus folle; mais je vous conseille de réfléchir sur le passé. Vous n'avez, je pense, aucun désir de retourner en Ecosse. Eh bien ! si vous voulez vivre à Londres, il faut vous réconcilier au plus vite avec votre père, qui est de retour en ville, qui est malade, et qui, seul, peut vous donner les moyens de rester ici. Ecrivez-lui donc; demandezlui de vous recevoir, de vous pardonner; menezlui notre petite fille. Peut-être. ••

— Ah ! mon cher, quelle tirade ! Ouf I vous de- * vez être essoufflé... Oui, j'écrirai à mon père dès que j'en aurai le temps. >«

Dans ce moment , arriva la couturière qui apportait à lady Julia une robe de satin rose , dont les côtés , garnis de branches de muguet , produisaient un eflet charmant. Cette parure avait été inventée par lady Julia, qui était une mode pour les modes , et dont toutes les élégantes imitaient les parures.

Henry mit son chapeau et sortit au plus vite »

pour aller assister aa tirage d'ane loterie où il avait pris an grand nombre de billets, dans l'espoir de gagner deux chevaux gris, identiquement pareils , et estimés un très-grand prix.

G* est ainsi que le mari et la femme passaient leurs journées , en frivolités le matin , et le soir dans le monde. Lady Julia n'avait pas encore eu le temps d'écrire à son père ; mais elle espérait rencontrer bientôt son frère et sa belle*sœur, qui étaient revenus avec le comte.

Un jour qu'eDe se promenait dans le parc avec plusieurs de ses amies, on raconta que lady Lindsore, belle-sœur de lady JTulia , allait donner une grande fête à l'hôtel de Gowland pour désennuyer le comte, qui était pris de faiblesses aux jambes , et pour ouvrir son salon à tout ce que Londres possédait de plus distingué, avant de faire ses couches de son second enfant. Il devait y avoir concert, souper et bal masqué.

La figure de lady Julia devint très-pftle à cette brillante description, et une de ses bonnes amies, le remarquant, s'empressa de dire : « Ne parlons pas de tout cela devant lady Julia, qui est dans de si mauvais rapports avec toute sa famille , et qui doit en être si affligée. — Mais ne pourrait-on pas

la faire prier, chez son père, au bal de son frère ? dit une autre amie. — Ne voua donnei aucun tracas pour cela , dit lady Julia. Si je veux aller à €0 bal , j'irai ; mais je crois que je ne le voudrai pas. )>

Depuis ce moment, lady Julia n'eut plus qu'une seule pensée, celle d*étre réintégrée au sein de sa famille et reçue dans la maison de son père. Elle écrivit à son frère une lettre pleine d'instances, et attendit en vain une réponse pendant plusieurs jours. EnGn, il arriva un billet ainsi conçu :

Cl Chère Julia,

» Vous avez bien raison de trouver que la co-> 1ère de notre père a duré assez longtemps, et j'en parlerai au comte un de ces jours. J'irai bientôt voir Douglas et vous.

» Votre frère affectionné, Lindsore.

» Ma femme vous envoie un billet pour sa fête. Vous savez qu'il faut y venir masquée. »

Lady Julia, ravie, alla porter en triomphe ce billet à son mari; mais ce billet causa une extrême colère à Douglas , qui voulait empêcher sa femme d'aller h cette fête , et de rentrer chez son père

ESSAI SDR LE MARIAGE. t83

SOUS un déguisement; mais elle déclara qu'elle irait; et, lord Lindsore étant venu leur faire une courte visite deux jours après son billet, Douglas leva l'interdit , et fut le premier à faire des avances à son beau-frère qui le mena dîner au club italien.

Page 1