‹ Essais divers (volume 3)Chapitre 5 sur 25 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

« Ok ! Uit Mft Lydiao airi ! •

Quand Douglas revint chez sa femme, il la trouva en peignoir, ses magnifiques cheveux bruns flottant sur les épaules. Son peignoir entr'ouvert laissait voir son beau cou et ses beaux bras d'une blancheur idéale. Elle allait et venait suivie de ses chiens ) tandis que ses belles-sœurs étaient à genoux devant des malles qu'elles vidaient avec le plus grand étonnement , à la vue de tant d'objets qui leur étaient presque inconnus.

u Voyez combien vos sœurs sont bonnes ! dit lady Julia à son mari ; voyez donc quelle peine elles se donnent ! Mais quelle robe faut-il mettre ? Je n'en sais rien, je ne puis choisir» C'était Favella qui décidait toujours ma toilette ^ et je trouvais

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bras de lady Julia , se dirigea vers la salle à manger , grande pièce qui faisait le pendant du salon , de l'autre côté de la tour carrée , et d'où la vue s'étendait sur les montagnes. Lady Julia daigna manger du mouton et de la perdrix. Le laird était charmé de lui voir trouver tout cela fort bon : il mettait son orgueil dans son troupeau , et sa vanité dans son gibier. Mais ce qui plut moins au laird , ce fut de voir sa belle-fille donner une aile de bécassine à son chien. Douglas , qui était assis de l'autre côté de sa femme , s'apercevant du mauvais effet de cette inconvenance, lui jetait des regards pleins de reproches ; mais lady Julia ne le comprit pas. M Vous êtes malade, je crois, lui dit-elle. — Pas du tout. — Alors, vous vous ennuyez. Voulezvous que je vous chante un air. . . . vous savez , ce petit air italien ? » Et elle se mit à faire une gamme d'une voix pleine et bien exercée. « Quelqu'un chante-t-il ici? demanda-t-elle en s'interrompant ; j'aime beaucoup la musique. — Nous chantons tous, et nous dansons aussi, dit le laird. Après le thé nous vous montrerons nos talents , et, en attendant , madame Douglas va vous faire entendre sa voix , qui est aussi belle que la vôtre. » Madame Douglas ne se fit pas prier , et com-

meoça une ballade écossaise, car le laird détestait toute autre musique. Mais lady Julia Tinterronipit aussitôt, et lui demanda si elle jouait de la harpe. (( Nous n'avons pas de harpe, mais nous avons une épinette, dit miss Grizzy; Bella en joue trèsbien, et elle nous jouera la bataille de Prague^ pendant qu'on va débarrasser la table. » La pauvre Bella alla dans un coin de la salle à manger, où gisait Fépinette , et cramoisie et tremblante de la tête aux pieds, elle se mit à taper sur le malheureui instrument qu'elle menaçait de mettre en pièces. Douglas, voyant que sa belle-sœur ne pouvait plus déguiser Fennui que lui causait cette insupportable musique, donna le signal, et les dames sortirent de table pour se rendre dans le salon, que Ton avait éclairé et chauffé convenablement. Lady Julia se jeta avec ses chiens sur l'antique canapé , et essaya de dormir en attendant le retour de son mari.

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