SUR CHARLES FOURNEL. XXVII
a emprunté des pièces par une imitation à peine déguisée, et c'est l'emprunt qui a recueilli les applaudissements au lieu de l'original : par exemple, deux bien jolies légendes fort remarquées dans un volume récemment paru. Sic vos, répéterait Virgile. En outre, ce talent n'était pas, il faut l'avouer, de la nature de ceux qui peuvent devenir très populaires. Fournel appartient à la descendance de Victor Hugo et à la race des artistes. Par l'imagination, c'est un romantique, d'un romantisme croisé Allemagne et France. Par la facture, c'est un ciseleur, un joaillier, un imagier, un styliste. Il a la fougue et la patience, le mouvement et la couleur, le sens pittoresque et le sens musical, et possède à fond son instrument. Par goût, il aime l'impersonnalité comme Leconte deLisle. Son rôle naturel semblait être de greffer sur la fantaisie française des boutures étrangères, pour enrichir le fond national et produire des effets nouveaux. En un sens, on peut le rapprocher des truchemans et conciliateurs littéraires comme Xavier Marmier, Thaïes Bernard, Nicolas Martin, mais il a de plus la griffe. Il présente aussi certaines analogies avec Théodore de Banville, mais est resté tout à fait étranger au monde grec. Son groupe naturel est celui des Théophile Gautier, des Rességuier^ des