XXVIII NOTICE
Soulary ; son vrai cercle eût été celui d'Emile Descbamps. Des affinités plus nombreuses encore le rattachent, semble-t-il, à cet infortuné poète bourguignon dont Sainte-Beuve a restitué la figure en [842. Charles Fournel est un autre Aloïsius Bertrand, mais plus complet et plus cultivé. Or, le malheur de ces talents-là, c'est d'être condamnés à plaire aux connaisseurs bien plutôt qu'à la foule. Ce qu'ils ont de rare, d'étrange, d'imprévu, de curieux, les isole dans l'estime. Odi profanum, était leur devise et le philistin se venge en les délaissant.
11 est donc bien possible que Fournel ait été desservi par ses qualités mêmes encore plus que par ses défauts. D'ailleurs il a trop longtemps vécu hors du grand centre Httéraire français dont il ne subissait nullement le prestige, et sa pensée s'est tenue sans doute trop à l'écart des courants de l'opinion. Tout cela s'expie; mais quelquefois ce malheur se répare, la sympathie de la critique et du public est revenue plus d'une fois en arrière chercher des œuvres qui avaient d'abord échappé à l'attention.
La connaissance est faite. Insuffisamment! pourront insinuer les personnes qui aiment les arrière-plans, et qui auraient désiré une échappée sur la vie plus intime et plus profonde du poëte.