‹ Essais dramatiquesChapitre 4 sur 74 · SUR CHARLES FOURNEL. XI · texte numérisé non relu

SUR CHARLES FOURNEL. XI

un jour qu'il avait jeté en soupirant un coup-d'œil dans le volume de Hegel ouvert sur mon pupitre : « Vous lisez cela ? Moi, je n'y entendrai jamais rien.» Le Baader de son ami Avizard ne doit pas l'avoir jamais attiré davantage.

Le volume où il espérait donner sa mesure parut en 1848, sous le simple titre de Poésies. Il contenait 77 pièces en 300 pages. Ces morceaux, très variés de sujet, de coupe et d'allure, peuvent être ramenés à cinq groupes : lieds, paysages, contes de fée, ballades fantastiques ou chevaleresques, miniatures, plus deux ou trois pièces personnelles où sous la hautaine indifférence perce quelque peu d'amertume.

Le journal de Paris où avait écrit Vinet, le Semeur (du 4 octobre 1848), consacra huit colonnes à ce recueil et en fit une étude approfondie, reproduite presque en entier dans le Courrier de Berlin. « Nous avons-là, disait le critique L Z. L., une œuvre à la fois réfléchie et choisie, fruit d'un talent qui ne se cherche plus, d'une vocation mûre^ en un mot, d'un écrivain et non d'un dilettante.» Après avoir suivi le poète dans toutes les nuances de son développement, l'auteur concluait : « Le mérite de M. Fournel nous paraît être de tenter une voie nouvelle et de conduire à

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