SCÈNE V. l
bien être bon à quelque chose. Mon emploi , c'est celui des jeunes premières ; et vous , monsieur , le croiriez-vous? je pense assez bien de vous , pour vous donner le rôle de Renaud dans Armide.
LICIDAS.
Ah , Zéphirine l y pensez-vous ? c'est le mien.
ZÉPHIRINB.
Laissez faire , laissez faire ; il faut attirer les dé" butans. Le rôle yous reviendra.
RODOLPHE
Renaud et Armide, qu'est-ce que c'est que cela ? N'y a-til pas quelqu'un que cela regarde dans notre société ? Je ne veux choquer personne.
ZëPHTRIKE.
Non , je vous l'assure ; soyez tranquille. Mais voyons ; essayez.
RODOLPHE
Cet enfant m'amuse ; je veux bien jouer avec elle.
ZÉPHIRINE
Otez vos grosses bottes.
RODOLPHE
Je ne les quitte jamais , pas même la nuit.
ZÉPHIRINE
Otez-les toujours.
RODOLPHE
Je le veux bien ; mais j'aurai froid à la jambe.
ZEPHIRINE.
Otez votre sabre.
l66 LA SIGNORA FANTASTICI.
RODOLPHE
Mademoiselle !
ZÉPHIMKE.
Vous le reprendrez.
nODOLPHE.
A la bonne heurev On peut quitter son sabre pour badiner.
zipHIRINE.
Je voudrais que vous pussiez raser vos moustaches.
RODOLPHE
Ah ! cela non , par exemple j c*est contre l'ordonnance.
zépHtRIKE.
Mais quand H faudra que je vous mette une couronne de roses sur la tête, comment cela ira-t-il avec vos moustaches ?
BODOLPHE.
Oh I c'est vrai , que cela ira mal , et cependant j'aime les roses : après la fume'e du tabac , c'est la meilleure odeur que je connaisse.
ZEPHIRINE.
Ayez l'air endormi.
RODOLPHE
Je dors quelquefois, souvent même ; mais je ne sais pas avoir l'air endormi. Fautil fermer les yeux pour cela?
ZEPHIRINE.
Oui , sans doute ; je viens pour vous tuer pendant votre sommeil.