ACTE I, SCENE IV
LE COMTE
C'est vrai. Je ne vous blâme pas ; mais je roulais seulement vous dire que c'est le beau-père qui s'est entiché de moi, et que le mariage que je fais n'est pas du tout de mon invention. Mademoiselle Sophie a des opinions décidées sur tout ; souvent elle me contredit, et ce n'est pas le moyen de me connaître ; car moi je me tais , dès qu'on veut disputer : cela m'eunuie. Il faut savoir m'apprécier d'abord, ou bien renoncer à m'entendre. Le croiriez-vous ? j'aime les manières anglaises , la timidité anglaise. II y avait hier chez le ministre.....
F«éDÉRIC.
Lady Berwick.
liE COMTE.
Précisément ; que j'ai trouvée la plus sphiluelle du monde.
FRÉDSRIC.
Comment l'avez-vous trouvée spirituelle ? elle ne dit pas un mot de français.
LE COMTE
Elle l'entend si bien ! eJt puis elle a des regarda.. .
FRÉDÉRIC
Elle a été enchantée de vous.
LS COMTE
J'ai cru m'en appcrcevoir. Je voudrais , av-^nt de m'en aller, lui laisser une copie de ce portrait. Si vous vouliez la faire et la perfectionner d'après mes
conseils
FRÉDÉRIC
Monsieur, si vous me permettez de conserver le portrait de mademoiselle Sophie , je ferai deux copies du vôtre, dont vous serez très-content.
Le portrait de Sophie ! mais cela se peut-il ? Je ne demande pas mieux , pour ma part , parce que... Oui , j'en ferai faire un meilleur en France. Cependant, le beau-père pourrait se fâcher.
FRÉDÉaiC.
Je me charge de Fapaiser.
LE COMTE
Mais Sophie!....
FRÉDÉRIC
Mais la dame anglaise , qui e'coute si bien ! qui regarde si bien l
LE COMTE
Ah l c'est vrai , il n'est point de femme dont l'entretien , je veux dire dont le silence , ait plus de grâce. Faites comme vous l'entendrez ; je veux qu'un galant homme comme vous soit content de moi. — Écoutez il me semble queles yeux ne sont pas bien dans
FRÉDÉRIC
3Dans le portrait de mademoiselle Sophie ?
LE COMTE
Non , dans le mien. — Mais ne les corrigez pas d'après moi aujourd'hui; je suis abattu , je me sens tris. te. Il me fâche de ne pas faire un mariage d'inclination î ce n'est pas assurément que je youlusse qu'il ne