‹ Essais dramatiquesChapitre 127 sur 195 · ACTE I , SCÈISE V · texte numérisé non relu

ACTE I , SCÈISE V

Mais comme il ne m'épouse pas parce qu*il m*aime, je ne gagne rien à me rendre désagréable à ses yeus:.

FRÉDÉRIC

Qu'espérez-yous donc?

SOPHIE

Lui tendre un bon petit piège dans lequel il tombera.

FRÉDÉRIC

Que dites-vous , chère Sophie ! attraper un Français! cela est-il jamais arrivé à un Allemand?

SOPHIE. '

Rarement , j*en conviens ; mais M. d'Erville est si occupé de lui-même , qu'il n'observe rien avec finesse. La vanité offre beaucoup de prise; et M. d'Erville en a tant, que je me flatte de le gouverner à son insu par ce moyen. D'ailleurs il aime assez l'argent; et quoique ce soit pour le dépenser , c'est un goût toujours un peu vulgaire , dont on peut tirer parti pour se débarrasser de lui. Mon cher Frédéric , j'ai tant d'envie d'échapper au triste sort qui me menace, et de me conserver pour vous , que je yeux tout tenter pour y parvenir.

FRÉDÉRIC

Ah! Sophie, je n'ose espérer tant de bonheur.

SOPHIE

Cher Frédéric, nous n'avons fait de mal à personne; pourquoi le sort ne nous protégerait-il pas? Je vois venir mon père , laissez-moi seule avec lui.

20tl LE MAISNEQUIN.

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