ACTE I , SCENE IV. ^C
rwent dans le fond de la salle. ) Venez, filles de Sunem , venez placer sur la tète de ma fille la couronne du printemps.
LA SOEUR
Quoil ma sœur , tu peux te résoudre à parer ta fille de ces roses ?
LA SrNAMlTF.
Eh : pourquoi ne le fera is-je pas ?
LA SOEtJR*
Cette vision, ce fantôme....
LA SUNAMITE
Comment peux-t(| les rappeler ?
LA SOEUR
Ah : ma sœur , je t'en conjure , songe aux présages funestes qui ont annoncé ce jour.
LA SlJNAMITE.
Je songe à la beauté de Semida.
{ Klle ajuste la parure de sa fille. )
SEMIDA.
Merci, ma mère. —Me voilà donc comme le fantôme, et la couronne est sur ma tête ; mais c'est de toi que je la tiens, elle ne peut me porter malheur. ( Des joueurs d* instrumcns , des jeunes gens et des jeunes filles de Sunem arrii/ent sur la scène. J
LA SUNAMITE
.j.r: Apportez la harpe de ma fille; accompagnez-ïa ; fDais ayez soin que vos instrumen* ne couvrent point «M accords.
8o LA SUNAMITE.
LA SOEUR
Asseyez-vous ici ; ma sœur va rester auprès de sa
fille.
( Scmida joue de la harpe.) Je crois que jamais Semi^a a'a mieux joué que ce soir. Quels sons enchanteurs!
•Lh. SUNAMITE.
Qu'il est touchant , l'air qu'elle a fait entendre I Comme ses yeux parlaient ! comme son ame s'y faisait voir I
SEMIDA, se leifanU
Ma mère , es-tu contente ?
LA SUNAMITE
Oh ! mon enfant , comment te le dire assez !
SEMIDA.
Jamais la musique ne m'a tant e'mue qu'aujourd'hui ; j'étais prête à pleurer en jouant ; il me semblait que je voyais au-dessus de ma tête des anges qui m'appelaient pour m'unir à leurs concerts. Je refsistais à leur voix si douce, ma mère , car je ne voulais pas te quitter. Mais je ne sais quel attrait mystérieux m'enlevait à la terre. J'ai bien fait de finir ; je commençais à me troubler.
LA SOEUR
N'est-elle pas trop fatiguée pour darder ?
LA SUNAMITE
Oh! non; elle danse si bien. N'est-il pas vrai ,. Semida ? Tu peux essayer les pas nouveaux que la femme de Babyioue t'a enseignés ?