ACTE I i SCENE IV. 8l
SEMIDA.
Je le ferai, ma mère, puisque tu le desires; mais embrasse-moi avant que je commence; je sens que j'ea ai besoin.
( Elle danse au son des instrumens.J
LA SOEUn.
Ma sœur , ne vois-tu pas?
LA SUNAMITE
Quoi ? — Ne me distrais pas , je t^en prie ; mon ravissement est inexprimable.
LA SOEUR
Ton ravissement I Et tu ne vois donc pas qu'elle pâlit; elle va tomber, elle tombe.
fSemida chancelle ; la musique cesse. )
LA SUNAMITE
Ma fille: ma fille î
SEMIDA portant la main à son front.
Ma mère , ce n'est rien ; mais je souffre un peu. Fais cesser les instrumens , je t'en prie ; ils m'étourdissent.
LA SUNAMITE
Ma fille , on ne les entend plus.
SEMIDA.
Ah I je les entends toujours.
LA SUNAMITE
Oh , ciel i comme son cœur bat avec violence î
SEMIDA.
Ma mère , ôtemoi ces roses ; leur parfum me fait mal.
82 LA SUNAMITE
à LA. StJKAÎïITE.
Arrachez toutes les fleurs; couvrez cette maison de deuil. Qu*ai-je fait? Juste ciel ! Ma fille!
SEMIDA.
Ma mère , emporte-moi loin d'ici ^ le bruit de la fête me fait mourir : je ne peux plus le supporter.
LA SUNAMITE
Ah , ciel ! et c'est moi qui l*ai voulu. Semida , viens dans mes bras ; viens , que Dieu te protège j et que le fiacrifice de ma vie sauve la tienne !
Flir DU PREMIER ACTE,
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