ACTE III , SCENE II. gf
CUEHAZI.
Et qui t'a dit que tout doive finir avec le tombeau? Quand Enoch fut rassasie de jours, l'Éternelle prit à lui, parce qu'il l'aimait. Samuel n'a-t-il pas survécu à sa mort apparente? ne vint-il pas lui-même, à la voix de la Pythonisse , annoncer à Saiil son funeste destin ? Quand les années d'ÉUe furent accomplies , un char de feu ne descendit-il pas sur la terre pour l'enlever au ciel ?
Eh bien l achève.
GCEHAZI.
Le souffle divin qui animait ton enfant ne peut-il pas retourner dans le sein de son créateur?
LA SUNAMITE
Et ce corps inanimé dont la grâce touchante
GCEHAZI.
Les anges ne ressemblent-ils pas à Semîda ? Pourquoi n'irailelle pas prendre sa place au milieu d'eux?
LA SUHAMITE.
Oui, tu Pas dit, elle en est digne, mais que viens-ttt m'apprendre? Pourquoi nos pères ignoraient-ils le mystère que tu me révèles ? Quand ils imploraient le Tout-Puissant, que lui demandaient-ils? une nombreuse postérité et la prolongation de leur propre vie ; ils ne connaissaient point d'autre ayenir.
GUEHAZI.
Il en est un dans le ciel.
98 LA SUNAMITE
LA SUNAMIIE-
Et ceux qui sont encore sur la terre, que péuveotils pour l'objet qu'ils adorent et que la mortja frappé?
GUEHAZl.
Recommander à Dieu sa vie nouvelle , souflTrir en silence et se résigner, a6n que les vertus de la mère obtiennent le séjour du ciel pour l'enfant.
LA SUNAMITE, se vetoumant vers le lit des a Ji lie.
Eh bieni Semida! Semida , voilà ta mère; il dit que tu peux m*entendre, il dit que tu vois mes pleurs ; il fait plus, il assure que Dieu te protège encore, et que mon courage peut te servir. Eh bien I j'en ai du courage ; j'existe encore , je suis auprès de toi , mon enfant; et , compagne fidèle de ta pâle beauté', j'implore avec soumission le Dieu des yiyans, puisqu'il est aussi le Dieu des morts.
LA SŒUR
Ah , ma sœur l Guehazi , la crois-tu plus calme ?
GUEHAZl.
lEUe est soumise à la Yolonté du Très-Haut.
O ciel ! que yois-je ? c'est Elisée 1