ACTE II , SCÈNE VI
H'ne DE keRHADEC.
Ah I je n'y tiens plus.
ROSALBA
Ma mère, au nom du ciel 1....
KÉRIKE.
Madame !
M™» DE KERNADEC.
Eh l ne faut-il pas pour vos beaux yeux que je me ^ donne sept ans de plus? — Monsieur de Kernadec...
LE CAPITAINE
Il y a sept ans , vous aviez encore un son de voix si doux 1 à présent il est tout enroue.
M™" DE KERNADEC.
Monsieur de Kernadec !....
LE CAPITAINE
Vous le voyez , toujours plus rauque. Et moi , qui avais une voix si ferme pour le commandement ! Enfin , ma femme, je vous le dis avec peine, vos beaux jours sont passe's.
% M™« de KERNADEC.
Ah ! c*en est trop. Vous me trouvez donc bieu change'e depuis sept ans ?
Infiniment.
M"« DE KERNADEC.
Eh bien î je ne veux plus participer a tous ces stratagèmes qui répugnaient à mon cœur. Mon ami , je ne puis consentir à ce qu'on te trompe ; notre amilie' ne le permet pas : ta femme n*a que trente-huit ans ; nous
l4(3 LE CAPITAINE KERNADKC.
sommes en i8ir. On a voulu te persuader qu'il s'était passe sept années , pour obtenir ton consentement au mariage de ma fille ; et moi , ce que je ne me pardonnerai jamais, je lûe suis prêtée un moment à cette ruse; mais le ciel m^en a punie, et je me hâte de tout avouer.
I4E CAPITAINE
Comment , diantre l Et la jambe de bois de Sabord?
SABORD
Mon cher maître, elle est bien à votre seryice. ~
LE CAPITAINE
Et les trois enfans de Nérine ?
SABORD
Nous en aurons douze , s'il plaît à Dieu.
LE CAPITAINE
EtTuniforme de M. Dervalî
DERVAL
Monsieur , Je tâcherai de le mériter.
Et la raison de Bosalba ?
ROSALBA
Ah mon père 1 c'est si raisonnable d'épouser celui qu'on aime l
LE CAPITAINE
Et vous croyez , ventrebleu , que je souffrifai qu'on nie joue ainsi 1 Ah I mille bombes 1 puisque je n'ai que cinquante-trois ans , puisque je suis dans toute ma force, je vws vous arranger de la belle manière. Wor-