SCÈNE IL
LICIDAS , M. ET M""» DE KRIEGSCHENMAHL. LiciDAS entre en récitant le rôle d^Hippolyle,
AMI , qu'oses-tu dire? Toi qui connais mon cœur depuis que je respire , Des sentimens d'un cœur si fier, si dédaigneux, peux-tu me demander
M""" DE KBIEGSCHENMAHL.
Que vous est-il arrive' , mon fils ? comme vos regards sont hardis \ vous rae faites baisser les yeux.
M. DE K.RIEGSCHENMAHL.
Mon fils, as-tu perdu le bon sens?
LICIDAS.
Mon père, ma mère, pardon. Mais vous ne savez pas comme c'est beau ce que je viens de répéter ; vous ne connaissez pas la signera Fantaslici et sa charmante fille Zéphirine. Que je vous plains!
M. DE KRIEGSCHENMAHL,
De qui me parles-lu, mon fils? Ce sont des noms que je n'ai jamais entendu prononcer , et cependant j'ai bien roulé Je pays quand j'étais jeune.
M™« DE KRIEGSCHENMAHL.
Je crains, mon fils,. que ces personnes dont tu me parles ne soient pas une société conyenable pour un jeune homme bien élevé.
LICIDAS.
Ma mère, ce sont deux Italiennes charmantes , la mère et la fille. Elles sont arrivées depuis quelques
l56 LA SIGNORA FANTASTICI.
jours , et jamais je ne me suis tant amuse' quç depuis que je les connais.
M"* DE KRIEGSCHENMAHL.
Que dis-tu , Licidas , amuse I Est-ce que leur société vaut celle de ta tante Ehrenschwand , chez qui nous allons tous les lundis?
LlCIDÀS.
Mille fois mieux , ma mère.
M*"* DE KRIEGSCHENMAHL.
Mieux que les soirées du jeudi chez ta cousine Gi* negonde?
LIGinAS.
Encore mieux.
M™« DE KRIEGSCHENMAHL.
C'est- il croyable?
M. DE KRIEGSCHENMAHL.
Tu me persuaderas que l'on s'amuse plus chez elîe qu'à ce club où nous fumons par jour quelquefois trois, quelquefois six, quelquefois neuf pipes ?
LICIDAS.
Oui, mon père.
M. DE KRIEGSCHENMAHL.
Et qu'est-ce qu'on y fait donc?
LICIDAS.
On y joue la comédie.
M"« DE KRIEGSCHENMAHL.
Ah mon Dieu I Mais c'est de quoi se perdre. Un jeune homme de vingt-quatre ans jouer la comédie 1