‹ Essais dramatiquesChapitre 96 sur 195 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

LICIDAS , M. ET M""» DE KRIEGSCHENMAHL. LiciDAS entre en récitant le rôle d^Hippolyle,

AMI , qu'oses-tu dire? Toi qui connais mon cœur depuis que je respire , Des sentimens d'un cœur si fier, si dédaigneux, peux-tu me demander

M""" DE KBIEGSCHENMAHL.

Que vous est-il arrive' , mon fils ? comme vos regards sont hardis \ vous rae faites baisser les yeux.

M. DE K.RIEGSCHENMAHL.

Mon fils, as-tu perdu le bon sens?

LICIDAS.

Mon père, ma mère, pardon. Mais vous ne savez pas comme c'est beau ce que je viens de répéter ; vous ne connaissez pas la signera Fantaslici et sa charmante fille Zéphirine. Que je vous plains!

M. DE KRIEGSCHENMAHL,

De qui me parles-lu, mon fils? Ce sont des noms que je n'ai jamais entendu prononcer , et cependant j'ai bien roulé Je pays quand j'étais jeune.

M™« DE KRIEGSCHENMAHL.

Je crains, mon fils,. que ces personnes dont tu me parles ne soient pas une société conyenable pour un jeune homme bien élevé.

LICIDAS.

Ma mère, ce sont deux Italiennes charmantes , la mère et la fille. Elles sont arrivées depuis quelques

l56 LA SIGNORA FANTASTICI.

jours , et jamais je ne me suis tant amuse' quç depuis que je les connais.

M"* DE KRIEGSCHENMAHL.

Que dis-tu , Licidas , amuse I Est-ce que leur société vaut celle de ta tante Ehrenschwand , chez qui nous allons tous les lundis?

LlCIDÀS.

Mille fois mieux , ma mère.

M*"* DE KRIEGSCHENMAHL.

Mieux que les soirées du jeudi chez ta cousine Gi* negonde?

LIGinAS.

Encore mieux.

M™« DE KRIEGSCHENMAHL.

C'est- il croyable?

M. DE KRIEGSCHENMAHL.

Tu me persuaderas que l'on s'amuse plus chez elîe qu'à ce club où nous fumons par jour quelquefois trois, quelquefois six, quelquefois neuf pipes ?

LICIDAS.

Oui, mon père.

M. DE KRIEGSCHENMAHL.

Et qu'est-ce qu'on y fait donc?

LICIDAS.

On y joue la comédie.

M"« DE KRIEGSCHENMAHL.

Ah mon Dieu I Mais c'est de quoi se perdre. Un jeune homme de vingt-quatre ans jouer la comédie 1

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