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dinaire si rebelles à toute innovation ? Il y a pour cela un grand nombre de moyens, tous utiles, pourvu qu’ils soient employés avec discernement et persévérance.
D’abord l’école populaire. C’est un fait qu’elle n’a pas rempli et qu’elle est encore loin de remplir sa mission avec fruit. Notre siècle a la gloire d’avoir proclamé la nécessité de l’instruction pour tous ; il a produit de grands pédagogues, mais il est encore à la recherche de la vraie pédagogie. Nos programmes scolaires, surchargés de branches, ressemblent à une végétation touffue qui empêche l’esprit de se développer et de mûrir. Au lieu de préparer à la vie pratique, l’école moderne, avec le fatras de connaissances qu’elle prétend inculquer, fait naître chez l’élève un dégoût universel pour tout ce qu’on lui enseigne; il ne mord plus ensuite volontiers à la théorie. De bons maîtres primaires, sachant développer l’esprit d’observation, habiles à tirer parti pour leur enseignement des circonstances au milieu desquelles vivent leurs élèves, feront plus pour populariser la science agricole que de grosses sommes mises au budget pour des établissements spéciaux. Non point que l’instituteur doive donner des leçons d’agriculture proprement dite, car, le plus souvent, ses élèves pourraient lui en remontrer en fait de pratique ; mais ce qu’il peut faire avec succès, c’est de poser des principes de science élémentaire, applicables aux exploitations rurales les plus grandes comme les plus modestes. « Il faut, disait M. le pro-
fesseur Gossin au congrès international de l’agriculture tenu à Paris pendant l’exposition universelle de 1878, il faut que l’instituteur primaire soit en état d’apprendre à ses élèves les plants, les engrais, le classement des terres. Il doit pouvoir aussi s’occuper des principes de la physiologie des animaux ; cela rentre dans son enseignement. Il ne doit pas aller au delà. » Sans doute, il ne s’agit pas d’introduire de nouvelles branches dans le programme, mais bien d’enlever à celui-ci tout ce qu’il a de pédantesque et de surabondant, ahn de permettre à l’enfant de concentrer son attention sur les objets qui sont à sa portée et qu’il a réellement besoin de connaître à fond. Le paysan est certainement observateur, mais faute de posséder les rudiments de la science, il observe souvent mal ou d’une manière insuffisante, ce qui revient au même. Les théories qu’il se forge se rapportent à des faits isolés; il ne sait pas les relier à des causes générales, ni distinguer les causes des effets. C’est là ce qui fait son infériorité. L’école populaire devrait s’attacher à lui donner des notions claires et saines sur les phénomènes qu’il voit tous les jours ; cela lui servirait plus que d’avoir appris par cœur les dynasties des pharaons ou la géographie détaillée de l’Asie, pour ne pas parler d’autres exercices non moins inutiles.
Que de temps perdu dans nos écoles ! que de leçons stupéfiantes ! que de vaines redites ! quel manque de vie, de chaleur et d’intérêt dans l’enseignement oral ! quel encombrement de manuels arides
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et qu’on n’ouvre plus, passé un certain âge, qu’avec frisson, comme si l’on entrait dans un ossuaire ! Je ne suis pas pour que, dans l’école, on rende la science amusante ; on ne peut acquérir l’instruction sans travail, et tout travail implique un effort. Mais que du moins on ne décourage pas systématiquement les élèves en ne leur offrant, pour prix de l’effort, qu’un caillou au lieu d’un fruit savoureux. La science est par elle-même attrayante ; ce sont les pédants qui la discréditent. Dans notre époque où l’on fait tant de sacrifices pour l’école, on ne s’est pas encore rendu compte que le vrai progrès consisterait non point à compliquer toujours davantage les programmes et les méthodes, mais à les simplifier.
Si la crise agricole doit être attribuée en grande partie au manque d’intelligence et d’instruction de l’agriculteur, il faut donc reconnaître aussi que son apathie et son esprit de routine sont malheureusement favorisés par l’organisation défectueuse de l’enseignement populaire. Les écoles d’agriculture moyennes et supérieures ne seront complètement utiles que lorsqu’elles reposeront sur les larges assises d’un enseignement primaire donné aux jeunes campagnards en vue de leur profession future, d’un enseignement qui, sans tomber dans le défaut d’une spécialisation prématurée, soit mieux dirigé vers les besoins de la vie agricole. Le calcul, la comptabilité, le toisé, la chimie, l’histoire naturelle, ne doivent pas être enseignés au même point de vue dans les villes et dans les campagnes. Si les principes généraux
sont les mêmes, les applications qu’on en fait dans l’école, les exemples qu’on présente aux élèves pour former leur intuition des choses devraient varier suivant les milieux. Les manuels uniformes introduits dans les écoles pour le plus grand profit de certains auteurs et éditeurs ne valent rien sous ce rapport.
Voilà pour ce qui concerne la jeunesse, c’est-à-dire l’avenir. Mais pour le présent, comment gagner à la science agricole la génération qui cultive actuellement le sol et qui se lamente d’une crise à laquelle son impéritie est loin d’être étrangère? On a essayé avec plus ou moins de succès des conférences nomades, des cours temporaires, de la distribution d’écrits populaires, des expositions et concours, des stations d’essai et des exploitations modèles, de la répartition de bons animaux reproducteurs, de bons plants et semences, etc. L’état est allé dans cette voie beaucoup plus loin que pour les autres industries; il a reconnu qu’on ne secouerait l’apathie des agriculteurs qu’en leur faisant des dons gratuits ou en leur promettant des récompenses en argent s’ils veulent bien consentir à ce qu’on s’occupe de leur bonheur. Les industriels sont beaucoup plus accessibles à l’honneur qu’au numéraire; on le voit dans les expositions; ils y présentent à grands frais leurs produits pour obtenir une médaille ou même un simple
diplôme; les agriculteurs ne se dérangeraient pas
pour si peu: ils ne font cas des distinctions honorifiques que si elles sont accompagnées de pièces de cent sous.
Cela même prouve un manque d’intérêt pour le perfectionnement professionnel. C’est un grave défaut qu’il faudrait pouvoir ne pas encourager trop longtemps. J’admets volontiers que l’état ne peut pas renoncer à ces divers moyens de réveiller le zèle et l’esprit de progrès des agriculteurs. Mais il faut espérer qu’une fois sortis de leur inertie, ils se piqueront de la même émulation que les industriels, et qu’ils trouveront dans leur propre initiative le mobile et la récompense de leurs efforts. Le vrai progrès agricole ne se fera que s’il en est ainsi.
L’organisation de l’enseignement nomade est un des moyens les plus efficaces de secouer l’indifférence des agriculteurs et de les familiariser avec les résultats des découvertes modernes. M. le D‘‘ Kræmer donne à ce sujet, dans son rapport officiel déjà cité, des renseignements précieux et des conseils bons à suivre ;
« Les expériences recueillies jusqu’ici, dit-il, ne sont pas unanimement, mais cependant en très grande majorité, favorables à cette institution... Abstraction faite du choix de maîtres absolument qualifiés, diverses conditions doivent être remplies si l’on veut obtenir un résultat effectif et durable. Des conférences accidentelles sur certaines questions touchant à l’agriculture, fussent-elles motivées en raison des circonstances locales, peuvent produire un grand effet, mettre les esprits en mouvement et avoir ainsi leur côté utile, mais elles ne satisferont entièrement à la longue que si elles sont suivies de l’application pratique des idées émises. Or, pour cela, il sera de plus en plus nécessaire d’organiser la mission du professeur itinérant de telle façon qu’il reste en contact régulier avec la population rurale de la région où il exerce
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régions: Tessin et Inn, Rhin, Reuss, Aar, Orbe et Birse, Rhône, de nommer pour chaque région le nombre de professeurs nécessaire, et de les faire rétribuer par la caisse fédérale. Il est douteux que ce système rencontre l’assentiment général des intéressés. Ce n’est pas devant la dépense que l’autorité fédérale reculerait, mais devant la crainte que la dépense ne fût inutile, et elle le serait certainement si les cantons et les sociétés agricoles ne prenaient pas elles-mêmes une part directe soit à l’organisation de cet enseignement, soit aux frais qui en résulteraient. On n’apprécie bien que ce qui a coûté quelque effort.
Quoi qu’il en soit, si, grâce à des ressources combinées, cet enseignement réussit à prendre pied, le gros des agriculteurs en tirera de précieux avantages. Mais on ne saurait être trop scrupuleux dans le choix des conférenciers et des sujets à traiter. D’abord il taut que le conférencier ait une connaissance approfondie du milieu où il enseigne; les sujets qu’il aborde n’ont pas besoin d’être nombreux, mais il doit les posséder à fond, les approprier aux localités, donner des conseils spéciaux pour chaque contrée et être en état de répondre avec précision et sûreté aux questions qui lui seront adressées. S'il en est autrement, il tombera dans une phraséologie fatigante, contre laquelle l’agriculteur est toujours en garde. Il devra éviter les questions brûlantes, soit politiques, soit religieuses, en se souvenant que l’agriculture est un terrain neutre sur
lequel tous les partis doivent pouvoir se rencontrer. 11 évitera également de vanter trop certains procédés ou certains produits, pour ne pas avoir l’air de faire de la réclame. Il se tiendra en relations avec le public de ses conférences, et agira non seulement par la parole, mais aussi par la plume, en faisant des communications utiles aux journaux sur les sujets qu’il aura traités. Je suis persuadé qu’en observant ces principes, les conférenciers nomades rendront de très grands services à l’agriculture; ils détruiront les préjugés répandus contre la science; ils inspireront confi.'ince, et les paysans n’hésiteront pas à suivre leurs conseils.
Les écoles d’agriculture proprement dites ne seront jamais fréquentées que par un petit nombre de fils de cultivateurs. Cela est compréhensible. La plupart d’entre eux n’ont pas le temps ni les moyens de consacrer plusieurs années à des études théoriques. Dès que l’enfant a atteint un certain âge, il faut qu’il se voue à la pratique ; son travail est nécessaire pour aider la fiimille à vivre. Tenant compte de cela, on a essayé de créer un enseignement qui, plus méthodique et plus étendu que celui donné dans les conférences nomades, s’adresse spécialement à la jeunesse et remplace dans une certaine mesure l’enseignement de l’école d’agriculture. En hiver, l’agriculteur a du temps libre; généralement il en a même trop, et ne sait pas l’utiliser. On a pensé qu’il serait facile de réunir, pendant la saison morte, un certain nombre de jeunes gens qui, durant
quelques semaines, suivraient des cours théoriques sur les principales branches agricoles. On a cherché à diminuer leurs frais personnels autant que possible. Cette institution n’a pas réussi partout. Cela tient sans doute à diverses causes, mais l’une des plus essentielles est certainement l’indifférence et même la défiance des populations rurales à l’égard de la théorie. «Nos fils rapporteront de la ville des idées nouvelles; ils voudront tout changer, tout bouleverser, et leurs essais seront loin d’être profitables ; qui sait même s’ils ne perdront pas le goût du travail des champs? Gardons-les à la maison, cela vaudra mieux pour eux et pour nous.» Voilà, à coup sûr , le raisonnement que beaucoup de parents tiennent.
Des cours qui ont plus de succès, ce sont les cours spéciaux d’horticulture, d’arboriculture, de jardinage, etc., dans lesquels beaucoup de pratique est jointe à un peu de théorie. Ces cours durent quelques jours, tout au plus une à deux semaines ; ils ont lieu dans la saison propice aux expériences à faire. Sous la direction d’un bon maître, qui doit être plutôt un praticien qu’un professeur de la chaire, les élèv’^es, généralement adultes, sont mis expérimentalement au courant des meilleures méthodes. Tels de ces cours sont organisés pour les femmes; ce sont peut-être les plus utiles, car si l’esprit de progrès réussit à gagner les ménagères agricoles, une impulsion bienfaisante ne tardera pas à se faire sentir. L’homme sera non seulement encouragé dans
sa tâche, mais soutenu et dirigé par le sens juste qui est d’ordinaire l’apanage du sexe faible, et qui tient à ce que l’horizon féminin se perd moins dans les régions vaporeuses de la théorie.
Les écrits populaires peuvent exercer une très bonne influence pour le développement de la science agricole; mais il faut qu’ils soient bien faits, ce qui n’est pas souvent le cas. Ou bien, en effet, les exposés sont rigoureusement méthodiques et supposent des connaissances que la plupart des lecteurs ne possèdent pas ; ou bien l’auteur, pour se mettre à la portée de son public, tombe dans la trivialité et le lieu commun. De ces écrits, les premiers passent par-dessus les têtes comme des balles tirées trop haut; les seconds n’élèvent pas l’intelligence. Un excellent modèle, c’est le livre de lectures agricoles de M. le D'’ Frédéric de Tschudi, conseiller d’état à Saint-Gall (Laudioirtschaftliches Lescbuch) ; un peu volumineux i400 pages), il tient lieu de toute une littérature spéciale : il est â la fois simple et élevé, populaire et scientifique; il a obtenu un légitime succès dans la Suisse orientale et en Allemagne, et devrait être dans les mains de tous les paysans. Ce livre ou tel autre semblable facilite considérablement la tâche des auteurs de monographies; ils peuvent se référer aux principes généraux développés dans le livre et que les monographies sont destinées à compléter. Dans la règle, les écrits agricoles populaires devraient contenir des planches bien faites; l’agriculteur a particulièrement besoin de l’intuition
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par les }^eux. La distribution de ces écrits doit être faite avec soin et système; les dons gratuits ôtent souvent de la valeur aux choses ; il sera bon de s’en souvenir. Le paysan qui aura acheté ou emprunté un livre y attachera plus de prix que si, par force ou de son plein gré, on le lui a fourré dans la poche. Beaucoup de diplomatie ne sera pas inutile pour faire arriver l’écrit â la bonne adresse et pour qu’il profite.
Les journaux sont une des formes de l’écrit populaire les plus recommandables. Dans le grand nombre de ceux qui paraissent, il y en a peu de bien rédigés pour le gros des populations rurales. L'éparpillement des forces est un obstacle à des améliorations; trop de petites feuilles végètent avec un nombre minime^ d’abonnés; elles ne peuvent faire les frais d’une rédaction substantielle et variée; elles sont les organes de petites coteries et contribuent peu à développer l’esprit de progrès. Peut-être la meilleure combinaison est-elle celle qui consiste â réserver dans la presse politique une place aux questions techniques agricoles ; le cercle des lecteurs est ainsi plus grand et plus certain, mais l’inconvénient, c’est que la politique arrive trop facilement à déteindre sur l’agriculture; on deviendra peut-être partisan ou adversaire de telle innovation parce que le journal de la couleur à laquelle on se rattache l’aura préconisée ou combattue; il y aura des méthodes de culture radicales et des méthodes conservatrices. Cela n’est certainement pas désirable.
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mais tout bien considéré, cela serait encore préférable à l’indifférence actuelle. Lutter et se passionner, c’est vivre; il n’y a guère que les morts qui ne soient pas exposés à ce que l’esprit de parti fausse leurs idées.
Les expositions et les concours jouissent dans notre époque d’une faveur bien méritée. Rien n’a contribué davantage à provoquer chez les agriculteurs une émulation féconde. L’enseignement par les yeux donne toujours les meilleurs résultats, mais il est surtout nécessaire aux intelligences qu’une éducation scientifique n’a pas mises en état de comprendre les démonstrations abstraites. En voyant et en pouvant toucher du doigt les produits les plus remarquables du sol, les spécimens les mieux réussis des animaux de ferme, résultat de croisements bien faits et d’un élevage rationnel, le paysan s’est rendu compte que les méthodes transmises par ses ancêtres n’étaient pas le dernier mot de la sagesse agricole. Il a commencé à se défaire du sot orgueil qui lui faisait envisager son œuvre comme parfaite, orgueil que Juste Olivier a décrit d’un trait si fin dans son admirable poème des Campagnes:
Quelque champ de navets le retient un moment;
Il le blâme ou le loue et se dit en lui-même:
Le mien certe est plus beau, mais c’est moi qui le sème !
L’affluence du public de toutes les classes et de toutes les conditions, accourant à ces exhibitions comme à la plus joyeuse des fêtes, lui a prouvé l’intérêt immense qui s’attache à l’agriculture. 11 est rentré chez lui la tête pleine d’idées nouvelles, de projets plus ou moins arrêtés; il a senti naître en lui l’aspiration vers le mieux, et il y a donné essor par des tentatives dont les unes ont réussi, et dont les autres, en échouant, lui ont montré l’insufflsance de ses notions élémentaires et inspiré le désir de les compléter. Il est vrai aussi que cet échec l’a souvent rebuté, mais en somme le besoin de progresser a pris une place prédominante dans son esprit.
On a reproché aux expositions et concours de ne favoriser que les gros cultivateurs; c’est vers eux que toutes les primes et les récompenses s’en vont; le petit paysan en revient presque toujours les mains vides ; il n’a pas de beau bétail à produire parce qu’il n’a pas le moyen de s’en procurer ou de l’élever avec tous les soins nécessaires ; il n’a pas non plus de produits du sol très remarquables parce qu’il n’est pas en mesure de faire de la culture passionnelle, pour employer l’expression de Fourier. «On donne à celui qui a, et à celui qui n’a rien, le peu qu’il a lui est encore ôté.» Cela est vrai d’une manière relative; c’est un des épisodes de cette grande lutte pour la vie qui, suivant la conception darwinienne, fortifie les forts et met les faibles à leur discrétion. Mais le petit paysan qui sait observer et tirer parti de ce qu’il voit, ne doit
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pas nourrir de la mauvaise humeur à l’endroit des expositions; il doit se dire que tout le monde ne peut être riche et avoir un grand domaine à cultiver, mais que chacun doit viser à tirer de ce qu’il possède le meilleur profit. S’il remporte cette leçon des expositions et concours, il n’aura pas perdu son temps.
Le reproche le plus sérieux que, selon moi, on doive adresser à ce mode d'encouragement de l’agriculture, c’est qu’en général il se pratique exclusivement aux frais de l’état, chose que j’envisage, ainsi que je l’ai dit plus haut, comme peu favorable au vrai progrès. Les agriculteurs, et précisément les gros agriculteurs qui disposent déjà de moyens suffisants pour perfectionner leurs exploitations sans stimulant ni aide venant du dehors, s’habituent trop à l’idée que l’état leur doit des récompenses lorsqu’ils n’ont fait après tout que se montrer soucieux de leurs propres intérêts. Il y a par exemple tels éleveurs de chevaux ou de bétail qui font en quelque sorte métier d’exposer leurs produits, comme il y a des tireurs qui font de leur adresse une véritable profession. Les uns et les autres s’en vont partout où une fête patriotique est organisée avec un beau plan de primes à distribuer; ils se font ainsi un revenu de ce qui est destiné à l’encouragement général. Je crois qu’en matière d’agriculture, le meilleur moyen de remédier à cet abus serait de faire participer les exposants aux frais que le soin de leur propre intérêt occasionne. Que l’état con-
tribue à ces frais dans une large mesure, j’en suis parfaitement d’accord. Mais qu’il doive prendre tout à sa charge, sans que les intéressés aient d’autie peine que celle de venir toucher les sommes mises par le trésor public à leur disposition, voilà ce qui me paraît contraire aux saines notions économiques. On objectera que, si l’on demande un sacrifice quelconque à l’agriculteur, les expositions et concours ne seront plus fréquentés. C’est précisément ce qui est regrettable. L’appât du gain est un mobile puissant, mais s’il n’est pas accompagné d’un sentiment plus noble, le désir du perfectionnement, il ne réussira pas à transformer notre agriculture comme il le faudrait pour mettre fin à la crise dont elle
souffre.
Un autre défaut des expositions et concours, c’est qu’ils ressemblent trop à ces examens d’école dans lesquels la salle est nettoyée et ornée, les élèves en habits du dimanche, avec des réponses toutes prêtes, et soigneusement repassées, aux questions pré\ues qu’on leur adressera. De même, dans les expositions, nous sommes en présence de l’agriculture endimanchée, se montrant sous son jour le plus favorable. Un cultivateur inintelligent ou paresseux peut avoir occasionnellement un produit très remarquable à exhiber, tout comme un mauvais écolier peut, avec de la chance, briller à l’examen. Ce qu il laut \oii, c’est la vie de tous les jours; ce qui mérite d’être encouragé, c’est l’effort soutenu vers un but louable. Aussi l’un des meilleurs s^’stèmes de piimes à lagii-
culture est-il celui destiné aux exploitât Là, rien n’est caché aux yeux des peuvent se convaincre par des visites fr le domaine est bien cultivé, que les t laits en temps utile, la ferme en bon animaux bien soignés. La vue de telles est une leçon permanente pour les voi:
les portera peut-être à dénigrer ce qui très certainement, à la longue, la leçon perdue. Il faut seulement se garder d’er qui est uniquement de l’agriculture de à grands trais, par dilettantisme, sans réelle du produit soit en rapport avec l Un propriétaire riche peut mettre sa gl< tenir son domaine comme im îarriin au
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qu’on lui a vantées comme donnant de bons résultats, à introduire dans son exploitation des machines perfectionnées ou soi-disant telles, s’il ne rencontre pas le succès au bout de sa peine et de ses dépenses, il sera dégoûté pour longtemps de toute innovation. Des négociants peu scrupuleux ont souvent trompé sa confiance; c’est ce motif qui a engagé l’état à organiser des stations d’essai chargées de contrôler la qualité des moyens de culture dont il s’agit. Les marchands honnêtes se placent d’eux-mêmes sous le contrôle de la station ; ils ont tout intérêt à offrir cette garantie de plus à leurs clients, et l’agriculteur achète alors en toute sécurité. Il est inutile de dire que ces stations doivent être dirigées par des hommes absolument consciencieux et à la hauteur de leur tâche.
Pour encourager les améliorations culturales et le progrès agricole, on a eu recours avec succès à la distribution gratuite de bons plants et semences. Ce sont les sociétés d’agriculture ou l’état qui président à cette distribution. Aux Etats-Unis, elle constitue l’une des principales occupations du ministère de l’agriculture.
« Les fermiers américains, disent MM. Clare Read et Albert Pell dans leur rapport déjà cité, ont l’avantage d’avoir un ministère (board) de l’agriculture. 11 se peut qu’un ministère de ce genre soit une cause d’entrave et non un avantage; mais dans un pays nouveau, un département ministériel bien administré, comme l’est celui de Washington, ne peut que rendre de sérieux services à l’agriculture. 11 n’existe pas seulement
un ministère fédéra] de l’agriculture, mais tous les états que nous avons visités ont le leur qui, étant en communication constante avec celui de Washington, rend le service central beaucoup plus utile et plus complet. Il est merveilleux qu’une administration a^-ant aussi peu de ressources à sa disposition puisse faire autant de bien ; et c’est à la coopération dévouée et entière des ministères d’agriculture des différents états que celui de \\ ashington doit de pouvoir rendre de réels services. L’autorité centrale prépare les statistiques agricoles et publie, de temps à autre, des rapports sur la situation des récoltes des Etats-Unis. Les statistiques ne comprennent pas seulement la superficie des cultures, mais aussi un apervu du rendement probable, renseignements qui ne peuvent avoir quelque valeur pratique qu’à la condition d’être fournis par les autorités locales. En échange des renseignements transmis par les ministères d’agriculture des états, le service fédéral communique a ceux-ci toutes les indications qu’il a pu obtenir de l étiang-er; il leur fournit en outre, ainsi qu’aux instituts agricoles et aux fermes modèles qui leur sont attachées, les gnaines et les semences ayant chance de donner de bons résultats dans les diftérentes régions.
« L’ambition louable de cette grande nation des Etats- Unis semble être „de nourrir le monde et de se vêtir ellemême". Avec sa variété de sol et de climat, il est plus que probable que ce pays pourra avantageusement cultiver, de maniéré à suffire à ses besoins, toute espèce de récolte ou de plantes produites de par le monde. Le ministre énergique qui dirige le département de l’agriculture vient de faire de vigoureux efforts pour propager et développer la production du sucre; ses tentatives ont, jusqu’à présent, donné de bons résultats. Divers états produisent une excellente qualité de sucre. Parmi les variétés de canne à sucre qui ont le mieux réussi, il faut citer le sorgho ambré, hâtif, du Minnesota. Cette plante est très vigoureuse, sa croissance rapide, et sa richesse saccharine remarquable.
ES.ÇAIS ÉCONOMIQUES
LA CRISE AGRICOLE
« Aux Etats-Unis ainsi qu’au Canada, le jeune fermier désireux d’obtenir une instruction agricole, tout à la fois scientifique et théorique, n’a que l’embarras du choix. A Guelph, dans l’Ontario, il existe un établissement semblable à celui de Cirencester, dans lequel un fils de fermier peut, à un prix presque nominal, acquérir un aperçu parfait de l’administration d’une ferme et de l’entretien du bétail (auxquels il participe pratiquement) ainsi que les meilleures connaissances scientifiques acquises, non seulement dans les laboratoires, mais encore dans les champs. Les comtés des divers états possèdent invariablement quelque excellent établissement de ce genre, qui donne une instruction agricole solide et de l’ordre le plus
élevé. »
l’ai tenu à reproduire ce passage in extenso; il montre quels efforts sont faits par nos concurrents les plus redoutables pour répandre les connaissances agricoles. Lorsque les Américains attachent tant de prix à joindre à la supériorité que leur donne un sol vierge, immense et peu coûteux, celle qui résulte d’une instruction professionnelle complète, nos agriculteurs ne doivent-ils pas comprendre combien il est nécessaire qu’eux-mêmes témoignent plus d’empressement pour la science ? C’est pour eux le seul moyen de tenir tête à la concurrence américaine; s’ils le négligeaient, leur défaite totale serait certaine.
Il y aurait encore à indiquer beaucoup d’autres moyens d’encouragement de l’agriculture, en particulier les subventions données par l’état pour l’introduction de bons animaux reproducteurs, trop coûteux pour que des particuliers aient avantage à
se les procurer par leurs seules ressources. On pourrait mentionner aussi la distribution de primes pour les meilleurs élèves de la race chevaline, bovine, ovine ou porcine provenant des croisements faits avec les animaux importés; les subventions pour les grands travaux d’amélioration du sol ; l’organisation de statistiques agricoles complètes, etc. Tous ces moyens d’encouragement peuvent être considérés comme visant à élargir l’horizon intellectuel des cultivateurs, à augmenter leur instruction, à former leur expérience. Je ne m’y arrêterai cependant pas, pour ne pas allonger indéfiniment cette étude.
Après avoir exposé que le manque d’intelligence et d’instruction est une des causes profondes de la crise agricole et indiqué les principaux modes de diffusion des connaissances agricoles, j’aborde une autre catégorie de défauts individuels déjà signalés plus haut et qui contribuent aussi à la crise. S’il est nécessaire en effet, pour que les cultivateurs prospèrent, qu’ils aient une instruction professionnelle suffisante, s’il est indispensable de stimuler leur intelligence et de leur faire prendre goût à la science, il faut d’un autre côté qu’ils trouvent en eux-mêmes l’initiative de l’activité dont ils ont besoin pour utiliser leurs connaissances. Les qualités de prévoyance, d’énergie, d’ordre, de travail et d’économie sont, autant que l’instruction, la base de la prospérité in-
dividuelle; lorsqu’elles font généralement défaut à 4
un peuple ou à une classe, on voit se produire un malaise social. C’est l’absence de ces qualités chez beaucoup de cultivateurs qui a donné lieu, en bonne partie, à la crise agricole.
Beaucoup d’agriculteurs ont manqué de prévoyance lorsqu’ils ont acheté des terres, désintéressé des cohéritiers, emprunté pour agrandir leur exploitation; ils se sont laissé entraîner par le vertige des spéculations hasardées ; ils ont établi leurs calculs sur ,
des rendements exceptionnels ; ils n’ont pas suivi la f
marche du temps ; ils n’ont pas su se prémunir contre ^
les éventualités défavorables qu’ils auraient dû faire
entrer en ligne de compte. Prévoir signifie voir d’a- |
vance ; mais pour prévoir il faut des lumières qu’ils |
ont négligé ou dédaigné de se procurer par Tins- ]
truction. Aujourd’hui, un grand nombre sont dans la peine à cause de leur imprévoyance ; ils accusent I
la société d’être la cause de tout le mal ; ils deman- |
dent à l’état de guérir toutes leurs plaies ; il leur ?
faut du crédit à bon marché, des lois contre l’usure ^
pour les protéger contre eux-mêmes. J’ai cherché à j
faire la part de ce qu’il y a de fondé dans leurs ^
plaintes ; mais tout ce qu’on pourra faire pour leur ?
venir en aide sera inutile si leur prévoyance indivi- v
duelle continue à être en défaut. Ils ne doivent pas ^
envisager la perche qu’on leur tend pour sortir du |
bourbier comme un appui sur lequel ils ont le droit i
de compter, quelle que soit leur conduite future. ^
C’est là une vérité dure qu’il faut avoir le courage s
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et l’honnêteté de leur dire, contrairement à ce que font certains politiciens, charmés de placer dans cette circonstance des théories socialistes dont les ouvriers industriels commencent à avoir assez. L’état ne doit plus rien aux imprévoyants, après qu’il les a mis en mesure de travailler librement et de contracter dans des conditions égales à celles d’autrui, et qu’il a fait ce qu’il pouvait pour la diffusion des connaissances utiles. Tant pis ])our qui ne sait pas profiter des avantages offerts à tous ; tant pis pour les hommes apathiques, insouciants ou légers qui ne tiennent compte ni des avertissements qu’ils reçoivent ni des bienfaits de l’association par lesquels ils pourraient prévenir en partie ou en totalité les mauvais risques de la vie !
Si l’imprévoyance recevait toutes les faveurs qu’elle réclame de l’état, que deviendrait l’énergie individuelle, cette force plus puissante que toutes les organisations rêvées par les socialistes pour faire progresser l’humanité ? Le précepte : « Aide-toi, le ciel t’aidera ! » demeure éternellement vrai. La solidarité est un beau et noble principe, mais elle ne doit être envisagée que comme la résultante de toutes les énergies individuelles ; si chacun n’apporte pas le concours loyal de ses forces à l’œuvre collective, celle-ci ne saurait tarder à péricliter. Ce qui fait un peuple fort, c’est le grand nombre des individualités fortement trempées qui le composent. Lorsqu’une crise agricole ou industrielle éclate, il est naturel que les plaintes s’élèvent et que les réclamations
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surgissent ; il est naturel aussi qu’on examine si les institutions sociales ont réellement contribué à faire naître la crise ou à la rendre plus intense, et qu’on recherche le moyen de les améliorer autant que possible. Mais il faut prendre garde de ne pas non plus prêter à ces plaintes une oreille trop complaisante. La compassion est un sentiment louable; poussée trop loin, elle détruit l’énergie individuelle, elle habitue le plaignant à se lamenter sans fin sur notre état social au lieu de rechercher en soi la cause du mal et de tenter un effort vigoureux pour la faire disparaître. On a remarqué que les malades qui ont la volonté de guérir y réussissent plus vite que les autres. De même les agriculteurs qui auront la volonté ferme de lutter contre la crise actuelle réussiront certainement à la surmonter.
Cette volonté doit se traduire avant tout par l’ordre, le travail et l’économie. Les défauts opposés ne sont que trop communs. Quelle déperdition de richesses n’en résulte-t-il pas pour l’agriculture ! Et l’on peut dire que c’est partout le cas, à un degré plus ou moins grand, même dans les pays et dans les exploitations qui peuvent passer pour modèles. Ainsi, je viens de recevoir du riant pa}"S d’Appenzell, si propre, si coquet, si industrieux, une brochure contenant un rapport d’experts cantonaux sur l’économie alpestre de ce canton. L’économie alpestre a une importance capitale pour la plus grande partie de la Suisse. Quelques extraits de ce rapport permettront de juger du peu de soin qui lui est voué.
Et ce qui est vrai de réconomie alpestre ne Test pas moins de Tagriculture de la plaine.
<i- Si, disent les experts appenzellois, la propreté des batiments et de leurs abords est souvent irrépi*ochable, on trouve aussi des contrastes frappants. Les étables et le bâtiment principal sont entourés d’immondices qui en rendent Taccès désagréable et souvent meme périlleux. Le pavage autour des bâtiments est une exception. On fait peu en vue d’économiser le bois â brûler; les cheminées bien installées sont une rareté. Les caves â lait sont souvent humides ; le sol n’est ni pavé ni battu ; on ne peut par conséquent le nettoyer â fond lorsque du lait est répandu ; il en résulte que ce lait s'aigrit et l’odeur qu’il dégage tend â gâter le lait contenu dans les vases. Les écuries sont généralement assez spacieuses pour offrir un abri à tout le bétail, ce qui, pour beaucoup d'alpes d’autres cantons, n’est pas le cas; mais elles sont généralement trop basses, sombres et sans ventilation.
« Presque partout nous avons trouvé des fosses couvertes pour recevoir les engrais, ce qui démontre combien l’on comprend l’importance d’une fumure rationnelle pour nos Alpes. Toutefois on fait encore trop peu pour recueillir et utiliser les engrais. La potasse et le gypse, même le guano et les phosphates devraient trouver beaucoup plus d’emploi.
« Un des points les plus négligés de notre économie alpestre, c'est l’extraction des plantes nuisibles et le ramassage des pierres dans les pâturages. Les alpes où l'on a voué de l’attention â ces deux sortes de travaux, sont des plus prospères... Des étendues considérables pourraient être desséchées... On devrait aussi changer alternativement le bétail de pâturage, ce qui n’a pas généralement lieu... Les installations pour faire boire le bétail laissent â désirer... Les chemins sont presque partout en mauvais état... On ne prend pas assez de soins pour l’entretien des forêts, etc., etc. »
LA CRISE AGRICOLE
Evidemment, tant que Tagriculteur n’aura pas voué au bon entretien de sa ferme, de ses étables, de ses champs, les soins nécessaires, il n’aura pas le droit de se plaindre de la crise, mais il devra s’en prendre tout d’abord à lui-même de sa situation peu prospère. Avant de récriminer contre la concurrence étrangère et contre les institutions du pa}'S, il fera bien d’examiner s’il n’a pas lui-même négligé ou gaspillé les trésors qui sont à sa portée. Assurément, avec un peu plus d’activité et de soin, il aurait pu, par exemple, recueillir et utiliser, surtout dans le voisinage des villes, de précieux engrais et détritus qui se perdent. Avec une comptabilité bien tenue, il aurait mieux apprécié sa situation. Avec plus d’amour du travail, il se serait ingénié à remplacer les longues flâneries de l’hiver et des jours de pluie par une occupation utile. Avec plus d’esprit d’économie, il aurait cherché à diminuer les dépenses de fêtes et de cabarets.
L’éducation morale des agriculteurs est donc non moins indispensable que leur éducation intellectuelle. C’est principalement sous ce rapport qu’il n'y a pas eu progrès, mais plutôt recul. La science du bonhomme Richard est tombée en mépris dans nos campagnes. En voyant les rapides fortunes faites dans l’industrie et le commerce, édifices de carton doré bâtis sur le sable, le paysan a rêvé aussi de s’enlichir sans efforts. Il a abandonné la proie pour l’ombre, il a oublié les judicieux conseils de Franklin, autrefois si populaires. C’est une cause essentielle et des plus profondes de la crise agricole.
ESSAIS I-XONOMIQUES
Il me reste à tirer les conclusions générales de cette étude. L’agriculture européenne est certainement malade, mais son état n’est pas désespéré, comme certains esprits chagrins se plaisent a le prétendre. Si depuis quelques années la nature ne lui a pas été propice, il n’en sera pas toujours ainsi. « Plus la nuit a duré, plus le matin est proche », dit la sagesse des nations. Quelques bonnes récoltes successives relèveront bien des courages abattus, et répareront bien des brèches. La nature a cela de bon, qu’aidée du travail et de la volonté de l’homme, elle a coutume de guérir les maux qu’elle occasionne. Ce sera le remède à la crise agricole sur lequel on peut le plus sûrement compter, bien qu’il ne soit pas en notre pouvoir de le taire agir à point nommé.
La concurrence étrangère n’est pas non plus absolument invincible. Sous le coup de touet qu’elle a donné au cultivateur européen, de grands perfectionnements ont déjà été réalisés. Preuve en soient les conclusions du rapport général de la société nationale d’agriculture de France, sur l’enquête que le gouvernement de ce pays l’avmit chargée d’organiser et dont j’ai déjà eu l’occasion de parler. Voici ces conclusions :
1“ Depuis 1861, les assolements se sont améliorés, la culture des racines, l’extension des prairies ont diminué les jachères, le seigle recule partout devant le iroment.