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EAU-DE-ROCHE

— Près de mou gîte, au flanc d'un coteau, s'étale une source. — Comme elle est transparente ! Comme elle s'ouvre, toute grande, sur le ciel, pour en refléter les nuances les plus fugitives, en absorber l'azur pailleté d'or ! Quelle main a si joliment façonné la coupe de sable où son diamant s'enchâsse ? Et les quelques roches brunes, négligemment posées, qui en garnissent le bord, se recouvrent d'une patine veloutée, si savoureuse !

L'onde, qui se renouvelle sans cesse, s'épanche, en trois ou quatre filets clairs, sur un tapis d'herbes mousseuses dont elle anime la verdeur. Cela est ravissant, cette chose fluide et diaphane, courant à travers ces émeraudes si fraîches, luisantes, polies, toutes constellées de gemmes.

Et quelle mélodie très fiue s'envole du mobile cristal ! Que c'est simple et neuf !

Gouttelettes, qui venez de là-haut, très loin, et qui vous épurez le long d'un pèlerinage obscur, — en paraissant enfin au jour, et en vous laissant choir, une à une, dans la vasque lumineuse, vous murmurez un rythme virginal et berceur, si naïf, si doux, si pacifiant. L'oiseau qui passe l'écoute, charmé. Il le trouve si beau qu'il en est jaloux . . .

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