SON ART
La religion, un peu, l’amour et l'amitié, la France, notre grande aïeule, et notre Canada, sa nature, ses héros, ses légendes, son histoire, — voilà la sphère sentimentale dans laquelle notre lyrique s’est mô, voilà le fond de je puis dire toute sa poésie,
Or, pour achever de le connaître, étudions en lui, main.
tenant, l’art avec lequel il a exprimé ces divers sujets, la forme dont il les a revêtus.
Fréchette fut certainement un bon artisan d’ ouvrier consciencieux. Quel
art, un qu’un, qui n’a pas été tendre pour lui, :ne disait Pourtant, il y a quelques années : « Il est incontestable que ce poète possède bien son métier». Avis singulier dans la bouche de son plus intraitable rival! II allait toujours se corrigeant et se perfectionns at. poèmes, qui reparaissent dans ses trois premiers l’auteur leur a fait subir, d’une fois à l’autre, des retouches qui attestent un souci plus grand de la
justesse expressive.
Comme fini de vers, comme élégante facture, ce qu’il ya
de mieux dans son œuvre, ce sont ses Æourlles volantes,
Tous ces ouvrages,
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c'est-à-dire son dernier-né, C'est là que la beauté verbale se soutient avec le plus de constance, là qu'il y a le plus de ce qui s’appelle la virtuosité, On sent que le poète domine en quelque sorte son art, et qu’il le fléchit plus adroitement à la traduction de ses rêves.
Quand, chez lui, l'inspiration est abondante, et le sentiment plein, on ne s'étonne pas que le vers coule large et bien balancé :
Et notre vieux drapeau, trempé de pleurs amers, Ferma son aile blanche, et repassa les mers.
Certes, ce distique est admirable, et, quoi qu’on en ait dit, je n’y vois aucune incohéreuce d'image. Cela est très beau de tous points. Mais cela arrive au cours d’une pièce où le sentiment est si intense et si vrai, qu’on les trouve comme naturels, et qu’on n’est pas surpris de voir éclore cette fleur de beauté sur un fond si riche.
Mais il y a, au contraire, des poèmes dont on serait assez en peine de préciser l'essence. Et cependant, on y prend de l'intérêt, on s’en amuse, on est charmé. Ah! c’est que le poète déploie tant d’art, sait si bien nous bercer avec la musique des mots, faire résonner à nos oreilles de si jolis vocables, qu'on oublie tout pour se laisser emporter à ses harmonies. J'ai été souvent émerveillé de voir l’habileté peu ordinaire avec laquelle ce lyrique fait courir, sur une trame souverainement inconsistante, les plus fines arabesques. Voyez, par exemple, la pièce intitulée « Printemps». C'est tiré de Mes loisirs :
Bientôt, de nos rudes climats, Disparaîtront les blancs frimas, Les froids sévères ; Et nous pourrons, d'un œil charmé, Voir éclore aux rayons de mai
Les primevères,
Les ruisseaux, transparents et frais,
Méleront au bruit des forêts,
Leur voix si douce ; ; Et sous les branches qui plieront, | Des chants joyeux s'envoleront
Des nids de mousse.
Dans les guérets et sur les eaux, Sous les sapins, dans les roseaux Qu'un souffle ploie,
Sur les rochers, dans les buissons, Tuat sera parfums et chansons, Lumière et joie.
Fréchette fut un évocateur souvent magnifique de la mature. Il nous donne comme la sensation de tel paysage, ainsi que dans la découverte du Mississipi :
Le grand fleuve dormait couché dans la savane. Dans les lointains brumeux passaient en caravane De farouches troupeaux d’élans et de bisons, Drapé dans les rayons de l’anbe matinale, Le désert déployait sa splendeur virginale
Sur d’insondables horizons.
L’Inconnu trônait là dans sa grandeur première, Splendide, et tac'ieté d'ombres et de lumière, Comme un reptile immense an soleil engourdi, Le vieux Meschacébé, vierge encor de servage, Déplo’ ait ses anneaux de rivage en rivage, Jusques aux golfes du Midi.
Cela, c'est du très grand art, si je ne me trompe, c'est superbe comme vision et comme splendeur de langage. Toute la pièce est dans cette note. On a là une fresque de noble allure, peinte de zis4, et, à chaque instant, un petit détail vient rendre plus intense l'impression de vie :
Des vols d'oiseaux marins s'élevaient des roseaux,
Et pour montrer la route à la pirogue frêle,
S'enfuyaient en avant, tratnant leur ombre grêle Dans le pli lumineux des eaux.
Même puissance d'évocatiou, même richesse d'images daus son Papineau, avec, ça et là, de véritables trouvailles d'expression :
Les ans n'avaient point pu courber son front superbe : Et, comme un moissonneur appuyé sur sa gerbe, Regarde, fatigué, l'ombre du soir venir, Calme, il se reposait, laissant, vaincu stoïque, Son œil, encor baigné de lueur héroïque,
Plonger serein dans l’avenir,
Aux bruits de notre époque il fermait sa grande âme : Et sourd aux vains projets dont notre orgueil s’enflamme, Avec ses souvenirs de gloire et de douleurs, Il vivait seul, laissant ses mains octogénaires, Qui des forums jadis remuaient les tonnerres, Vieillir en cueillant des fleurs |
Ces mains « qui vieillissent en cultivant des fleurs », comme c'est délicat ! Et l’image finale, le tribun qui veut voir,
assis À sa fenêtre, Pour la dernière fois, plosger et disparaître L’astre du jour à l'horizon.
Le spectacle fut grand, la scène saisissante !
Des derniers feux du soir, la lueur pâlissante
Eclairait du vieillard l'auguste majesté :
Et dans un nimbe d'or, clarté mystérieuse,
On eut dit déjà que sa tête glorieuse Rayonnait d'immortalité.
Le vocabulaire de Fréchette est généralement assez nourri. Toutefois l’on peut trouver que, dans ses premiers essais surtout, les mots ange et mésange, ramées et parfumées, poète et fauvette, ramures pleines d'étranges murmures, reviennent tropsouvent. Cela finit paragacer. Etles termes sylphe, eldorado, ondine, paraissent bien aujourd’hui un peu surannés, Je ferai à notre lyrique un reproche plus sérieux, c’est d'avoir mis dans Za Légende d'un Peuple, qui est une chose grave, des vulgarités qui contrastent avec le ton solennel de l'ensemble, 11 prête à certains types un langage trivial, de mise dans un conte ou un récit populaire, parfaitement à sa place dans Originaux et Détragués, par exemple, mais qu'on aimerait autant ne pas rencontrer dans un ouvrage qui a des prétentions au genre épopée. Tel ce vieux canadien qui dit, parlant, je crois, d’un fantôme, dans la pièce intitulée « Cadieux » :
Par la mort ! aussi vrai que je suis de Sorel, Je l'ai dit bien des fois, ce n'est Pas naturel.
Et je crois « 1’il n’est Pas naturel non plus de rencontrer de tels vers en pareil milieu. On ne s’attendait pas à cela. François Coppée, dans ses récits épiques, a fait parler aux gens du peuple leur langage. Mais ces récits n’appartiennent pas à un tout auguste. Leur caractère général est plutôt familier. Mais ici, en un tel cadre, introduire une
espèce de juron, c'est un manque de goût absolu. Et que dites-vous des deux vers suivants qui ouvrent la pièce intitulée : « Première saison » :
Ce fut un temps bien rude et plein d'âpres angoisses, Que les commencements de ces belles paroisses.
Oh! c’est à peine de la bonne prose, cela. Moi, qui ne suis pas poète, je suis sûr que je ferais mieux que cela à mon premier essai de versification. Mais ce sont là des taches légères, noyées dans l'éclat que rayonnent ces poèmes, pris en bloc.
L'œuvre de Fréchette nous plaît encore par la variété infinie de son rythme. Cela change avec les divers senti. ments qu’il veut traduire. 11 y a des poètes que j’appellerai monocordes. Ils ne sortent pas, par exemple, de l’alexandrin, quelles que soient les nuances d'émotion qu’ils désirent refléter. Mais, chez notre lyrique, excepté dans sa Zégende d'un Peuple, la modulation affecte les tons les plus divers. Sa lyre est douée de souplesse. Et le vers est ordinairement très mélodique. Le sens musical était évidemment très aiguisé chez Fréchette. La phrase est harmonieuse. Le mot sonne bien. L'auteur est impressionable aux charmes du verbe, il se porte sur ceux dont l'âme est le plus retentissante, et il en tire d’admirables effets. Et c’est une des raisons pour lesquelles ses poèmes vivront, car il est bien sûr que nos arrière-neveux aimeront à les entendre
« dans le lointain chanter encor ».
Fréchette dramatise assez bien, et il a quelques-unes des meilleures qualités du metteur en scène. Je le préfère
comme paysagiste, comme descriptif. C'était un voyart. Que de pièces où le mot « j'ai vu » tient une très grande place et nous est continuellement servi ! Parfois, on dirait que le poète oublie l'idée ou le sentiment qu’il voulait traduire, pour ne nous faire que des descriptions. 11 néglige tel de ses héros, dont il voulait pourtant nous purler, pour peindre à profusion tel ou tel spectacle de nature ou d'art. Et quand il arrive à l'essentiel, il a jeté toute sa flamme, il ue lui en reste plus pour célébrer le véritable objet de son chant. Voyez, par exemple, comme son Jean-Baptiste de la Salle est perdu dans ses évocations de Reims et de Rouen! Et ses paysages peuvent manquer un peu de précision. Le détail n'yest pas toujours assez soigné. Maisils ont de l'ampleur, ils sont baignés d’un large souffle. Le mystère de nos forêts primitives y repose. On y entend comme la respiration puissante de nos fleuves géants. Et il semble qu'ils soient tout saturés de la bonne odeur du sol canadien. Que si vous les trouviez parfois un peu pâles, c’est qu’ils ressemblent à notre soleil, aux rayons souvent tardifs, lesquels n’ont pas toujours beaucoup d'éclat, ni de chaleur, ui de couleur.
CONCLUSION Mesdames et Messieurs
J'ai fini mon travail. Certes, je n’ai pas tout dit. Mais comment enfermer, en une conférence de une heure, l’œuvre de tant d'années? Et d’ailleurs, il fallait bien, n'est-ce pas, vous laisser à vous-même le plaisir de pouvoir faire
des découvertes, au jour prochain où vor. lirez ou relirez
ces beaux poèmes. J'ai peut-être analysé assez correctement sou œnvre, et donné la substance de son inspiration, comme aussi les notes caractéristiques de son art. C'était là l'essentiel. À vous de compléter ma critique par des observations personnelles dont aucune, je l'espère, ne viendra sérieusement contredire les nôtres.
Si Fréchette eut travaillé davantage, s'il se fut trouvé dans un milieu plus entraînant, s’il se fut spécialisé dans la poésie, oh! sans doute que son œuvre eût été plus nombreuse, et qu'elle eût mieux valu surtout par la qualité de son essence. Mais n'est-ce pas déjà beau qu'il ait laissé un pareil monument? Et ne faut-il pas le louer d’avoir avivé parmi nous le feu sacré de l'ait, et de nous avoir légué un bel exemple de dévouement et de consécration à l’immatériel? Ses poèmes synthétisent les meilleurs élans de l’âme canadienne, ils chantent les nobles amours dont nos cœurs doivent être les foyers, amour de la religion, amour familial, amour de la patrie. D'autre part, ils sont, par leur facture, l'effort le plus considérable qui se soit encore accompli chez nous vers le grand art. Pour toutes ces raisons, je salue, avec respect et admiration, la mémoire de celui à qui la voix publique — écho de nos sentiments — a donné un jour un titre que la postérité ne pourra faire autrement que ratifier: Louis-Honoré Fréchette, notre poète national.
La Vierge et la Perle
La Vierge et ia Nuée
La Vierge et la Lumière
Margarita pretiosa.…
Pour désigner la beauté parfaite, dans tous les genres, c'est-à-dire une œuvre faite de vérité et de splendeur, — puisque, selon la définition célèbre, le beau est la splendeur du vrai, — nous employons un mot qui résume et concrétise toutes nos admirations ; nous disons: c’est une perle.
Nous disons cela de tout objet d’art qui nous paraît réunir ces conditions diverses qui constituent ce qui s’appelle la perfection. Et nous le disons de toute personne qui nous plaît par ce mélange de qualités rares, qui la rapprochent du type idéal de notre espèce.
Notre Seigneur lui-même, voulant caractériser d’un mot, enfermer en une formule courte et suggestive, l'essence du message nouveau qu’il apportait à la terre, l'a comparé, dans une parabole charmante, à une « perle précieuse », — « Le royaume des cieux, dit-il, est semblable à un marchand qui cherche de belles perles, et qui, en ayant trouvé une de grand prix, vend tout ce qu’il a afin de l'acheter ». — Et l’Apôtre saint Jean, revenu de sa vision apocalyptique qui l'avait emporté jusqu’au cœur de la Cité Infinie, nous dit que « les douze portes de la Jérusalem céleste étaient
A M pm
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douze perles, et que chaque porte était formée d’une seule perle ».
Ainsi donc, pour l'esprit humain, la perle est peut-être la chose qui symbolise le mieux la beauté absolue. Et il ue faut pas s'étonner de voir la liturgie appliquer ce mot à Marie, Mère de Dieu, et de l’entendre lui chanter avec amour: « O Vierge, vous êtes une perle très fine, une marguerite précieuse ! »
Et je voudrais précisément montrer qu’il y a de réelles analogies entre la perle et la Vierge Marie,
La perle a une origine assez mystérieuse. Et même la science moderne n’a pu encore découvrir ni fixer les lois de sa production : elles échappent à ses calculs. Sa naissance a quelque chose de singulier, de rare: elle est due, non pas au jeu de forces régulières, mais à un accident de la nature. Et les anciens, dans leur croyance naïve, que d’ailleurs toutes nos lumières n’ont pas su démentir, s’imaginaient que c'était la rosée du ciel qui venait féconder la nacre et y faire germer ce joyau.
Quoi de plus mystérieux également que les origines de la Vierge? Selon une tradition infiniment respectable, Marie est le fruit du miracle. Cette fleur de Judée s’est éclose sous le souffle divin. Car Anne, femme de Joachim, n'avait pas de postérité ; et elle en gémissait comme d’un opprobre. Elle se répandait en larmes et en supplications devant l'Eternel. « Pourquoi, Dieu d'Israël, n’avez-vous
béni notre union? Pourquoi ne nous avoir pas donné de voir la chair de uotre chair naître et grandir sous nos yeux ? O Dieu puissant, exaucez mes vœux, ou je meurs! Da mik#i liberos, alioquin moriar ! » Et l'Eternel se laissa enfin toucher. Et Anne fut relevée de sa longue humiliation en donnant le jour à l'enfant la plus privilégiée qui fût jamais née, — Marie, Marie, annoncée par les prophètes, saluée, dès l'aurore des siècles, par les antiques patriarches,
O Marie, votre naissance inespérée est à la gloire du Tout- Puissant !
Mais, si grand que soit ce prodige, il est infiniment surpassé par le privilège unique, incomparable, dont Dieu a doté son âme. O mystère! Dès son émanation du souffle créateur, l'âme de la Vierge a été adombrée par l'Esprit Saint. Et alors, cette souillure originelle qui nous atteint tous, tous sans exception, qui nous marque d’une empreinte profonde, n’a pu rejaillir sur son essence claire. Dieu a dit à ce flot qui nous saisit, À ce moment psychologique où nous commençons à être, et qui nous roule en ses ondes impures : «Cette fois, tu n’iras pas plus loin, tu t'arrêteras devant cette petite Âme que mon souffle va créer, tu la respecteras, elle seule de toutes les âmes humaines. Les autres, je te les abandonne au long des âges. Mais celle-ci est ma préférée; elle sera épargnée. Sa destinée est si haute, sa mission future si extraordinaire, qu’elle n'en serait plus digne si je ne la gardais sans tache!»— Ah! la Conception Immaculée de Marie, quel dogme consolant | quelle chose immense! quelle œuvre de clarté souveraine! g—
La Vierge, perle mystique, a vraiment été formée d’une goutte de ls rosée céleste.
La perle est parfaite dès sa naissance. A la différence des autres joyaux, il ne faut pas qu’une main habile la travaille pour faire ressortir sa valeur. Tout l'art d’un Cellini ne saurait ajouter à son éclat primitif. Le rôle du ciseleur consiste seulement à la sertir dans l'or, ou à l'entourer de pierreries, dont les feux ne rendront que plus séduisants ses tons chastes et discrets. Mais son vrai mérite est in”épendant de sa situation. Pour la grâce mesurée de sa forme rotonde, comme pour l'exquise beauté de ses teintes, la perle ne doit rien à l’art du joaillier.
— Et de même, la Vierge fut comblée, dès le premier instant de sa conception, de toutes les vertus et de tous les dons de l'Esprit Saint. Tout ce que Dieu peut verser, de son essence infinie, dans une âme humaine, Marie le reçut avec la vie. Et la Toute-Puissance ne pouvait ajouter aux faveurs dont elle orna alots son âme.
Tandis que nous devons faire effort, lutter, prier, pour acquérir telle ou telle vertu dont le germe a été déposé dans notre âme par la grâce du baptême, et que cette qualité ne s'obtient que par degrés successifs, sujets à toutes les contingences, à toutes les fluctuations de la tentation et de la faiblesse, — Marie les possédait toutes en naissant, et dans une mesure supérieure, et sans danger de pouvoir jamais en perdre ou en voir diminuer aucune.
Les diverses circonstances de sa vie ont seulement servi
LA VIERGE ET LA PERLE C x3r
à les mettre en relief et dans tout leur jour, Ainsi son amour de la virginité, son humilité profonde ont éclaté au moment sublime de l’Annonciation, quand elle posa une timide question à l’Ange du Seigneur, et que, rassurée par lui sur un point délicat, elle dit simplement : « Je suis l'ancelle du Seigneur. Qu'il me soit fait selon votre parole ! » Tout le cours de son existence, se sont révélés encore tour à tour son esprit d’obéissance, sa sagesse, sa générosité de cœur, son abandon à Dieu, et tant d’autres vertus. La volonté divine lui fournissait des occasions de manifester aux hommes tous les trésors spirituels que son âme recélait. Mais ses mérites étaient toujours les mêmes.
Toutes les situations que Marie a traversées ont été comme une couronne de gemmes, ou comme une sertissure d'or fin, n’en faisant que mieux ressortir le bel orient de cette perle mystique, sans ajouter quoique ce fût à sa beauté essentielle, complète dès l’origine.
Avez-vous jamais vu une perle, une vraie perle? Avez. vous remarqué de quelles teintes extraordinairement suaves elle se nuance? Sa note dominante, c’est la blancheur, mais une blancheur toute particulière, luisante et chaude, et comme veloutée. Son argent est imprégné de soleil, fécond en reflets chatoyants. Il y circule des lueurs aurorales. Ou bien c’est un peu d’azur qui letache, Et jamais aucun ton trop vif ou éclatant, ‘Tout se fond en couleur discrète et tendre. Ah! quand la belle lumière orientale,
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