Cet article avait Paru dans le Figaro, si je me souviens
bien. J'i.
&nore s’il figure dans les œuvres du regretté maître.
SU
Certes, nous ne pouvons préciser combien de temps un pays de « vie intense », comme celui-ci, mettra à se constituer définitivement en nation. Mais, ce que nous savons bien, c'est qu'il n’y a encore, entre les divers groupes ethniques qui le composent, qu’une unité purement maté. rielle. Tant que ces nationalités, qui viennent de tous les points du globe, et qui ne sont que juxtaposées, ne se seront pas fondues en un bloc unique, ne se seront pas infusées ne même âme; tant que l'accroissement de la population sera dû, moins au progrès de la natalité qu’à l'apport incessant de l’émigration étrangère, il n’y aura pas ici un peuple, au sens vrai du mot. Une mosaïque d'individus, fât-elle une des plus considérables que le monde ait vues, ne constitue pas une nation.
Ce pays, qui déborde d'énergie, d'activité, est seulement en train de se faire. N'est-ce pas Sir Wilfrid Laurier qui disait, À propos de l'annexion possible du Canada aux Etats- Unis: « Héias! que deviendrions-nous dans cette fournaise? ! » Fournaise, fournaise ardente, où s'élabore un monde dont nous ne savons pas la formule définitive, voilà ce que sont les Etats-Unis. Et il serait plus que téméraire de vouloir, dès à présent, fixer la date approximative à laquelle, de tous ces éléments en ébullition, sortira la statue gigantesque, aux traits bien accusés, aux lignes proportionnées et harmonieuses.
Or, cet état d’une société qui se cherche, qui s'organise, et qui évolue très vite vers sa modalité dernière, ne sera-ce pas surtout le journal qui pourra en exprimer les reliefs,