‹ Essais et conférences [par] Henri d'Arles. Henri d'Arles [pseud.]Chapitre 10 sur 40 · LA VIERGE ET LA PERLE · texte numérisé non relu

LA VIERGE ET LA PERLE

à les mettre en relief et dans tout leur jour. Ainsi son amour de la virginité, son humilité profonde ont éclaté au moment sublime de l’Annonciation, quand elle posa une timide question â l’Ange du Seigneur, et que, rassurée par lui sur un point délicat, elle dit simplement : « Je suis l’ancelle du Seigneur. Qu’il me soit fait selon votre parole ! » Tout le cours de son existence, se sont révélés encore tour à tour son esprit d’obéissance, sa sagesse, sa générosité de cœur, son abandon à Dieu, et tant d’autres vertus. Ta volonté divine lui fournissait des occasions de manifester aux hommes tous les trésors spirituels que son âme recélait. Mais ses mérites étaient toujours les mêmes.

Toutes les situations que Marie a traversées ont été comme une couronne de gemmes, ou comme une sertissure d’or fin, n’en faisant que mieux ressortir le bel orient de cette perle mystique, sans ajouter quoique ce fût à sa beauté essentielle, complète dès l’origine.

Avez-vous jamais vu une perle, une vraie perle ? Avezvous remarqué de quelles teintes extraordinairement suaves elle se nuance? Sa note dominante, c’est la blancheur, mais une blancheur toute particulière, luisante et chaude, et comme veloutée. Son argent est imprégné de soleil, fécond en reflets chatoyants. Il y circule des lueurs amorales. Ou bien c’est un peu d’azur qui le tache. Et jamais aucun ton trop vif ou éclatant. Tout se fond en couleur discrète et tendre. Ah ! quand la belle lumière orientale,

pour laquelle elle est née, la frappe, elle y produit des effets d’une telle douceur infinie . . .

— La blancheur, n’est-ce pas aussi la qualité maîtresse de la Vierge? Marie est la femme idéalement candide. Sitôt qu’on la nomme, elle s’évoque à nos yeux en forme immaculée, en clarté absolue. Elle est type, exemplaire de pureté. Mais sa vertu n’a rien de stoïque, ni de froid, ni de superbe. Sous sa parure sans tache vibre un cœur affectueux et bon et qui rayonne de toute part ses ardeurs. Que d’autres qualités diverses s’ajoutent à sa virginité parfaite, pour la rendre attrayante et charmeuse ! Son âme reflète le saphir infini. Les nuances les plus chatoyantes de vertus avivent sa candeur. Et toujours leur éclat se tempère. Ses dons brillants se noient à demi en la pure essence nacrée, s’y atténuent en demi-teintes extrêmement fines et douces. . .

Et maintenant que cette perle habite en l’or éternel, et qu’elle est sertie dans l’impérissable et infrangible diamant de la lumière divine, — qui peut dire la splendeur vierge, semée d’azur et de rose, de son orient ? —

. . . Les joailliers sertissent les perles dans l’or! pur, les rehaussent de fines pierreries. Et puis, ils les enferment en des écrins soyeux.

— Cette perle qu’est la Vierge, — sertissons-la dans l’or de notre amour. Que notre cœur devienne l’écrin mystérieux où elle repose. Notre vénération, nos’délicatesses à

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son égard, notre fidélité à son culte, seront comme autant de gemmes destinées à lui faire une couronne d’honneur, et à mettre en un plus haut relief sa presque infinie beauté.

O Marie, — perle mystique, — margarita pretiosa , — précieuse marguerite éclose sous le soufîle divin, soyez la parure, l’ornement de nos âmes ici-bas, comme plus tard, au ciel, vous ferez les délices de nos regards glorifiés !

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