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VI. — Devoir des Classes aisées à V égard des Ouvriers

Un auteur pec nous apprend que, de son temps, dans les cités de la Grèce, vivaient deux nations ennemies, les riches et les pauvres. C’est la lutte de ces deux classes qui a perdu les démocraties antiques. Il ne faut pas qu’une situation semblable se produise dans nos

sociétés modernes, sinon, nos libres institutions seraient en grand péril, comme on l’a vu déjà en 1832. Les classes aisées, menacées dans leur sécurité, demanderaient le salut au despotisme.

Si les masses, désespérant de voir leur sort s’améliorer sérieusement, devenaient résolument hostiles à l’ordre social actuel et s’efforçaient de l’ébranler par tous les moyens possibles, il s’ensuivrait un état de choses si troublé, que l’industrie et la société tout entière souffriraient cruellement.

On peut se faire une idée de ce que serait cet enfer, en lisant les récits des violences, des meurtres, des évictions, des o boycottages » qui ont lieu chaque jour en Irlande : cette rage satanique de destruction et de nihilisme qui ne songe qu’à nuire, commence à germer aussi sur notre continent dans certaines âmes ulcérées, comme on l’a vu chez ces ouvriers qui récemment jetaient tous les outils dans l’eau, au risque de se priver, eux et leurs camarades, de leurs instruments de travail indispensables.

C’est cet esprit qu’il faut empêcher de naître. Pour cela, il suffit de se rappeler cette vérité, qui est inscrite dans nos constitutions et dans les principes de nos religions, à savoir que les ouvriers sont nos égaux et nos frères. Nous avons à leur égard de stricts devoirs, ainsi que cela a été bien exposé, dans le plus admirable langage, par Bossuet, dont M. Paul Janet résumait récemment la morale.

Nous devons nous demander, nous tous, les privilégiés, si nous avons fait à cet égard tout ce que nous devions et tout ce que nous pouvions. Bien entendu, il ne s’agit pas de faire l’aumône, mais de créer des institutions destinées au développement intellectuel et moral de la classe laborieuse.

L’Angleterre, sous ce rapport, peut nous servir de modèle. Un volume ne suffirait pas à décrire tout ce que l’on y a fait pour établir des bibliothèques populaires, des clubs d'ouvriers, des bains, pour bâtir des maisons et des salles de récréations, pour organiser des conférences, etc.

Je citerai seulement une œuvre récente, que j’ai eu l’occasion d’étudier, lors de ma dernière visite à Londres ; je veux parler de Yüniversity's Seulement in East London. Cette œuvre, appelée aussi Toynbee Hall, a pour but de créer, au milieu du quartier pauvre de la grande capitale, un foyer de lumières et de culture morale. Toynbee Hall est un ensemble de bâtiments, très semblable au collège des universités : grande salle à manger, vaste salon de réception, bibliothèque, chapelle, classes et appartements destinés à recevoir des jeunes gens qui, ayant terminé leurs études universitaires, se décident à venir passer quelque temps dans ce district pour s’y occuper des ouvriers et des pauvres. Ils vont les voir, causent avec eux, leur prêtent des livres et les invitent à venir dîner ou prendre le thé dans l’établissement. Il s’y fait des cours réguliers; presque chaque jour une conférence, une exposition, un thé, une petite fêle, y attirent la classe peu aisée du voisinage. Le directeur et sa femme, M. et Barnett, dévouent leur existence entière à cet admirable apostolat, dans lequel ils sont aidés par les jeunes commensaux de Toynbee Hall. A une soirée de thé, j’ai eu l’occasion de rencontrer plus de deux cents ouvriers, et ils étaient surtout très reconnaissants de ce qu’on les recevait sur le pied d’une parfaite égalité. Je cite cet exemple, uniquement pour montrer ce que l’on peut faire pour rapprocher les classes, que tout, à notre époque, conspire à séparer.

Cent fois on a montré que le plus grand service que l’on peut rendre à l’ouvrier est de lui procurer une demeure où il puisse vivre satisfait, au milieu de sa famille. Trop souvent, dans nos villes industrielles, à Liège par exemple, le père, la mère et quatre ou cinq enfants sont réduits à habiter une seule chambre, payée très cher. Comment le mari n’irait-il pas chercher au cabaret quelques moments de distraction, et parfois, hélas! l’oubli dans l’ivresse? En construisant des. maisons ouvrières, non seulement on rend un grand service à ceux qu’on loge; mais, en outre, on dégage les quartiers encombrés et, par la concurrence, on fait baisser le prix moyen des loyers. Des sociétés spéciales se sont constituées pour

bâtir dos habitations à bon marché, beaucoup de compagnies en ont construit pour leurs ouvriers, et même, à Anvers, les hospices ont créé une cité ouvrière comme placement de fonds. Seulement il faudrait y consacrer encore des millions et des millions. Les particu- |

liers, les sociétés et surtout les bureaux de bienfaisance et les hos- j

pices devraient considérer cet emploi de leurs deniers disponibles, comme un devoir public. j

Je suis, pour ma part, partisan très décidé des lois sur l’assurance obligatoire récemment votées ou proposées en Allemagne. Une loi de juillet 1884 a imposé aux maîtres l’obligation d’assurer contre les accidents tous les ouvriers et employés ayant un salaire inférieur à deux mille marks, dans les mines, carrières et usines, entreprises de construction et dans tout établissement employant d’une façon I continue des chaudières à vapeur. Les patrons constituent des syn- \

dicals professionnels, qui jouissent de la personnification civile et {

d une grande liberté d’action pour la gestion des revenus de ces caisses. D après M. MullendorfF, qui a résumé les rapports officiels, les chefs d industrie, d’abord hostiles à la loi nouvelle, s’en montrent actuellement très satisfaits, parce qu’ils sont ainsi à l’abri, de toute façon, de procès très pénibles pour eux. 1

Comme on le sait, M. de Bismarck voulait davantage et, à mon ' avis, il avait raison. Il faudrait généraliser les caisses de retraite et de secours au moyen de retenues sur le salaire et les profits et de subsides de l’État. Déjà maintenant presque en tout pays et surtout en Angleterre et en Allemagne, les différents métiers ont formé des caisses de secours au moyen de cotisations hebdomadaires. En Allemagne, par application des lois de 1876 et de 1883, qui accordent la personnification aux caisses contrôlées, plus de dix-sept mille caisses se sont constituées sous cette forme. D’autre part, beaucoup de grandes sociétés, et entre autres Krupp enWestphalie et la Vieille- Montagne en Belgique, ont organisé des caisses de retraite. I

Dans nos sociétés chrétiennes, il ne faudrait pas que jamais un ouvrier malade ou brisé par l’âge fût exposé à mourir de faim.

Mais pourquoi, dira-t-on encore une fois, l’obligation? Laissez faire la liberté. Je réponds que partout où il s’agit d’un intérêt social !' de premier ordre, la loi et l’État doivent intervenir. '

Quelle obligation plus dure, quelle plus grande atteinte à la liberté que le service militaire? Mais il faut défendre la patrie et l’on se résigne. Ici, il s’agit tout simplement d’imposer à l’ouvrier une

retenue très légère, afin de le mettre à l’abri de la misère, dans sa vieillesse. C’est autant de prélevé sur l’alcool; qui ne s’en réjouirait?

Le subside de l’État se justifie facilement. Ce n’est que l’application de ce principe généralement admis, qu’on doit secourir l’homme, qui, sans qu’il y ait de sa faute, est devenu incapable de se suffire. On a construit des palais pour loger les vieux soldats à Paris et les vieux marins à Greenwich : les invalides du travail ne sont-ils pas aussi dignes d’intérêt que les invalides de l’armée? Celui qui a usé ses forces dans l’atelier, ne raérite-t-il pas autant d’être secouru que celui qui a vieilli dans les casernes?

Nous n’avons pas l’idée de tout le bien que produirait l’assurance généralisée, cette application du principe de la solidarité humaine.

En parlant des devoirs de la classe aisée à l’égard des ouvriers, je ne puis omettre de combattre une idée fausse et très généralement répandue. Les gens riches et les hauts fonctionnaires, gouverneurs, bourgmestres, s’imaginent procurer du travail à la classe laborieuse, en donnant des fêtes, des bals, des dîners, parce que, comme on dit, « ils font aller le commerce ».

Cette erreur, funeste en tout temps, peut devenir particulièrement périlleuse pendant les jours sombres que nous avons à traverser. Quoi de plus choquant que ce contraste entre ceux qui gaspillent, en quelques heures, la subsistance de cent familles et le dénûment de celles-ci dans leurs tristes demeures? Tout homme qui réfléchit, sera certainement froissé à la vue de tant de luxe à côté de tant de misère. Mais quels sentiments de colère, de révolte et, aujourd’hui, hélas ! de haine, ce spectacle ne doit-il pas provoquer dans l’âme de ceux à qui un travail incessant n’apporte pas toujours même de quoi vivre ?

Notez que la science économique démontre avec une évidence mathématique que les dépenses de luxe nuisent aux ouvriers à qui on croit qu’elles sont utiles.

En effet, le taux du salaire dépend du rapport qui existe entre la quantité des capitaux et le nombre des salariés. Plus il y a de capitaux, plus grande est ia demande des bras et mieux ceux-ci sont payés. Comment s’accroît le capital ? Par l’épargne. Gomment le capital se détruit-il, ou comment est-il empêché de naître ? Par les consommations rapides et excessives.

Le riche qui emploie son superflu à drainer ses terres, à construire

une route, à défricher une lande improductive ou à commanditer une industrie, procure plus de travail et un travail plus utile, que celui

qui donne des fêtes, occasion de scandale et d’irritation pour ceux qui manquent du nécessaire.

On n’a pas assez répété aux hommes de notre temps qu’il y a une morale économique, c’est-à-dire que des devoirs s’imposent à tous dans ! emploi de leurs biens.

L’Évangile, les pères de l’Église, et le dernier d’entre eux, Bossuet, ont, a cet égard, des idées plus justes que nos moralistes et nos prédicateurs modernes.

VIÉ — La Crise agricole.

L agriculture est en souffrance, point de doute à cet égard. Elle est atteinte et par la baisse générale des prix, conséquence de la œntraction monétaire, et par l’importation des blés d’Amérique et des blés de l’Inde, ceux-ci favorisés par les trente pour cent déprimé que leur assure la baisse du métal argent. Les fermages ont baissé

un cinquième au moins dans l’ouest, région de petite culture, et de plus d un quart dans ,l’est, région de grande culture. Ce qui est plus grave, en Belgique comme en France et en Angleterre, un certain nombre de fermes, qui exigent l’emploi d’un capital important, ne trouvent plus de fermiers, parce que ceux-ci ne veulent pas exposer leur avoir aux chances de la baisse continue.

Grâce à 1 excellent questionnaire rédigé par la section agricole de la commission du travail, nous aurons bientôt un exposé de la situation actuelle de ceux (propriétaires et locataires) qui cultivent notre sol. Puissions-nous obtenir ainsi un travail aussi complet que i lnchtesla agraria publié récemment en Italie, sous la direction d un économiste éminent, le comte Jacini.

Pour venir en aide à l’agriculture, on demande des droits protecteurs. Je crois cette mesure inutile et absolument injuste. Je prie œpendant qu’on ne me croie pas indifférent à l’intérêt agricole. Fils dun agronome qui a mis en culture les dernières bruyères de la Flandre occidentale, aux environs d’Ypres, dès mon enfance, j’ai eu le goût de la res rusiica. J’y ai consacré mes premiers livres.

J ai toujours soutenu que la culture du sol est la première des industries;^ maintenant, en ma qualité de président de la section centrale de la Société agricole de l'Est, je continue à m’occuper

de tout ce qui touche au progrès de l’art de faire valoir la terre. Mais je vois clairement que si des droits sur les blés et le bétail peuvent être utiles au propriétaire, en maintenant le taux des fermages, ils seraient nuisibles, non seulement aux ouvriers industriels, mais aussi à la masse de nos petits cultivateurs.

Sur nos 744,007 exploitations, il en est 638,768 qui n’ont pas plus de cinq hectares. Elles n’ont pas de blé à vendre ; en moyenne elles consomment ce qu’elles produisent, et les trois quarts même doivent en acheter.

80,686 exploitations mesurent de cinq à vingt hectares.

En calculant l’étendue emblavée en froment et les quantités consommées, on a trouvé qu’un impôt de trois francs par cent kilogrammes leur donnerait peut-être un surplus de produit de cent cinquante francs. Cet avantage si minime permet de les considérer comme presque désintéressées dans la question. Restent 21,593 fermes de plus de vingt hectares ; et, ce serait pour l’avantage non des locataires de ces fermes, mais de leurs propriétaires, qu’on irait imposer le pain de toute la nation, cinq millions et demi de Belges, y compris tous les ouvriers agricoles et tous les petits cultivateurs ! Ce serait absurde et souverainement inique. L’agriculture n’en profiterait nullement. Il y a plus : de même qu’au temps de la hausse, les fermiers, poussés par la concurrence, payaient trop cher, aujourd’hui, inversement, ils profitent de la panique des propriétaires craignant d’avoir leurs fermes inoccupées, pour obtenir celles-ci à un taux inférieur à leur produit réel.

On confond trop souvent l’intérêt du propriétaire foncier avec l’intérêt de l’agriculture, quoique ce soient là deux choses très différentes.

L’impôt sur le bétail se justifie encore moins, car ici la baisse des prix ne provient pas d’un excès d’importation, et nous sommes le peuple de l’Europe dont la nourriture animale est la plus insuffisante. Il faudrait tout faire pour procurer au peuple un peu plus de viande et on repousserait par des droits celle qui nous vient de l’étranger!

On réclame aussi la diminution de l'impôt foncier. Autre erreur. Cet impôt est le meilleur de tous, 4° parce qu’il est strictement proportionnel, et 2° parce qu’une fois établi, il ne pèse plus ni sur l’héritier ni sur l’acheteur. Quand j’achète une terre, je la paye en raison du revenu net, impôt déduit. Je ne paye pas

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le bétail et l’engrais, par l’élevage. Si l’on veut répandre l’usage du crédit dans les campagnes, il faut y créer des banques Raiffeisen, comme on l’a fait en Allemagne et récemment en Italie, ici grâce au dévouement infatigable d’un professeur à l’université de Padoue, M. Leone Wollenborg. Le 16 juin dernier, s’est réuni à Coblence le congrès des banques Raiffeisen ; deux cent soixante-cinq délégués y représentaient cent quatre-vingt-quatorze banques agraires. Qui veut de plus amples détails à ce sujet n’a qu’à lire La Landwirthschaftliches Genossenschafts Blatt et la revue publiée par M. Wollenborg, La Cooperazione rurale.

Il existe en Flandre une coutume excellente. Le fermier sortant a le droit de réclamer du fermier entrant ou du propriétaire la valeur des engrais non épuisés ; c’est ce que l’on appelle le Pachter's Redit. Une loi anglaise récente va plus loin ; elle autorise le fermier sortant à se faire payer le prix de toutes les améliorations réellement profitables qu’il a exécutées. Il suit de là que celui qui cultive le sol, est stimulé à le faire le mieux possible et jusqu’à la fin du bail, tandis qu autrement le propriétaire confisque à son profit les améliorations faites par le locataire et celui-ci cessera de bien fumer la terre, quand approchera le terme de son loyer. Il faudrait donc, par une loi, généraliser et compléter le Pachter's Recht flamand, en s’inspirant de la législation anglaise.

Le gouvernement, jusqu’à présent, n’a pas fait, il s’en faut, tout ce qu’il peut pour l’agriculture. On dirait que cet immense intérêt lui est indifférent.

Je ne citerai, comme exemple, que les demandes formulées par la section centrale de notre Société de l’Est.

Nous avons fait remarquer que l’enseignement agricole n’occupait, dans nos écoles normales formant les instituteurs pour la campagne, qu’une place infime, avec un nombre de points insignifiants. Il est

la uu »ui uesiHiee a proüuire l'impôt. Celle-là est en réalité la propriété de l’État, qui en touche le revenu. Diminuer l’impôt foncier, c est donc enlever à l’État une partie de sa propriété, pour en faire cadeau aux propriétaires.

L industrie manufacturière belge ne parvient à soutenir la lutte contre ses concurrents plus favorisés que par le bon marché des salaires. Tout ce qui frappe les denrées alimentaires et tend, par

, est d’une injustice criante; encore bien plus à plaindre

conséquent, à faire monter les salaires car, en ce moment, les industriels sont que les propriétaires fonciers.

Le revenu de ceux-ci est diminué d’un quart, d’un tiers parfois; mais combien n’y a-t-il pas d’industriels dont les profits sont nuis ou insignifiants ? Quoi qu il arrive, la terre reste : elle peut attendre le moment où les pays aujourd’hui exportateurs, devenus plus peuplés, consommeront eux-mêmes leurs produits ; mais pour l’industrie, la crise, c’est la ruine, la banqueroute : la mine délaissée, l’outillage livré à la rouille ou vendu à vil prix. J’ai vu ainsi, dans le nord de 1 Angleterre, plus d une usine abandonnée aux dévastations des éléments; rien n’est plus lamentable !

Pour relever notre agriculture, il faut y appliquer une plus haute dose de science agronomique. Les Flandres, le Tournaisis, une partie du Brabant et de la Campine, sont cultivés presque aussi bien qu ils peuvent 1 être. Grâce à la stabulation permanente, aux cultures industrielles et au grain transformé en viande, la crise s’y fait peu sentir. Si, sur ses terres de bien meilleure qualité, l’est de la Belgique imitait l’ouest, il en souffrirait encore moins. Il faut savoir pendre la culture beaucoup plus intensive, et c’est ici qu’apparaît le rôle des propriétaires.

Qu’ils séjournent à la campagne, qu’ils élèvent leurs fils pour le travail, qu ils les forment dans les écoles d’agriculture, qu’ils consacrent au sol l’argent enlevé aux dépenses de luxe, et ils augmenteront leur avoir, tout en contribuant largement à accroître la richesse de leur pays.

On a voté sur le crédit agricole une loi dont j’ai fait naguère la critique. J’ai prédit qu’elle ressemblerait à la jument de Roland : très belle, mais morte. Elle ne peut rien produire, parce que nul n’a intérêt à la mettre en œuvre. Tout d’abord, ce au’il faut au rnltîva-

sewage appliqué à fertiliser des terres perméables, comme on l’a fait à Genevilliers, près de Paris, et dans plusieurs villes d’Allemagne et d’Angleterre, ainsi que l’a si bien montré M. Babut du Marès dans plusieurs de ses écrits.

Enfin, récemment, nous avons réclamé l’assurance générale du bétail, d’après le système en vigueur depuis très longtemps dans la Flandre occidentale. Moyennant une prime de un franc par cheval, de cinquante centimes par bête bovine et par dizaine de moutons, on pourrait donner une indemnité suffisante pour tout animal succombant à une maladie contagieuse, sauf la peste bovine soumise actuellement déjà à des dispositions légales particulières, et l’on formerait un fonds agricole qui, au bout de peu d’années, suffirait pour parer même aux pertes résultant de la parturition. On apporterait ainsi aux cultivateurs une sécurité fort précieuse, surtout pour ceux d’entre eux qui ne possèdent qu’une ou deux têtes de bétail, leur unique richesse. Maintenant que nous avons un ministère spécial de l’agriculture, on devrait pouvoir espérer que ces projets d’amélioration et bien d’autres proposés ailleurs, seront sérieusement examinés, avec le désir sincère d’aboutir.

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