HOBART-PACHA
Xulre sièi-le, qui a vu la lin ilc laiil Je choses, a vu décliner l'idée militaire. Depuis <[u'il y avait des hommes sur la lerre, elle régnait en souveraine. Le métier des armes étail le métier par excellence ; sa noblesse et sa beauté résidaient en lui-même; on se battait parce (ju'il était naturid et admirable <le se battre, n'importe pour (|ui ou pour (pu)i, et le prince Eugène faisait la chose du monde la plus simple en odrant son épée à la France d'abord, (jui la refusa sottement, jiuis aux ennemis de la France. L'idée militaire était véritablement reine; elh' n'était suliordonnée à aucune autre.
106 ESSAIS \:t fantaisies
Elle est bien déchue aujourrrimi. L'idée de patrie la domine de si haut, (jue Ton devient sévère pour l'homme qui se bat pour un autre pays que le sien. Hobart-Paclia, l'un des plus brillants marins de l'Angleterre et l'une des figures les plus originales de notre temps, a été injurié par ses compatriotes et traité de mercenaire, parce qu'il a agi comme avaient agi avant lui le prince Eugène, le maréchal de Saxe et tant d'autres qui ne font pourtant pas mauvaise figure dans l'histoire. Heureusement, Hobart-Pacha a écrit, au moment de mourir, des Mémoires * qui sont le meilleur des plaidoyers , parce que l'auteur ne songe pas à plaider. Il raconte avec simplicité, dans une langue vive et ferme, les incidents de sa carrière, les motifs qui l'ont déterminé à quitter le service anglais, et l'on sent, en le lisant, qu'étant ce qu'il était, il ne pouvait pas échapper à sa destinée. Il était voué à l'incorrection, ce qui le mena à être contrebandier et amiral turc. Par (juels chemins périlleux, on va le voir.