‹ Essais et fantaisiesChapitre 2 sur 34 · Lex Caroli et Ludovid · texte numérisé non relu

Lex Caroli et Ludovid

sortes, où 1rs divinités détrônées, devenues des dénions malfaisants, se consolaient en passant les nuits à danser. « Les voyageurs, raconte un vieux poète allemand \ et ceux qui passent la nuit dans les champs à tarder le bétail, voient beaucoup de spectres singuliers, car les Esprits dansent leurs rondes, la nuit, dans maint endroit de la contrée. Ils s'accompagnent avec la voix et la harpe. Quelquefois, au lever du soleil, les traces de leurs pas sont encore visibles dans la rosée. » Douces et indulgentes divinités, qui se dédommageaient de l'exil et de l'ingratitude des hommes en formant des rondes!

Il va de soi que filles et garçons avaient pourvu au remplacement des proscrites et que l'on n'en sautait ni plus ni moins dans TAllemagiie baptisée. Un poème latin des environs de l'an mil contient une jolie descri|ttion d'une danse dans l'intérieur d'une maison :

« La belle fille part avec un cri joyeux; elle se balance gentiment et soulève sa jupe avec une grâce décente. Le jeune homme s'élance d'un mouvement rapide ; elle l'évite, il la poursuit; elle fuit, mais à regret. Il tournoie connue le faucon autour de la colombe; il cherche à

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