LES IDÉES DE NAPOLÉON SUR LE MARIAGE
nais était élevée, les fit déjeuner enseml)]e et leur laissa un quart d'heure pour s'expliquer. Dans les liuil jours ils étaient mariés, et c'était le beau temps, le temps où Napoléon était moins pressé qu'il ne l'est devenu depuis. M. de Lavalette n'a pas eu, pour sa part, à regretter sa docilité.
En 4802, il n'était plus question de réfléchir toute une nuit ni de faire sa cour un quart d'heure. Sitôt imaginé, sitôt dit ; sitôt dit, sitôt fait. Le général Leclerc, premier mari de Pauline Bonaparte, s'excusait de partir pour Saint- Domingue sur ce qu'il lui faudrait laisser à Paris une jeune sœur orjtheline et sans ressources. Napoléon lui dit de ne pas se mettre en peine ; dès le lendemain, sa sœur sera mariée; avec qui. il n'en sait rien, mais on trouvera quelqu'un. Le hasard voulut qu'un instant après, Davousl vint annoncer son mariage au Premier Consul. « Avec Mlle Leclerc, interrompit Napoléon. — Non, général, avec
Mme — Avec Mlle Leclerc. » Davoust fut
expédié, séance tenante, à la recherche de Mlle Leclerc, l'épousa et la rendit d'abord, par dépit, extrêmement malheureuse.
Berthier fournit un autre exemple de la promptitude de décision que Napoléon portait
dans ces sortes d'alTaires comme dans toutes les autres. Berthier avait éludé l'ordre de mariage signifié aux grands dignitaires, pour rester fidèle à une femme qu'il avait enlevée et dont le mari vivait encore. Napoléon avait consenti, par exception, à fermer les yeux. Un matin, dans un accès de jalousie, Berthier vint imprudemment se plaindre de Mme X... à son maître, ajoutant que, puisqu'il en était ainsi, il consentait à se marier. L'empereur lui répliqua que ce serait fait dans la journée, envoya chercher un duc allemand de passage à Paris et lui annonça que sa fille épousait Berthier. Le duc allemand s'évanouit; Berthier, déjà repentant, se mit à pleurer; l'histoire ne dit pas ce que fit la fille, mais il est certain qu'elle fut mariée. Quant à la dame, avertie par le préfet de police qu'au moindre bruit elle serait embarquée pour Cayenne, elle se tint sagement coite. Son mari mourut trois mois après, ce qui redoubla le chagrin de Berthier.
Tous les ménages par le système rapide ne tournaient pas mal, loin de là. Leur gros défaut était d'avoir les débuts pénibles, particulièrement quand un des époux avait été violenté. Plus souvent «ju'on ne le croirait, après une période d'orages ou de, tiraillements, selon