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LES IDÉES DE NAPOLÉON SUR LE MAIUACE

les caractères, la victime prenait son parti et l'entente s'établissait. Ce fut le cas de Davoust, de Berthier et aussi de cette jolie Stéphanie de Beauliarnais dont Mme de Rémusat parle en ses McmoireSj qui, après avoir donné au prince de Bade, son mari, les preuves de l'aversion la plus décidée, devint une épouse modèle.

On pourrait certes en citer d'autres qui ne se résignèrent jamais : Mlle Taschor, par exemple, qui marcha à l'autel en suffoquant de sanglots et que Napoléon lui-même ne put contraindre à vivre avec son mari, le prince d'Aremberg, L'empereur alla jusqu'à la menacer de la faire reconduire au domicile conjugal par les gendarmes. « Faites, sire! — Tète de créole! » cria Napoléon en colère. Réflexion faite, il n'envoya pas les gendarmes. Mme d'Aremberg divorça à la Restauration et se remaria.

Mais on accordera que la famille impériale n'était pas une famille comme les autres. Entre les têtes créoles et les têtes corses, maintenir l'ordre était une tâche surhumaine. La famille impériale mise à part, la }iroporlion des révoltés sans retour fut réellement faible, comparée au chiffre énorme des unions dont Napoléon avait la responsabilité. L'hoiiiionr n'en revient

pas au coup d'œil de Napoléon, quelque merveilleux qu'il fût, car Napoléon ne prenait pas la peine d'exercer son coup d'œil pour si peu : les goûts mutuels des futurs étaient son moindre souci. Le succès relatif de Napoléon marieur des peuples venait de ce qu'on savait qu'avec lui il n'y avait pas à revenir sur le passé. L'empereur n'admettait ni que les autres divorçassent, ni qu'on épousât une femme divorcée ou même ses enfants. Lorsque le fidèle Gaulaincourt se hasarda, regnanle Marie- Louise , à solliciter l'autorisation d'épouser une charmante femme à laquelle il était attaché depuis longtemps et qui était divorcée, l'empereur répondit sèchement qu'il ne soullrirait jamais pareil scandale. On (il vainement intervenir Joséphine, à qui les arguments ne devaient pas manquer.

Quelques personnes, voyant là une nouvelle preuve de son égo'isme, le blâmeront. Je jjHe ces personnes de suspendre leur jugement et de vouloir bien considérer que l'indissolubilité du mariage était le correctif du système rapide. Avec les habitudes de célérité que l'empereur avait imprimées à son entourage, où serait-on allé s'il avait encouragé le divorce? C'eût été un chassé-croisé sans nom, et adieu le but que

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