‹ Essais et fantaisiesChapitre 33 sur 34 · Auteur de Yllistoirc des Musulmans · texte numérisé non relu

Auteur de Yllistoirc des Musulmans

L'sl si rapidr i}iio la iiuii'chc de la colonne n'en est pas troublée ni retardée. »

Le grenier est tenu avec ordre. Si la moisson n'a pu se faire que par riiumidilé, au premier temps sec on sort le i^rain et on le met sécher au grand air. La fourmi possède d'ailleurs un procédé pour l'empèclicr de germer. La preuve en a été fournie à mainte reprise. Empêchez la fourmi d'entrer dans son inag-asin, le grain pourrira et sera perdu. Laissez-la faire, il n'y aura jamais d'accident. Aldrovandus et Charles Lespès ont reconnu que le procédé consistait à couper la radicule. On peut ajouter qu'elle opère à bon escient, en choisissant son moment. LWtta structor attend que la germination ait commencé. Elle a pour le grain germé le goût des Chinois pour les œufs couvés.

Les fourmis d'Amérique sont particulièrement avancées en agriculture. On les a beaucoup observées depuis quelque vingt ans, et les détails qu'on va lire sont empruntés à des ouvrages récents de naturalistes américains.

Une fourmi originaire du Texas, la Pogonomynnex barbal.us, cultive la plante nommée vulgairement « riz de fourmi ». Elle choisit des champs situés près de son logis et les défriche, c'est-à-dire qutdle arrache et enq)orle lei plantes

qui s'y Irouveut : grosse besogne dans un sol aussi riche cl sous un soleil aussi chaud. Clia(|uc champ a de dix à douze })ieds de diamiilre et une forme arrondie. La fourmi l'entoure dun petit mur de terre, fait ses semailles et sarcle avec soin en attendant la moisson. Elle nettoie aussi une bande de terrain en dehors du mur, de peur que les mauvaises herbes n'envoient leurs graines dans son domaine. La récolle a lieu en novembre, el Ton lâche de la rentrer par un temps sec. Si la saison est humide, la fourmi profite du premier beau jour, comme il a élé dit plus haut, pour porter son riz au soleil, le sécher et ôtcr les grains avariés.

Une de ses sœurs du Nicaragua est une maraîchère distinguée. Elle cultive le champignon avec succès, l'nc escouade d'ouvrières moule sur un certain arbre dont elle découpe les feuilles en petits ronds. Une autre escouade, {>lacée sous l'arbre, ramasse les ronds et les porte à l'endroit choisi, près de la fourmilière. Là, ils sont disposés en piles de manière à former ce (pi'on appelle, en slyle de jardinage, une ccniche. Le terrain ainsi piéjiaré est extrêmement favorable à une variété de champignons dont la Nicaraguaise est friande.

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besogne — voilà un fait dont l"inii>(»rlanco n'aura pas écliappé au lecteur. Le principe de la division du travail, que tant de peuples humains ignorent encore, est familier aux fourmis. Un naturaliste allemand raconte qu'un haljitant d'Inspri'ick donnait chaque matin du sucre en poudre, sur le rebord de sa fenêtre, aux fourmis lie son jardin. Un jour, il eut la fantaisie de mettre le sucre dans un vase, suspeiulu par une ficelle à la barre d'aj)pui (h- hi fenêtre. Il \)r\[ eusuite (juelqucs fourmis et les plaça dans le vase, alin qu'elles pussent montrer le chemin à leurs compagnes. Elïectivement, il s'établit bientôt un courant de fourmis, du jardin au sucre, en passant par la barre d'appui et la ficelle. C'était un long détour. Le troisième jour, la nouvelle mute était abandonnée. Quehpu^s fourmis, inslallé'es dans le vase, jetaient le sucre par-dessus bord; leurs camarades, postées en dessous, le ramassaient, et le détour par la ficelle était su|qu'imé. Un autre naturaliste a suivi le déménagement d'une tribu à" yEcodoma. La bande avait des bagages et il fallait descendre une côte raide. Les porteuses s'arrêtèrent en haut de la pente, posèrent leurs paquets et les firent rouler en bas, où d'autres porteuses les prirent, les premières retournant au nid se charger.

Des manœuvres aussi comi^iquécs n'exigent j»as seulement du raisonnement. Pour s'entendre, il faut se parler. Aussi les fourmis parlent-elles. Gomment? on ne le sait pas encore. Sir John Lubbocka installé un microphone près d'un nid. Il a très bien entendu les pas des fourmis, mais rien d'autre. A la vérité, ce n'est jias une preuve; il se peut fort bien que les fourmis produisent des sons hors de notre perception. Diverses expériences tendraient cependant à démontrer qu'elles ne communiquent pas, comme l'homme, au moyen de sons. Des fourmis emprisonnées auprès d'un tas de miel, à une très courte distance du nid, mais hors de la vue, ne peuvent pas appeler] la chose est indubitable, puisque leurs camarades n'accourent point et ne les découvrent (pie [)ar hasard. Lâchez-en une seule, elle ira immédiatement j)révenir de la présence du miel, et ouvrières d'arriver en foule : elle a parlé,

La môme expérience, faite avec des œufs, donne les mêmes résultats. Lorsque la première fourmi à qui l'on montre une soucoupo remplie d'œufs emporte sur-le-champ un œuf, on peut supposer que ses sœurs comprennent en la voyant, sans qu'il soit besoin de paroles, (h; quoi il s'agit. Miiis si l.i fourmi s'en va les mains

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